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Diplôme | Le logement individuel dense en milieu urbain (09/2013)

«Quelle place pour le logement individuel dense en milieu urbain ? Cette question sera le point de départ d’une réflexion sur la place de l’individualité en ville. Une approche théorique est par conséquent nécessaire, l’objectif étant de proposer une alternative typologique pour les familles ayant tendance à fuir les centres pour le périurbain», assure Gauthier Wasner, auteur du projet.

ENSA Strasbourg | Logement individuel

« Le travail de l'architecte, c'est formuler les problèmes avec clarté. » 

                                                                                                                      Le Corbusier

Proposer de réinvestir la ville avec des logements individuels haute densité suggère de regarder ce qui s’est fait depuis le XIXe siècle, notamment à Copenhague (Kartoffelraekkerne) en passant par les travaux d’Ernst May sur l’évolution du plan d’aménagement, le Weißenhofsiedlung de Walter Gropius et Mark Stam à Stuttgart, Sporenburg island à Amsterdam , pour finir sur des expérimentations plus récentes dans le canton de Bâle, à Arlesheim en 2000. Le logement en bande, depuis le XIXème siècle, propose des prototypes et des typologies qui seront « théorisés » dans les années 20. Le plan, mais aussi le mode constructif et la desserte, sont régulièrement questionnés avec l’objectif d’arriver à la simplicité et à la mise en œuvre la plus efficace. Les accès et leur hiérarchisation, la place du jardin ou de l’espace extérieur privatif, et aussi l’espace extérieur communautaire et public sont au cœur des interrogations du logement individuel dense. Le cœur de l’îlot disparaît pour laisser place à des jardins privés d’un côté du logement et une desserte de l’autre côté. Que construit-on alors comme espace de rencontre avec ce type de rue ou de passage ?

Sur le plan social, il s’agit de créer un espace d’interaction via la rue piétonne, ce lieu de transition entre le public et le privé. Cette rue doit être questionnée : peut-elle accueillir d’autres fonctions ? Existe-il une possibilité de concilier les atouts du pavillonnaire de périphérie et les impératifs de densification avec un rapprochement du centre-ville de certaines populations. Un accès privé, un jardin, des espaces généreux, la possibilité de garer une ou plusieurs voitures sont les atouts du logement périurbain à faible densité. Un habitat alternatif qui se rapproche des centralités et permet de conserver une intimité et un rapport individuel au jardin pourrait conquérir des familles dont le travail ou les établissements scolaires des enfants se situent en ville. Répondre à cette question de la densité c’est prendre en compte un impératif écologique avec une ville plus compacte. Le logement en bande est une des solutions à cet impératif de densité dans des pays comme la Hollande.

Les objectifs du programme sont les suivants : proposer une diversité dans les logements pour que des familles nombreuses ou des couples de personnes âgées puissent y habiter. L’approche théorique suggère de créer un modèle qui fonctionnerait indépendamment de tout site. On ne questionne pas le site mais la typologie. La pertinence de la réponse est d’autant plus forte qu’elle est valide en dehors d’un terrain qui imposerait ses contraintes. On n’obtient pas une solution particulière mais générale qui fera l’objet d’adaptation au moment du travail sur le terrain. Ce travail expérimental se construit finalement sans ville mais cherche à s’intégrer complètement à elle. On peut ainsi dissocier les problématiques pour mieux, au final, les assembler : les circulations, la rationalité, la construction, la volumétrie, les espaces privés extérieurs ainsi que le rapport au public sont toutes les composantes de ce projet de logements.

La question est donc de savoir comment le logement individuel peut s’intégrer dans un tissu urbain dense, tout en préservant la notion d’individualité en ville ?

La résolution de cette problématique commence par une abstraction du site ; on travaille à partir d’un carré de un hectare au 1/1000e pour le plan urbain et au 1/100e pour le logement. L’expérimentation commence par la typologie du logement en bande pour évoluer vers une nouvelle forme de logements individuels superposés. La volonté de proposer des espaces extérieurs généreux génère cette typologie qui va se construire sur une trame de 5 mètres. Le plan de chaque logement utilisera selon les niveaux, une trame simple ou double. Pour structurer l’aménagement, un noyau dans lequel vient se placer la salle de bain ainsi que toutes les gaines, organise l’espace sur chaque niveau. La cuisine vient se greffer sur ce noyau, le plan est très libre et permet une grande flexibilité : on a pour chaque « barre » des simplex, des duplex et des duplex en L. Chaque logement possède soit un accès direct au jardin, soit une grande terrasse en toiture.

Vue-du-RDC.jpg

La façade est libre, la structure de poteaux en béton étant en retrait, les logements sont orientés est/ouest pour que chaque pièce puisse avoir à un moment de la journée, la lumière du soleil de manière directe. Ce qui distingue la façade sur rue de la façade sur jardin tient aux panneaux préfabriqués qui viennent construire la verticalité de la façade sur rue. Une tôle blanche vient relever la matérialité de la façade.

FaA-ade-sur-rue.jpg

La rue, quant à elle, est entièrement piétonne ; un accès pour les véhicules de secours et de déménagement est prévu. Les véhicules privés sont garés dans un parking silo qui fonctionne comme un pôle avec des locaux commerciaux et associatifs.

Une fois la typologie de logements développée et le dimensionnement des axes effectué, il faut confronter ce projet à un site. Le terrain choisi est à Strasbourg ; il s’agit de l’îlot Danube (ce site accueillera un écoquartier haute densité avec une typologie très différente de celle proposée dans ce projet). Les contraintes sont multiples : une route nationale bruyante au sud du terrain, une distance à respecter avec les berges, en cas d’inondations, un bâtiment à devoir maintenir en place, il s’agit d’une maison de retraite. La viabilité de la solution proposée se mesure aussi à la capacité à substituer une partie du plan théorique pour y intégrer un bâti déjà existant.

La densité est de 60 logements à l’hectare, elle est caractéristique de ce qu’on appelle la densité intermédiaire. Les logements étant grands, ils répondent aux exigences de familles qui cherchent traditionnellement des maisons avec jardin, dans les zones périphériques. L’objectif est donc bien de reconquérir la ville pour une population qui s’en éloigne de plus en plus,   en proposant une typologie nouvelle qui répond à cet impératif de densité.

Gauthier Wasner

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18-11-2013

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