Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil Etudiant

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Diplôme | Un monument du doute (06/2010)

Mon projet est porté par le doute. Un doute qui serait de nature à dépasser les mécanismes de l'invincibilité moderne, les dissociations nature-société, humains-non humains, terre-ciel, et le chaos jouissif et sans futur postmoderne.

ENSA Paris-Malaquais | Cultes

Je fais l’hypotèse, dans ce travail, que la seule posture possible face aux questions que pose l’émergence de la considération pour l’écologie, et l’éffondrement des valeurs modernes, est celle du doute. Doute de l’invincibilité des modernes, doute de la dissociation nature-société, humains-non humains, terre ciel, doute du chaos jouissifs et sans futur des postmodernes, doute du désenchantement du monde. J’erige donc un monument à ce doute.

Il s’agit de concevoir un lieu qui permette à l’individu de se retrouver en résonnance avec son environnement, qu’il soit naturel, humain ou urbain. J’ai choisi de travailler sur un site à la fois proche du centre adminsitratif et institutionnel d’une grande ville et près d’une évocation de la nature.

L’ile me semblait etre un objet intéressant. En effet, l’île renvoie à l’utopie, c’est un lieu particulier, central et isolé, les sentiments y sont amplifiés. Les pointes des îles sont particulierement intéressantes dans la mesure où elles sont soumises de manière plus forte au fleuve, au vent, à l’isolement, et qu’elles constituent non pas un endroit que l’on traverse, mais un lieu où l’on va. J’ai ainsi choisi de travailler sur la pointe est de l’île-Saint-Louis, à Paris, à l’endroit du square Barye. Ce monument du doute cherche à interroger la question du sacré, son sens, sa valeur et son statut dans le contexte du récit écologiste. La lumière y occupe une place centrale. ce site est orienté à l’est. La lumière de l’est a un caractère sacré, les églises s’orientent à l’est, dans les monastères, les salles situées à l’est sont les plus importantes pour la vie spirituelle. 

BOO-LM-08-12-INT.jpgAussi, cette pointe appartient au centre de Paris, tout en le délimitant et en regardant vers l’expansion de la ville. Le pont d’Austerlitz, à plus de sept cent mètres de la pointe, en renforce l’isolement. L’enjeu de ce projet est de travailler sur le sentiment et la perception afin de réaliser un lieu qui met l’homme dans une conscience de son environnement, au sens large du terme. Ou pour être plus précise, un lieu qui permettent l’hybridation de ces environnements humain, urbain, naturel, symbolique, social. Et c’est par ce mécanisme que ce lieu évoque et célèbre le doute. Il se developpe en deux principes, articulés et dépendants, construisant chacuns une recherche sur un sentiment particulier.

L’abstraction, la rigueur, l’assurance et la monumentalité de l’escalier et du parvis se confrontent au caractère imprévisible des éléments naturels. Nous cherchons à mettre en tension les sentiments de sérénité et d’inquiétude. En fonction de la montée des eaux, le parvis se déforme, diminue jusqu’à disparaitre et ne laisser que l’escalier tombant dans l’eau. Ce lieu rassurant est mis en danger et devient brutalement vulnérable. 

photomontage1.jpgL’arrivée au lieu de recueillement se fait en trois séquences, on traverse le parvis haut, lieu de transition, l’escalier, lieu de contemplation et le parvis bas, phase de silence. A l’intérieur de l’escalier se trouve le lieu de recueillement, le lieu du sacré.

L’entrée se fait en trois séquences, la traversée de l’entrée, la traversé de la forêt de poteaux, afin d’arriver devant l’escalier intérieur face au mur ou la lumière du mur de l’est, précisément percé, se reflète. Si j’ai cherché à expliciter cette question du doute à travers le projet d’architecture, c’est aussi par le biais d’une série de dessins que j’ai tenter de saisir le doute qui nous envahit quand la complexité des situations à venir nous rappelle ainsi la vulnérabilité dun passé qui se croyait invincible.

Léa Mosconi

Réagir à ce projet

Réactions

14-11-2012

Le doute: beau sujet, permanence
L'avancé sur l'eau, en pointe: audacieux et nouveau.
pas de hauteur: enfin!
J'aime

26-10-2012

Je ne comprends rien

12-10-2012

Approche passionnante et lucide car point de salut hors du doute raisonnable : une "banalité de base " incontournable. Bravo.

12-10-2012

Présentation pédante

08-10-2012

Le doute devient constructif, le doute devient positif puisqu'il permets de remettre en cause les fondations sclérosées d'une civilisation qui a besoin d'évoluer, de grandir, de s'étirer.Magnifique projet aussi bien au niveau de l'architecture extérieure de la cité qu'au niveau de l'architecture des profondeurs de notre société!!

04-10-2012

Felicitations, les documents sont tres beaux.
C'est presque utopique de croire au doute. Bon courage!

02-10-2012

Quant à moi, j'ai un "doute" sur la pertinence du commentaire du 30/09/2012. "Nul" ne prend qu'un seul "u", euuuuuuhhh....

30-09-2012

Nuuuuul

25-09-2012

C'est assez essentiel, un escalier, une esplanade. Cela me fait penser au land art. Bravo c'est simple et beau.

24-09-2012

Le verbiage sociologisant ne parvient pas à masquer la vacuité totale de ce projet. Et ironiquement, le doute par lequel il s'affirme porté est complètement absent de vos propos. Vide et immodeste...

24-09-2012

Moi j'aime bien la manière dont ce projet ramène les considérations écologiques dans le projet d'architecture.

21-09-2012

très beau projet

21-09-2012

projet magnifique et original. C'est très prometteur, bravo !

21-09-2012

Ce sujet, qui me semble assez complexe pour mériter un développement approfondi, a l'audace de mettre l'architecte et plus largement l'humain face à sa vulnérabilité alors que la construction a traditionnellement tendance à rassurer l'Homme sur ses capacités à se créer un monde solide et maîtrisé.
Projet très intéressant qui pourrait participer à l'élaboration d'une nouvelle ère écologique grâce au doute comme élément indispensable de l'humilité.