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Diplôme | HABITER Carouge La Praille, Investir une zone industrielle en mutation (06/2013)

«Face à l’enjeu de la pénurie de logement, il s’agit, pour la ville de Genève, de questionner les terrains constructibles. La zone industrielle de la Praille située à carouge fait actuellement l’objet du projet PAV (Praille Accacia Vernet) et constitue un potentiel de mutation énorme au long terme. Comment dès aujourd’hui, et dans une échelle de temps plus réduite, répondre au besoin de logements et rendre possible des pratiques nouvelles? Plus que la simple création de logements, l’enjeu de ce projet est de mettre en place un véritable cadre de vie», explique Alex Perret.

ENSA Lyon | Logement collectif

Contexte : La Praille
Il s’agit d’un tissus industriel est extrêmement fragmenté. Il se compose de la juxtaposition d’entités, de tailles, de couleurs, de formes plus ou moins différentes répondant à une logique économique et fonctionnaliste. Si chaque composant de ce tissus se distingue de ses voisins, leurs construction est pour la plupart très proche.
Il est difficile de parler “d’espace publique“ sur le site de la praille. L’idée de rue ou même de place n’existe pas réellement. Comment replacer une pratique de ce sol autre que celle des transports.
Le dock constitue un outils intéressant pour nous dans sa capacité à faire la médiance entre des usages qui pourraient sembler incompatible. Il constitue tant une protection, on peut en effet se déplacer à pied dessus sans risque d’être écrasé par un poids lourd. De la même manière il propose un abris, permettant de décharger les camions en garantissant la protection de la marchandise.

L’enjeu pour nous est de venir mettre en place ce sol commun, permettant de donner à cette ensemble hétérogène une continuité et d’inscrire nos élément de programmes dans cette continuité.

Le danger de notre démarche serait de se limiter à cultiver une esthétique de la zone industrielle. Ainsi notre travail aboutirait à la construction d’une image. Notre responsabilité, plus que construire des logements est de bâtir un cadre de vie. Il ne s’agit pas de penser notre intervention comme la simple mise en place de contenants. Qu’est ce qui dans l’état du site tel qu’il se présente constitue ou pourrait constituer ce cadre de vie? qu’est ce qui au contraire représente un obstacle à cet l’installation sur le site?

2-LIEU.jpgIntrospection et Valorisation
Remplacer les activités existantes par du logement serait d’un point de vue purement économique relativement compliqué. Cette opération impliquerai le rachat de baux qui rapportent aujourd’hui de l’argent à la ville. Le remplacement  de l’activité par du logement ne garantirait pas l’équilibre économique de l’opération. Ce constat nous encourage donc à chercher une autre solution qui s’affranchirait de ces contraintes de temps en s’interrogeant sur les délaissés, sur les vides résiduels.

Comment inscrire le projet dans un site industriel en fonctionnement et pouvoir proposer une requalification de l’environnement urbain à moyen terme?
Très tôt dans le projet nous avons choisi de nous intéresser aux vides, aux entre-deux, au parkings, soit plus généralement au sol disponible. Dés les premiers essais d’implantation, l’existant à été considéré comme une ressource.

3-axo1.jpgContact et Réaction
Morphologie.
La première étape du processus morphologique consiste à construire ce sol praticable. Ce sol se déroule le long de la rue Blavignac, intégrant en son sous-sol les parking qui se raccordent aux parking déjà existants sous la Migros et la petite tour de bureau.
L’objectif  du projet est au travers de son implantation claire de valoriser les éléments du site en les intégrant dans la construction de l’espace publique.
Typologie, Relation.
Les typologies et leurs modes de distribution sont directement liés à leurs situations.
On distinguera tout d’abord deux types, associés à l’élément linéaire.
Le premier, (TypeA) disposant d’une double orientation. Le rez de chaussée est tourné vers l’interieur de la bande.
Le second, (TypeB) lorsque la bande s’adosse à un  bâtiment, le rez de chaussée ainsi que les distributions verticales viennent faire le tampon entre les logements et ce dernier, ce type la imposera de rester relativement bas.
Ensuite les tours reprennent le principe du TypeB, utilisant la coursive extérieure filtre entre l’Avenue Vibert et l’intérieur du logement.
Enfin, le bâtiment a cours (TypeD). Plus bas, il fait le lien entre la bande et le quartier promenade
Homogénéité et Singularité.
Construction et Façade
La Façade est construite de manière industrielle. Elle fait appel à la préfabrication de deux éléments en bétons, poteau et architrave. Ces éléments sont la structure, l’exosquelette du projet. Ils sont répétés sur la totalité de celui ci. Cette structure joue un rôle d’abri.
Les logements sont ensuite construits à l’intérieur de ce squelette suivant une logique qui leur est propre. Ils sont réalisés en béton coulé en place.
La façade est construite suivant des dimensions, des modes d’assemblage qui répondent au site alors que les logements sont construit suivant une logique interne. Comment, dès lors, articuler ces deux modes de construction?
Jointure
La jointure entre la façade et les logements se fait au niveau de chaque pièces. Ce raccord se fait pratiquement à l’échelle d’un meuble, d’une menuiserie. Chaque pièces dispose de son raccord à la structure externe, intégrant les ouvertures et l’isolation. ce raccord est toujours associé à un usage spécifique avec la pièce avec laquelle il est en contact : il intègre par exemple un loggia lorsqu’il se trouve au contact d’un salon ,  le plan de travail dans la cuisine, des rangement dans les chambres ou encore la douche dans les salles de bain.
Conclusion
Il me parait nécessaire de m’interroger sur ce que l’on peut appeler l’écriture. Le poète portugais Fernando Pessoa nous dit sur ce sujet: «Ce que j’écris n’est pas à moi».
Comment comprendre cette phrase? Pour ma part il s’agit de considérer que ce que nous construisons ne nous appartient pas. Notre rôle n’est pas de dicter une manière de vivre ou d’imposer une image. L’architecture  doit être comme une présence discrète.
Cette présence discrète a été envisagée comme une forme de respect vis à vis du milieu dans lequel nous avons été amenés à intervenir. J’insiste sur le terme de milieu car il dépasse la question du contenant et intègre la question de l’habiter. L’enjeu est de comprendre le lieu et au travers un regard personnel, forcément subjectif, en donner une sorte de lecture, de traduction.

alex perret

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Réactions

05-10-2013

Ce projet montre un grand intérêt dans le traitement superficiel du thème central effleuré. C'est vraiment regrettable, cet étudiant à comme qui dirait "la grosse tête".

25-09-2013

La réflexion semble s'étendre au delà du projet vers le questionnement même du métier d'architecte. Posture critique appréciable. Belle iconographie.

02-09-2013

insertion urbaine, rapport à l'existant et respect envers l'existant. dépassement de la question esthétique

02-09-2013

supa green

02-09-2013

sensibilité urbaine, cohérence et intelligence de l'habiter, construction durable, beau travail!

02-09-2013

Un projet audacieux et brillant répondant à une problématique essentielle du métier d'architecte. Merci pour cette démonstration intelligente et sensible. Double bonus pour le graphisme.

02-09-2013

Je trouve ces images extrêment pertinentes au vu du contexte et salue le refus de l'esthétisation.

15-07-2013

Ambitieux!