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Diplôme | Par-delà l’eau et le rail, reconversion d’un secteur industriel (02/2011)

Re-solidariser le nord et le sud de Rennes. Des architectes (Reichen & Robert) s’y penchent, des étudiants aussi. Ce TPFE prône notamment quatre strates pour recomposer le tissu urbain, parmi lesquelles la strate industrielle, «à valeur mémorielle», la strate du «paysage immédiat», celle de l’architecture et, enfin, celle des points de repère.

ENSA Paris Belleville | Urbanisme et aménagement du territoire

Une insularité artificielle Une longue friche industrielle s'étire à la marge de Rennes. La plaine de Baud s'échoue au Nord sur un fleuve mal aimé et malmené, la Vilaine. Le site est en proie à sa crue. Au Sud, le faisceau de voies ferrées reliant la capitale bretonne à Paris depuis 1857 s'est sans cesse élargi et scinde la ville sur des kilomètres. Parallèle au fleuve, il dédouble la division historique très forte entre le Nord et le Sud de Rennes. La Plaine, agricole et bucolique, est découpée, isolée entre ces infrastructures menaçantes et plongée dans une situation d'insularité.Quelques industries, parfois extrêmement polluantes, s'installent entre l'eau et le rail. Des activités logistiques se greffent au chemin de fer. Le 17 juin 1940, un convoi de réfugiés et de soldats en déroute est pris pour cible. Le bombardement est meurtrier. Les industries poursuivent leur développement de part et d'autre des voies ferrées pendant la seconde moitié du XXe siècle, puis périclitent. Leur trace ? Une sévère pollution de l'eau et du sol. 02-DR-.jpg Un lieu de relégation / Une nouvelle centralité Entre-temps, ce lieu de relégation enclavé, bombardé, intoxiqué, oublié puis squatté a été ceinturé par l'expansion de la capitale régionale. Le site se situe désormais au cœur d'une aire urbaine de plus de 500 000 habitants. Il est appelé à participer à son développement. Le projet d'urbanisation retenu, signé Reichen & Robert, propose du substituer à cette île aux mœurs alternatives une insularité néo-haussmannienne. Une nécessaire densification doit se déployer sur une table rase nappée d'épais remblais gris-ocres. Le site gagnera quelques milliers de nouveaux logements mais la ville ne pansera assurément pas ses plaies. Surpasser pour resolidariser Ce Projet de Fin d'Etudes porte d'abord la critique du périmètre retenu. La resolidarisation du Nord et du Sud de la ville à l'Est du centre exige l'intégration de plusieurs points d'accroche significatifs de l'autre côté des voies ferrées, de la Vilaine et de l'avenue qui la longe afin d'imaginer des franchissements. Il faut programmer des pôles d'attraction afin de relier des rives qui s'ignorent. Des gares desservies par un réseau de trams-train restauré et des TER pourraient répondre à la saturation du centre-ville par la création de centralités alternatives. Le fractionnement de l'urbanisation dans le périmètre élargi manifeste cette volonté de retourner des secteurs qui s'ignorent : cinq quartiers sont envisagés en écho à leurs voisins grâce au prolongement de tracés, par des affinités programmatiques, des équipements ou des espaces publics partagés. 03-DR-.jpg Des réseaux / des parcs Quelques parcs, promenades plantées et jardins familiaux bordent le périmètre retenu. Des parcs en franchissement (Nord / Sud) ou en rive du fleuve ou des voies ferrées (Est/ Ouest) sont imaginés pour les intégrer à un réseau de liaisons vertes, véritables révélatrices du grand paysage urbain. Ces étendues perméables s'entrelacent avec un réseau hydrographique complexifié. Les rives offrent des plages inondables en cas de crue centennale. Une ligne de bassins de phytoremédiation est précédée d'un maillage de zones de rétention ou d'expansion et d'étangs. De même que les nouveaux bosquets rive Sud, ces derniers sont implantés dans la ruine inversée du bâti industriel. Ces lieux, autrefois générateurs de toxicité, de répulsion et d'ennui, ont l'ambition de devenir sources de biodiversité, d'attrait, d'étonnement. Quatre altitudes pour quatre attitudes La trace industrielle, inscrite en négatif dans une topographie portée au-delà de la ligne de crue centennale, est la première des quatre strates d'urbanité imaginées pour ce projet. Elle a une valeur mémorielle. Dans la seconde, le piéton se confronte à un paysage immédiat, à son échelle. Il y trouve commerces et équipements, y habite dans des logements individuels ou intermédiaires. Ceux-ci structurent les parcours en cœurs de quartier, débarrassés de toute voiture grâce à une distribution péri métrique. Ils construisent aussi une topographie artificielle en amorce des franchissements permis par des reliefs naturels au Sud. Des logements collectifs et des bureaux sont hissés au-delà de ce niveau dans une esthétique du surpassement. Leur mise en scène dans le moyen paysage accompagne les nouvelles traversée Nord-Sud. Une porosité visuelle est maintenue entre une promenade haute qui longe le rail et le fleuve, dont les qualités optiques sont préservées. Enfin, des volumes totémiques s'adressent au grand paysage au-dessus des toits et des légères collines rennaises. Leur inscription dans des axes visuels majeurs offre des points de repère à une échelle métropolitaine. Il s'agit, en effet, d'essayer de prendre un recul critique pour reconsidérer des proximités.

Simon Letondu

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Réactions

17-10-2012

Sauf que en fait il n'y aura plus de jardins familiaux à la plaine de baud. Les jardins familiaux existants ont reçu un avis d'expulsion au 31 décembre sans proposition de remplacement ! c'est très beau tout ça mais ce sont des mensonges !

30-07-2011

Très beau projet.. j'aime bien le graphisme aussi !

19-06-2011

proposition ambitieuse qui élabore une alternative crédible au projet actuel. Il sait parler d'image sans devenir trop bavard. Dommage qu'il n'y ait pas de plan ni de coupe.

03-06-2011

il serait plus correct d'indiquer le nom de ce jeune diplomé, et pas seulement de l'agence Reichen et Robert

18-05-2011

Très beau travail, c'est un projet très ambitieux
Sylviane

12-05-2011

Très beau projet, ce nouvel architecte a de l'avenir
John

03-05-2011

Très beau projet d'intégration de cette plaine à qui la ville tournait jusqu'à présent le dos!
François

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