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Diplôme | Ça bouge aux Tuileries (10-11-2010)

Olivier Amat s’intéresse à la mémoire des lieux, non pas à cette mémoire figée dans les vitrines des musées mais à celle qui, transposée au présent, n’en finit pas de raconter. Il propose ainsi de réaménager le jardin du Carrousel et de créer un musée de l’Histoire du Louvre. Il aboutit à une élégante illustration de sa problématique, toute en courbes.

Sélection de la Rédaction | Ecole Spéciale d'Architecture | Bâtiments Publics | Culture | Aménagement extérieur/Paysage | 75001 | Olivier Amat

Révélateur de l’histoire, ce projet explore la mémoire du lieu en la replaçant dans le champ de la contemporanéité. Ce lieu n’est pas figé dans son histoire, dans son passé ; il est interprété, réactualisé. C’est la dynamique d’une histoire en constant mouvement que j’ai voulu réifier en ce site emblématique de l’histoire parisienne et française. Ce projet n’a pas de dimension patrimoniale, il utilise le prétexte historique pour raconter une histoire, une nouvelle histoire. Le patrimoine est ici un support d’expression architecturale. Mais cette intervention se fait dans le respect du lieu. C’est le prétexte pour offrir au lieu une nouvelle page de son histoire et donc de l’histoire des visiteurs qui le traverseront.

Contexte

Les Tuileries sont un quartier et un jardin de Paris, situés entre le Palais du Louvre, la rue de Rivoli, la Place de la Concorde et la Seine. L’espace occupé aujourd’hui par un jardin public abritait une ancienne résidence royale et impériale, les Tuileries, ainsi indissociable du Palais du Louvre, ancien Palais Royal devenu musée en 1793.

02(@Amat)_S.jpgLes deux palais ont façonné la Ville, depuis le temps où le Louvre était une forteresse sur la muraille de Philippe Auguste. Le palais des Tuileries était le foyer de la grande perspective historique structurant l’ouest parisien ; elle part des Tuileries, va désormais au-delà de la Défense en passant par la Concorde, l’Arc de Triomphe, la Porte Maillot...

Le Palais des Tuileries, disparu dans l’incendie de la Commune en 1871, devint un jardin, ouvrant ainsi le Louvre sur Paris et créant une des plus belles perspectives du monde.

Aujourd’hui, des voix s’élèvent, militant pour la reconstruction à l’identique du Palais détruit. Il me paraît plus intéressant de tenter de représenter l’histoire, de ré-évoquer de manière contemporaine l’ancien palais tout en conservant l’essentielle ouverture du Louvre sur l’axe historique, tels deux bras embrassant Paris.

Concept architectural

03(@Amat)_S.jpgLe projet naît d’une trame orthogonale. Elle permet de prendre possession du site, c’est le point de départ du projet. Elle est à l’image du quadrillage des archéologues qui permet de régler un site de fouilles. Puis, cette trame subit des modifications, des déformations qui correspondent à l’accumulation des strates historiques. Plus il y a d’histoire, plus les déformations sont importantes. Ensuite, cette trame se soulève, de la même manière, plus il y a d’histoire plus l’altitude est élevée. Enfin, la trame devient mur, afin de laisser une trace de l’élément régulateur du projet. Cette trame modifiée règle l’ensemble du site, elle dessine le jardin, devient mur lorsqu’elle est au-dessus du musée. La trame est un filtre qui permet lire l’histoire.

04(@Amat).jpgLa trame gère aussi l’organisation du musée. Le quadrillage formé par la trame devient, au-dessus des fondations du Palais des Tuileries, le support de grande verrière qui inonde de lumière naturelle les espaces muséographiques situés en-dessous. La verrière est accessible et permet de voir les vestiges du Palais. Elle se détache du sol au-dessus des entrées du musée afin de créer un grand auvent qui protège les visiteurs.

La trame déformée est une réminiscence des tracés régulateurs et géométriques du jardin "à la française". La trame est impaire et continue dans le jardin du carrousel la trame du jardin des Tuileries dessinée par Le Nôtre. A cette rigueur s’associe la liberté des jardins anglais, leurs déformations, rotations et élévations de la trame.

Le jardin est aussi une transition, un passage du monde végétal du jardin des Tuileries au monde urbain, minéral de l’espace bâti du Palais du Louvre. La pixellisation du jardin est une illustration de cette idée. Aux abords de l’espace bâti et minéral, le végétal, soit la pelouse, se dématérialise et crée une figure qui se fond dans le minéral, le pavage de granite, qui se fond à son tour dans les murs du Palais du Louvre.

Olivier Amat

Diplôme d’architecture soutenu le 17 décembre 2007 à l’Ecole Spéciale d’Architecture, à Paris. Les membres du jury étaient : Hervé Tordjman, ingénieur, architecte DPLG (Directeur de Mémoire), Jean-Pierre Jouve, architecte en chef des Monuments Historiques, Michel Carmona, professeur de géographie et d'aménagement à l'université Paris-IV Sorbonne, Martin Meade, historien de l'art et de l'architecture, professeur à l’Ecole Spéciale d’Architecture, Jacques Sautereau, architecte DPLG, professeur à l’Ecole Spéciale d’Architecture, Alexandre Schrepfer, architecte DESA.

Cet article est paru en première publication sur CyberArchi le 12 février 2009.

Réactions

Adrien | Etudiant | PARIS | 14-04-2011 à 21:35:00

Bonjour, je suis étudiant à l'école Spéciale d'Architecture et j'ai actuellement en atelier un projet d'urbanisme à faire pour mon Semestre 4. En faisant des recherches sur internet je me suis rendu compte que notre sujet pouvait parfaitement coller avec votre réponse, nous sommes en binôme et nous devons faire une réhabilitation des Tuileries. J'espère que vous voudrez parler un peu autour du sujet des Tuileries.


Cordialement Fournier Adrien

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