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Depuis le parvis de la gare

Diplôme | Labo63, Laboratoire Ambertois du Bois d'Oeuvre (06/2013)

Ambert, Hiver 2013, 8000 habitants. Le parc urbain est vétuste, la population jeune a déserté et les moyens sont limités pour lutter contre la précarité croissante des conditions de vie. Le projet Labo63 questionne une façon de mutualiser les ressources et les savoir faire locaux afin de dynamiser l'économie de la commune. Un diplôme signé Floriane Deléglise et Emilie Ettori.

ENSA Lyon | Architecture industrielle

Contexte

Ambert est une sous préfecture du Puy de Dome située en plein cœur du Parc Naturel du Livradois et Forez. À l'image de nombreuses villes rurales de moyenne envergure, Ambert doit faire face à des problématiques contemporaines : la désertion des jeunes au profit de villes plus attractives induit un vieillissement de la population locale, à peine contrebalancée par une arrivée, depuis les années 2000, de ménages s'installant en périphérie de la ville. Le constat est sans appel : Ambert voit, depuis les années 60, sa population vieillir, avec les conséquences économiques et sociales que l'on peut imaginer.

Les conditions de vie dans certains logements sont précaires: l'esseulement des personnes âgées, leurs peu de moyens financiers pour rénover leur habitation et le prix du chauffage combiné à la rudesse du climat hivernal auvergnat les oblige à diminuer les surfaces à chauffer au minimum vivable. Cette situation insupportable confine une partie de la population, souvent la plus pauvre, dans une situation de précarité énergétique et sociale criante.

Notre projet Labo63 se propose d'imaginer un plan capable d'exploiter au maximum les potentiels de la ville, de valoriser les matériaux et les savoir faire régionaux pour concevoir un système économique crédible permettant de rénover le parc urbain. Pour cela, nous nous sommes servi de trois atouts intrinsèques au site et à son histoire : il s'agit d'une part de la disponibilité immédiate et abondante d'un matériau naturel, le bois, Ambert se situant au cœur de l'un des plus grands gisements forestiers de France, d'autre part et concomitamment, de la présence d'un réseau d'artisans spécialisé dans la construction bois, héritier d'une culture constructive traditionnelle et ancestrale. Enfin, une voie ferrée traversant le Parc du Livradois et Forez peut être exploitée pour affréter le bois depuis les scieries en amont jusqu'en ville, réduisant considérablement les dépenses énergétiques dues à l'acheminement. «  Labo63 » se propose d'exploiter ces trois « leviers » pour donner à la ville un dynamisme et une compétitivité économiques à son échelle.

« Construire ensemble »

Comment créer une communauté capable d'accéder au marché de la construction afin d'améliorer les conditions de vie des habitants? Comment se servir des atouts locaux pour produire, en circuits courts, des projets dynamisant l'économie régionale? Le projet “Labo63”, acronyme de “Laboratoire Ambertois du Bois d’Oeuvre”, propose à la commune de l'équiper d'un bâtiment au programme inédit: un pôle de formation et d’innovation sur la construction bois.

ATELIERS-final.jpgLes ateliers d'assemblage

Nous imaginons un « bâtiment-outil » (terme emprunté à Lipsky+Rollet Architectes, Paris) au service des artisans, dont la souplesse du programme doit nécessairement anticiper des usages variés et imprévisibles. Ainsi, nous avons imaginé une halle construite pour et par les artisans locaux qui, unis en une coopérative artisanale, sont à même d'accéder au marché de la construction de manière compétitive. Ici, les artisans exercent leur activité en mutualisant les réseaux, les moyens et les savoir-faire ; ils forment aussi les jeunes du CFA pour "prendre leur relève" et leur faire bénéficier de conditions d'apprentissage hors normes.

Architecture

Le principe de l'édifice est le suivant : une halle constituée d'une série de portiques en bois abrite des modules produits sur place. Tout produit nécessaire au fonctionnement interne de l'édifice (locaux des bureaux, escaliers, éléments de mobiliers, blocs-portes, menuiseries...) est réalisé in situ. Notre bâtiment génère donc des volumes auto-fabriqués, produits au fur et à mesure de l'évolution des besoins et à des coûts (environnementaux et financiers) très faibles. Les portiques composant la halle doivent la forme de leur profil à leur comportement isostatique: les trois rotules qui composent les articulations limitent les encastrements : la structure est plus souple, capable de s’adapter aux variations du terrain et aux approximations du montage. Tous les matériaux utilisés pour la construction de l'édifice sont exclusivement produits dans la région, et sont acheminés par le frêt.

 ext.jpgVoie ferrée

Cette halle est donc un volume où seront réalisés des ouvrages de toutes sortes, permettant de rénover progressivement le parc urbain de la ville. C'est aussi un lieu culturel accessible à tous, intéressant à visiter pour les habitants locaux et les touristes, car donnant à voir l'activité des artisans de manière ludique et pédagogique. Il offre une série de services conviviaux et fédérateurs, comme un café, un fond documentaire, des espaces d'exposition, des plateformes d'observation, visant à faire prendre conscience au grand public de la richesse de son propre terroir.

Parier sur les talents locaux

L’artisanat souffre aujourd’hui d’une image poussiéreuse: il est souvent synonyme de “traditionnel”, de “coutumes”, de “patrimoine”, de “terroir”... À notre problématique “ Comment dynamiser l’économie d’une commune rurale?”, notre réponse est de parier sur la capacité de réinvention et d’adaptation de la filière artisanale pour créer avec justesse des projets contemporains et innovants. Nous parions sur les artisans locaux pour faire le lien entre culture et futur, pour que leur pratique, si elle est riche de traditions locales, alimente une production contemporaine et imprégnée des prérogatives actuelles: performances énergétiques, utilisation raisonnée des ressources locales, promotion des circuits courts, invention de nouveaux produits grâce aux technologies de pointe, formation des jeunes... Via notre projet, nous voulons amorcer la constitution d’une communauté capable d’inventer ses propres codes, adaptés à un système de production architectural rural et durable, compétitif à son échelle.

Emilie Ettori
Floriane Deléglise

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Réactions

27-08-2013

Un projet plus que cohérent.

27-08-2013

projet plat, sans image forte. la typologie est non travailler, le programme n'en est pas un, un vrai bon projet d’école comme on aimerais ne plus en voir...
sous ses apparences simple ce projet est en réalité sans fondement. la simplicité est la finalité de la complexité, et la je ne perçois aucune complexité

27-08-2013

super

26-08-2013

la qualité à mener le projet de son idée conceptuelle à son dessin technique

26-08-2013

Que bueno!