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Diplôme | Hydropolis (07/2013)

L’Egypte et le «stress hydrique». L’eau est pourtant, ici, en Mer Méditerranée, là, en Mer Rouge, omniprésente. Que faire ? Ce projet signé Adam Fernandez présente outre une proposition architecturale un dispositif hydraulique, «une alternative à l’utilisation de l’eau douce». Explications.

ENSA Versailles | Autres

L’eau, élément de vie par excellence et en abondance depuis la nuit des temps, est devenue un luxe destiné à tous sauf aux personnes les plus démunies. Ce sont généralement les grosses puissances économiques et les décisions politiques qui causent aujourd’hui le fait que plus de : 1,1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et que 2,6 milliards de personnes vivent sans un système d’assainissement.

Mon objectif est celui de proposer une réponse à cette problématique qui tout compte fait nous concerne un peu tous. De quelle façon ? En offrant une alternative à l’utilisation de l’eau douce mais aussi un nouveau mode de vie complètement différent basé autour de l’eau de mer à travers des oasis purement artificiels et indépendants profitant à des pays situés dans des zones dites de «stress hydriques».

Pourquoi l’eau salée ? Car c’est l’une des ressources les plus abondantes qui puisse exister sur Terre. Souvent considérée comme inexploitable car trop chère à dessaliniser, elle offre néanmoins d’énormes avantages tant par sa composition mais aussi par sa disponibilité illimitée.

2,5% de l’eau de notre planète est potable mais toutes les ressources que nous puisons à travers nos lacs et rivières, nos eaux souterraines et celles contenues dans l’atmosphère ne représente même pas 1% de la totalité. Par ailleurs, à cela s’ajoute une répartition inégale des ressources en eau potable sur terre. Douze nations (Brésil, Canada, Russie, EEUU…) se répartissent 60% de l’eau ce qui laisse 40% à se partager entre les 184 restantes.

Et puis il y a ce qu’on appelle «la dépendance de l’eau». Toute l’histoire de l’homme ainsi que tout ce que nous produisons a un lien direct avec l’emploi de l’eau. La rareté de l’eau a aussi beaucoup à voir avec l’explosion démographique qui va aussi de pair avec la consommation. Toute l’eau que nous récoltons est destinée à répondre à différents secteurs et par la mauvaise gestion des ressources, les quantités d’eau disponibles quant à elles diminuent. Les premiers responsables sont par ailleurs : la surexploitation des nappes phréatiques mais aussi la construction des retenues d’eau et des barrages qui eux ont pollués plus de 60% des fleuves les plus importants de la planète.

2.jpgLa suite de mes recherches consistait à trouver des moyens, des alternatives qu’on sut développer certains pays dans le besoin. Et il en existe des centaines (pour la plupart traditionnels) mais ne sont pas mis en valeur car leur rentabilité n’intéresse en aucun cas les grandes entreprises…

Mon but est donc de proposer un schéma qui consiste à développer les plus grandes activités nécessaires à l’homme mais autour de l’eau salée : la production d’énergie, le logement, l’agriculture, la renaturation ainsi que l’aquaculture qui elle sera possible grâce à la contribution en eau de mer. Ce schéma pourra quant à lui être reproduit à l’infini dans l’espace mais aussi dans le temps du moment que l’apport en eau de mer est possible.

Comment est-ce que cela est possible? Par la création de canaux qui viendront apporter l’eau des océans directement dans des bassins de rétention. Ces bassins prendront l’image d’une station d’épuration sous forme de four solaire qui viendra récolter l’eau condensée (eau pure) et la répartir de façon à proliférer la vie tout autour.

Ces bassins sont divisés en trois zones : la première étant la zone de rétention où l’eau est stockée puis épurée. Puis une zone de vie où l’eau douce sera exploitée et permettra le développement des activités. Et une zone de transition sous forme de lisière oud’une frontière entre les bassins et la nature où les eaux usées sont récupéréespuis stockées à nouveau dans des bassins filtrants. Ce sera aussi une zone de composte où là il est question de redonner à la nature ce qui lui appartient. On appelle cela des écotones. Formellement, ces bassins fonctionnent à l’image d’une feuille où un système (canalisé) de nervures viendrait répartir l’eau douce dans les alentours.

Voici le modèle type qui propose une mixité de tous les programmes réunis en un. La quantité d’eau récoltée détermine la quantité de vie qui pourra y avoir. Ce bassin de 14m de diamètre propose une récolte de l’ordre de 1500 litres par jour ce qui correspond à peu près à la consommation d’une vingtaine de personnes utilisant 75 litres par jour.

Le procédé est simple : par énergie solaire, l’eau de mer stockée dans ces bassins est chauffée grâce à un effet de serre. L’évaporation produite est récupérée par condensation puis répartie tout autour à travers un système de canalisation. L’eau est automatiquement dessalinisée et totalement pure (reproduction du cycle naturel de l’eau). Cette nouvelle eau potable servira à développer toutes les activités répertoriées (agriculture vivrière, jardin, habitation, renaturation) laissant derrière de la saumure qui quant à elle sera récupérée puis exploitée (sel). Par ailleurs, un système de terrassement viendra faciliter la circulation des eaux sans peine d’utiliser un système de pompage hydraulique.

3.jpgDifférents scénarios sont alors imaginables : si l’on cherchait à développer plus l’habitat que des espaces agricoles (selon la demande locale), il faudra alors prendre en considération que si on favorise plus une activité qu’une autre, les autres ne pourront pas exister vu que l’apport en eau est limitée. Pour cela, il est obligatoire de créer plus de bassins.

L’Egypte qui est situé dans des zones dites de «stress hydrique» (zones arides), souffre de tensions avec ses pays voisins en ce qui concerne l’accès à l’eau potable. Dix pays se partagent l’eau du Nil et même si l’Egypte est le dernier pays à profiter de ces eaux, pour des raisons historiques, il est celui qui en bénéficie le plus. Mais ses besoins ont augmentés tout comme ses voisins. Et puis l’Egypte dispose aussid’un très grand ouvrage, celui du canal de Suez.Long de 193 km sur une largeur moyenne de 300m (sans écluses) le canal  de Suez a été conçu comme étant un accès direct reliant la mer Méditerranée et la mer Rouge.

Outre ses avantages économiques, le canal de Suez a créé littéralement une coupure physique entre les deux continents. D’un côté l’Afrique et de l’autre l’Asie. Sur toute sa longueur, le canal dispose uniquement de trois grandes infrastructures pour passer d’une rive à une autre.

Mon but, entre autre, est de tisser un lien physique et de pouvoir disposer de cet ouvrage comme étant l’artère principale du projet. Placé sur toute la longueur du canal dans des endroits encore non exploités par les villes et les terres agricoles, j’offre trois typologies de bassins. De la plus petite à la plus grande, toutes fonctionnent  de la même façon.

Le grand bassin prendra l’image d’un «connecteur». Disposé sur le canal il offre la possibilité de franchir d’un bout à un autre les 300 mètres qui séparent les deux rives par voie piétonne sans gêner pour autant la circulation des navires. Les moyens bassins eux sont situés sur les abords du canal desservis par des canaux de plus petites tailles. Quant aux petits bassins, eux sont situés proches des moyens bassins dans un rayon de 500 mètres (l’apport en eaux salée est canalisé sous terre).

Dans ma conception architecturale, j’ai gardé un langage qui fait toujours référence à l’eau. En plan, la ville que je conçois fait allusion à un flocon de neige et lorsque vous regardez à l’horizon, c’est plus l’image d’une vague que j’ai voulu créer.

La particularité de ces bassins est qu’ils peuvent fonctionner indépendamment (à l’échelle d’une famille Africaine ou d’une mini urbanisation) ou être tous connectés. Au final, rien n’est perdu, rien n’est gaspillé. Tous ces programmes jumelés fonctionnent entre eux tout en tirant profits de chacun. L’emploi de l’eau salée estsource de vie ainsi que de développement pour la nature et peut amener à créer une nouvelle économie autour du sel (l’exemple du sel de Guérande ou de Bolivie).

La question fondamentale sur laquelle s’est basé mon projet était : pourquoi puiser l’eau douce en amont et sous terre alors qu’elle est tout autour de nous ?

Adam Fernandez

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Réactions

23-01-2014

Projet intéressant, realiste et je le souhaite, réalisable!
Le sujet de l'eau est une question d'avenir; je trouve également pertinent le concept du système de "nervures" comme sur une feuille. Voila un projet contenant de bonnes questions que beaucoup de monde se pose... Oui, il serait temps de revoir la gestion des ressources en imaginant l'architecture la mieu adaptée. Bravo!:)

23-01-2014

Tres tres bon projet

23-01-2014

Pour l'intelligence du projet qui se soucie avant tout des ressources naturelles et de leur utilisation par l'Homme.
Pour avoir su orienter un projet architectural autour de la notion de respect : celui de l'homme et de son environnement, qui permet également de créer de la richesse en préservant la planète.

22-01-2014

Super article!

20-01-2014

Not bad. Good idea

19-01-2014

Yes!!

07-01-2014

L'idée est très originale et le projet audacieux.

07-01-2014

Le commentaire qui précède celui-ci ("Je mets la note de 10 parce que c'est mon PFE :p ") n'est évidemment pas le mien.
Adam

06-01-2014

Problématique de l'eau très actuelle. Diplôme très original et concept innovant.

06-01-2014

Je mets la note de 10 parce que c'est mon PFE :p

06-01-2014

Excellent!

06-01-2014

super

06-01-2014

Mouais.

06-01-2014

Projet très inspirant et l'idée est bien menée à bout,
Belle réalisation !