Design Ikonik septembre 2013

Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

N°4 - mercredi 1er décembre 2010

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Cahier Spécial - Maisons 2010

Présentation | Demeurer, un 'rêve réalisé', par Bassam el Okeily (01-12-2010)

A Bruxelles, la rue raconte des histoires. A Bilzen aussi. Derrière les vitres, un éclatement de formes. Par delà les formes, des interstices d'intimité livrent la vie quotidienne de deux esthètes. Bassam el Okeily livre en 2009 une maison singulière. La parcelle était ingrate. Un dialogue, des passions, des mots et des rêves sont autant de possibilités.

Logement individuel | Belgique | Bassam el Okeily

«Tout projet débute par des croquis et des phrases. Parfois, j'aborde l'espace par un vocabulaire littéraire. Le but ici était de créer une maison faite pour DEMEURER. DEMEURER est ce qui reste. Dès lors que l'on CREUSE, on demeure, on reste. CREUSER : je me souviens d’un artiste espagnol qui réalise ses tableaux avec du ciment. Dans la ville, il faut CREUSER, ne pas se contenter du premier regard, celui de la façade». Ainsi s’exprime Bassam el Okeily.

La Maison Menten et Bienkens qu'il a imaginé à Bilzen, petite localité belge, est une «demande particulière» : «Monsieur est collectionneur d'art et Madame artiste. Leur vie fut l’inspiration de la façade aux deux balcons».

L'architecte imagine alors la superposition d'une «façade qui raconte» et d'une «façade qui partage» la vie. La maison est, à elle seule, une histoire.

Il était une forme...

Bassam el Okeily invente une rhétorique architecturale et propose «deux vocabulaires». Il y a le «balcon de René» ; les ouvertures sont latérales pour cet amateur de littérature. Plus haut, le deuxième balcon, celui du «rapport à l'art» ; l'artiste partage ses oeuvres.

02(@BEO)_S.jpgL'architecte revendique un 'jeu de sculpture' : «ce serait beau d'être sculpteur mais la norme réglementaire contraint», rappelle-t-il. Gratuité de la forme ? Bassam el Okeily se défend, même s’il reconnaît la surenchère formelle contemporaine, évoquant même une «nouvelle ère gothique».

«L'espace doit sortir. Chaque mur, chaque inclinaison a une raison d'être. Tant que la forme a un sens, l'architecte peut l'assumer», dit-il.

Premier souci, la lumière. La parcelle occupée jusqu'alors par un garage est étroite ; à peine plus de cinq mètres de large pour dix-sept de profondeur. Le travail de maquette est long mais stimulant : «un enseignement de l'atelier Christian de Portzamparc ; une belle parenthèse, l'occasion de rêver», se souvient-il. Avec la maquette, la lumière.

L'architecte ne révèle à ses clients rien du tâtonnement et de sa recherche. «Je travaille en sous-marin, je ne dévoile rien, aucune esquisse. Il n'y a qu'un projet finalisé», explique-t-il. «La greffe opère ou non, c'est un risque et je l’encours».

Cette première maison a inauguré une série de commandes tant en Belgique qu'en France. Pour ces nouvelles maisons, l'architecte poursuit ses expérimentations. «Le style est une conséquence, il faut chercher autre chose. Arriver à un certain stade, il faut réapprendre, repartir à zéro et savoir jeter. Voilà le stade de la maturité à atteindre : il n'y a pas de méthode dans la création», dit-il.

03(@BEO)_B.jpgPour ses prochaines réalisations, Bassam el Okeily réfléchit à la notion de pli, qu'il mêle à la culture occidentale, grecque et pharaonique. «Le pli y est droit, l'angle aigu».

Deleuze et Leibnitz au chevet et, en arrière plan, l'histoire personnelle d'une famille issue du textile, ce qui amuse l'architecte.

Cela écrit, ni pli ni dépli ne caractérise la maison Menten et Biekens.

Jeu de l'intimité et du rêve, de la vue et du regard, l’ouvrage attire la curiosité et ce depuis sa construction. «Nombreux étaient ceux qui ignoraient le programme mais les voisins connaissaient le couple qui construisait. Tous deux organisaient de temps à autre des visites de chantier», se souvient Bassam el Okeily.

Un voisin a photographié le chantier et ses reportages en sont désormais l'historique.

«La vie d'un homme, d'une femme et de leurs passions.

Seule cette matière première pouvait compter,

Pour qu'un mur se pose comme un testament,

Pour qu'une maison soit notre ultime abri.

Pas pour vivre : pour demeurer», écrit l'architecte.

Jean-Philippe Hugron

04(@BEO)_S.jpg

Name of the project and location : The narrow house, Bilzen, Belgium

Client: Mr Menten & Mss Bienkens

Architect: Bassam El Okeily

Architect Collaborator : Karla Menten

Statics: Ingineer Ten Half

Planning: 2007

Completed: 2009

Living area: 215,66 m²

Site area: 238m²

Built up area: 99,62m²

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