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Diplôme | Habiter Genève la Jonction, d'une densité lyrique en architecture (07/2013)

«Au cœur de la zone industrielle de la Jonction, ce projet de logements cherche à convoquer une nouvelle relation domestique à l’immeuble d’habitation collectif. Celle de l’expression d’une densité lyrique, du rapport éminemment simple à un mur, une cour, une fenêtre ; quand la poétique du lieu se mêle à celle de l’usage et de la construction», explique Yan Roche.

ENSA Lyon | Logement collectif

Insertion - Composition

“L’horreur du démesuré, la sauvagerie d’une telle force irruption de la nature conduit à ce rétrécissement autour d’objets mesurables.”

Anne Coquelin in L’invention du paysage, 2000 collection Quadrige, page 139.

Installé au coeur de la zone industrielle du quartier de la Jonction à Genève, ce projet de logement cherche à convoquer une nouvelle relation domestique à l’immeuble d’habitation collectif. Dans un site particulièrement violent ou l’urbanité a totalement disparue sous les modifications urbaines de l’activité industrielle ou le patrimoine sauvage des berges du Rhônes, comment tout de même être capable d’offrir ce rétrécissement dont témoigne Anne Coquelin.

L’insertion urbaine se veut ultra minimale afin de  “cour-crcuiter” les politiques urbaines Genevoises qui peine, notamment dans les site industrielles, à se mettre en place à court et moyen terme. En limitant l’emprise au sol et donc la délocalisation d’activité en fonctionnement, le projet minimise son impact dans le paysage économique et politique ou l’architecte peine à faire entendre sa voix. Trois bâtiments de logement s’inscrivent dans la morphologie classique en peigne du site,  comme une obéissance à la dernière règle urbaine encore de rigueur. Bâtiments sur cours dont l’accès se fait par l'intérieur au travers d’étroit passage, jamais les bâtiment ne s’offre sur l’extérieur. 

Par consequent, plutôt que de questioner l’insertion urbaine dans un site qui ne possède plus d’urbanité, la réflexion est tourné vers celle de l’articulation d’espace interne aux batiments dans l’articulation de seuil et sous-espace ou l’on comprend la morphologie dans l’agrégation de ses parties.

C’est en questionnant les usages au rez de chaussée et en s’extrayant d’une morphogénèse aliénante que le projet peut  s’épanouir et diversifier les dispositifs spatiaux interne. Dès lors, chacun des édifices propose à voir une première cour centrale connecté aux accès précédemment mis en place. Plusieurs nouvelle cours partagé aux dimension réduite (8x8) viennent s’y agréger pour composer les premiers espaces de seuils. Ces différentes  cours sont prolongé par les espaces de distribution traversant et aux volumes généreux. Ce sont aussi ces espaces de distributions qui influe sur l’homogénéité de l’enveloppe externe.

Typologie - Relation

La question typologique s’inscrit donc dans un nouveau rapport domestique que la morphogenèse à permis de mettre en place, celui d’une certaine domestication.

Cependant, si les édifices de logements magnifie l’immeuble à cours patrimoine historique de la ville de Genève, le projet se refuse à une disposition typologique classique associé à ces édifices, celle de la dissociation des espaces de “représentation” sur l’extérieur et des espaces de “second ordre” tourné vers l’intérieur. 

Dans un premier temps, le projet d’habitation articule les différentes typologies autour d’une distribution verticale traversante et généreuse comme la prolongation de l’espace des cours. Dans un deuxième temps, conformément à la remise en cause de la typologie classique des immeubles à cour, le projet préfère articuler les typologies de logement autour d’un espace central traversant sur cour et extérieur, comme la présence d’un dernier seuil au sein du logement et célébration de cet espace intériorisé du bâtiment. Autour de cet espace généreux s’articule les espaces privatifs des chambres qu’ils soit orientés vers l’extérieur ou l’intérieur de manière indifférencié.

Enfin, dernier enjeux de cette relation typologique, celle de la position des ouvertures. Ce choix typologique va rendre les rapport mitoyen de plus en plus prégnant au sein de chacun des îlots. Par conséquent, et grâce à une très grande diversité d’orientation consécutive aux choix morphologiques, la position des fenêtres varie suivant un ensemble de règles permettant à chaque logement - et aux espaces qu’ils contiennent - de préserver une part d’intimité notamment dans le rapport de mitoyenneté.

Figure de Façades - Matière brute - Tradition/Innovation

“On peut concevoir l’architecture comme une collection d’éléments, que ces éléments peuvent être constamment utilisés et réutilisés de manière différentes, et que cette collections formera un jour ou l’autre la base d’une nouvelle convention”

Propos de Roger Diner raporté par Martin Steinman in Le Regard Producteur,  Faces numéro 41, 1997, page 09.

Cette lecture du site de Jonction nous amène à nous questionner sur l’expression (ou non-expression) d’une opération de logement dans un contexte et son identité. Car si le site de Jonction propose cette lecture homogène comment faire tout de même preuve de singularité au regard des enjeux introspectif et agrégatif des partie précédente?

La question de l’écriture des façades à très longtemps posé problèmes notamment dans cette relation à la non expressivité de la ville de Genève. Si les fenêtres dorénavant identiques ne peuvent plus être en mesure d’exprimer une singularité des différents éléments du projets, la façade doit dès lors prendre le relais de cette dialectique.

Briques-E1-5.jpgMaquette 1:5L’utilisation de la brique offre dans une grande mesure les mêmes qualité que le développé de façade présente au regard du projet : celle d’accepter avec le même système constructif la définition de deux environnements. Il en est de même au sujet des ouvrants ou de la lecture de la ville constitué Genevoise, c’est à dire la manière dont l’utilisation d’objet pourtant homogène peuvent s’affirmer comme singulier.

Dans cette logique, l’utilisation d’un appareillage flamand de brique de terres cuite, ainsi que la position de la boutisse dans l’appareillage permet à la fois d’exprimer l’aspect stéréotomique d’une façade externe et le tissage d’une façade intérieur. En modifiant seulement l’épaisseur de l’isolant contre lequel les boutisses viennent butés, la même brique est utilisé tout le long du développé de façade ne laissant même pas de doute au maçon quant à la position de la brique. 

Yan Roche

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Réactions

07-10-2013

Je trouve le choix du terrain intéressant, le travail sur la "dent creuse", les "délaissés". tu traites la question de la densité à bras le corps, de manière radicale, et tu sembles ne pas la travailler de manière quantitative. Cette densité génère des rapport qui peuvent faire référence à un modèle de ville historique, comme le vieux Lyon que tu dois connaitre je présume,ou encore les places vénitienne. Tes images sont qui plus est d'une qualité remarquable.