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Diplôme | Une 'utopie pragmatique' pour un habitat durable (10-11-2010)

Marie-Camille Lançon propose de changer les qualités d’habiter les zones péri-urbaines en érigeant un modèle architectural qu’elle qualifie 'd’utopie pragmatique', entre radicalité et réalité. En clair, elle imagine des ensembles d’habitations contenus dans des enveloppes poreuses. Découverte d’un projet atypique plutôt qu’utopique.

Sélection de la Rédaction | ENSA Montpellier | Urbanisme et aménagement du territoire | | Marie-Camille Lançon

En trente ans, l’étalement de nos villes et de nos villages sur la campagne a démultiplié les superficies urbanisées. Ce développement péri-urbain est celui d’une seule forme d’habitat, la maison individuelle et d’un seul mode de déplacement, l’automobile.

Certes, le modèle pavillonnaire reste majoritairement plébiscité par les Français mais, face aux nouvelles exigences en termes de développement durable, de mobilité et d’adéquation de l’habitat aux mutations sociales, comment ne pas conclure à la nécessité de changer le modèle ?

En fait, nous posons la question du modèle au regard des évolutions de 'l’habiter'. Pour résoudre cette problématique, nous nous sommes attachés à définir Gignac dans son urbanité rurbaine et à affirmer le caractère expérimental du projet, une architecture de 'l’utopie pragmatique' à la croisée de la radicalité et de la réalité.

A l’échelle du plan masse, le projet définit une stratégie en cinq points. D’abord, la perméabilité du quartier se conçoit au travers de la création d’un réseau de voiries fluide et hiérarchisé. La structuration des réseaux devient la condition de l’intégration de la parcelle aux tissus urbains existants tout en favorisant les mutations futures. Ensuite, la stratégie urbaine s’attache à faire pénétrer le paysage dans le site de manière à préserver l’identité des voiries des villages méditerranéens, avec alignement de platanes.

02(@Marie-CamilleLancon)_S.jpgA ces deux objectifs s’ajoute celui de densifier et donc transformer l’espace au sol en espace public qualifié.

La diversité architecturale proposée favorise la redéfinition de la silhouette architecturale uniforme caractéristique des zones pavillonnaires de Gignac. Le quartier se comprend ainsi non plus comme une série d’enclaves isolées mais en tant que continuité, favorisant le sentiment d’appartenance, la vie en collectivité et la constitution d’espaces permettant de vivre à la fois ensemble et séparément.

03(@Marie-CamilleLancon)_B.jpgLe projet développe un îlot constitué de 23 habitations intermédiaires sur une parcelle de 2.500m² avec pour enjeu de concilier densité et intimité, individuel et collectif. Il se présente comme une interprétation contemporaine de l’urbanité du centre historique de Gignac, caractérisé par ses ruelles sinueuses et ombragées, ou encore par la compacité de son bâti.

A la manière du ‘Monument Continu’ de Superstudio, la proposition affirme le choix d’un prolongement métaphorique du centre jusqu’au site d’étude. Le plan de rez-de-chaussée de l’îlot propose des circulations fluides, héritage de l’urbanité villageoise, tandis que le plan de toiture propose une trame compacte et dense. Les masses bâties sont extrudées pour offrir des espaces extérieurs protégés, des cours amenant air et lumière aux habitations.

Sur les sept pièces qui composent l’îlot, six reçoivent des logements intermédiaires. Les appartements du rez-de-chaussée s’ouvrent sur des jardins, tandis que les duplex du R+1 disposent de vastes terrasses et de cours intérieures protégées. Chaque pièce de l’îlot est dotée d’éléments de rangements collectifs en rez-de-chaussée. La pièce centrale est un espace partagé. Elle abrite une aire de stationnement, une bibliothèque, une salle polyvalente, une laverie et une aire de jeux pour enfants à ciel ouvert.

04(@Marie-CamilleLancon)_S.jpgL’enjeu du projet résidait dans la capacité à définir un minimum partageable pour un nombre restreint d’habitants. En ce sens, la pièce centrale permet de réinterpréter l’îlot traditionnel et de repenser les limites entre l’individuel et le collectif.

Marie-Camille Lançon

Cet article est paru en première publication sur CyberArchi le 28 octobre 2009.

Réactions

papageno | ingénieur | Val de Marne | 20-02-2013 à 22:29:00

Ce modèle très cartésien et tranché reste froid et réservé à une élite qui n'aura même pas une salle de spectacle à partager; Sortir sa poubelle se fera avec appréhension pour éviter de rencontrer son voisin ou de faire du bruit en traversant la cité. Un déménagement va provoquer un rassemblement qui pourra être perçu comme un viol collectif. L'esprit de concierge va donc revenir, centré sur nos voisins ou les intrus. C'est vraiment l'esprit montpellerin qui ressort: on invite pas les gens chez soi et on se tient bien dehors.

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