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Cahier Spécial - Maisons 2010

Présentation | Historicisante, non ! Historique, bientôt ! (01-12-2010)

190.000 euros. «Il y avait un problème majeur. Nos clients n'avaient pas un euro de plus», se souvient Fran Silvestre. La Casa en la ladera de un castillo, autrement dit la maison sur le versant d'un château, à Ayora dans les environs de Valence (E), est pour l'architecte une occasion de démontrer qu'une architecture audacieuse et contextuelle est possible à ce prix.

Logement individuel | Espagne | Fran Silvestre

«Anciennement, le village était divisé en deux parties. L'une chrétienne, l'autre arabe, les premiers au nord, les seconds au sud à proximité de l'eau», relate Fran Silvestre. Dès les premiers mots, le projet s'ancre dans un territoire et dans une histoire urbaine.

Ironie ou presque, les clients ne sont autres qu'un couple d'historiens. Conjoncture imprévue où le passé semble devenir un arrière plan imposé à l'architecte.

«La maison est du côté arabe. Nous aurions pu la construire dans le quartier chrétien, le plus apprécié, mais les qualités du site 'arabe' étaient bien meilleures, notamment du fait de l'orientation», explique l'architecte.

Aussi, la relation entre architecte et client débute même avant que ce dernier n'ait fait l'acquisition du terrain.

02(@FranSilvestre)_B.jpgCe choix effectué, le site n’en présente pas moins des difficultés géomorphologiques. Le dénivelé est important mais insuffisant pour permettre la création d'un étage. «Il était en premier lieu nécessaire de mettre en adéquation le programme à la pente du site», indique l'architecte.

A ces difficultés, s'ajoutent des règles d'urbanisme contraignantes. «La norme impose une forme et implique une approche historicisante du projet», précise-t-il. Le terrain est à la rencontre du village ancien et du château, autant dire qu'un parti architectural contemporain s'annonçait des plus improbables.

«Peu à peu, nous avons pu réinterpréter les règles fixées», souligne Fran Silvestre. Plusieurs mois de travail, de dialogue et de négociations mais aussi une dizaine de maquettes présentées aux édiles finirent par convaincre de la pertinence du dessin.

03(@Alda&Rodriguez)_S.jpgFaisant fi de tout mimétisme ou de faux semblants traditionalistes, Fran Silvestre imagine alors «un processus d'adaptation». Il conceptualise une volumétrie «où tous les vides appartiennent à une ligne».

Ligne qui caractérise le projet au point que l'architecte cherche à réduire la construction selon l'angle de vue à une simple ligne. «Depuis la rue ascendante, une seule partie de la maison est visible, elle ne se révèle qu'à travers une seule et unique ligne», insiste-t-il.

Forme et espace sont conçus simultanément. La maison est pensée comme une pièce unique déposée sur le site qu'elle vient épouser.

En bas, le garage et la cave. Au dessus, un volume de deux étages avec quatre pièces. Deux d'entre elles, les chambres, s'ouvrent sur une sente privée. Plus haut, les deux autres pièces offrent une vue dépassant les toits des maisons avoisinantes.

04(@Alda&Rodriguez)_B.jpg«Le contexte est très important et nous avons une grande sensibilité à l'égard des alentours de nos constructions. Cette maison était pour nous une opportunité. Si tous nos projets revêtent une importance, celui-ci était une manière de nous montrer et de proposer une façon de construire dans un environnement historique», rapporte l'architecte.

Ni modernité, ni pastiche. Ni rupture, ni continuité, Fran Silvestre signe «un respectueux moment de contemporanéité».

Jean-Philippe Hugron

Réactions

lurasacia | secrétaire batiment | var | 27-04-2011 à 12:55:00

Absolument magnifique, grandiose, racé. Bravo!

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