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Diplôme | Un centre de distribution au coeur d'un processus de réhabilitation urbaine (10-11-2010)

A l’occasion de leur diplôme, Jean-Baptiste Barbet et Martin Nouaille imaginent un programme destiné à restructurer Kasimpasha (Istanbul) et offrir aux habitants de ce quartier périphérique le plus grand confort urbain possible. Centre de distribution adjoint d’un centre de tri, médiathèque et salle de conférence font partie de ce projet riche en ambition.

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Le diplôme Kasimpasha / Istanbul évoque l'évolution de la ville de Byzance à Istanbul avant d'étudier les différentes échelles de la Métropole et les différents problèmes liés à son évolution. Plus particulièrement, la ville est composée d’une multitude de micro-centralités constituant des quartiers se présentant comme des écosystèmes autonomes.


Le projet propose de structurer ces micro-éléments et de concilier dimensions internationale et locale. A partir d’une analyse du territoire de Kasimpasa, nous avons créé un centre de distribution urbain, équipement logistique au service de la ville s’étendant au-delà des lignes ferroviaires et de tramway. L’enjeu est à la fois de préserver les qualités 'd’habitat' du quartier tout en implantant d'autres activités, tels un centre de tri, une médiathèque et une salle de conférence.

02(@Nouaille-Barbet)_S.jpgLa consolidation des petites échelles et leur mise en réseaux

A partir d’une certaine taille, la ville devient Métropole et ne peut plus être appréhendée comme un élément soudé : c’est un territoire urbain. Ce territoire, lié à d’autres Métropoles, contient une multitude de centralités liées les unes aux autres. La Métropole a besoin de tous ces moteurs. Ils forment la richesse d’une ville, forte de tous ces composants. Plus une Métropole prend de l’ampleur, plus ces micro-centralités se délient les unes des autres : elles ne fonctionnent plus ensemble et la continuité spatiale est rompue.

La relation entretenue entre une micro-centralité et l’ensemble de la Métropole se définit notamment via les transports en commun. Dotée d’une gare, une ville située à une centaine de kilomètres d’un centre-ville fait néanmoins partie intégrante d’une Métropole. Les moyens de transport actuels éclatent l’espace urbain. La compacité n’est plus question d’agglomération mais d’association efficace d’éléments spatiaux disparates. L’infrastructure, véritable prolongement de la rue, laquelle, en changeant de vitesse, modifie l’espace urbain et les distances, est essentielle.

La mise en place de trains métropolitains rapides dans la ville permet de la libérer de la contrainte territoriale. Ces lignes de trains rapides deviennent les colonnes vertébrales d’une cité. Elles mélangent différents types de déplacements, locaux comme métropolitains. La ville est structurée par ce système, celui de micro-centres reliés via un réseau.

Le réseau métropolitain forme l’axe rapide de la ville. Il est directement relié aux aéroports. Les activités métropolitaines ponctuent cet axe. Séparées par de nombreux kilomètres, ces centres urbains sont néanmoins à quelques minutes les uns des autres.

03(@Nouaille-Barbet)_B.jpgProgrammation

Notre objectif est de structurer l’existant tout en préservant les habitants et leurs propriétés, foncière comme professionnelle. Il s’agit de préserver un mode de vie tout en élaborant un projet 'métropolitain'. En bref, il s’agit de structurer l’échelle locale au regard d’enjeux métropolitains pour, in fine, offrir aux habitants la possibilité de faire évoluer leur cadre de vie. Nous envisageons le rapport à la métropole comme une occasion de dialogue. La métropole est appréhendée comme un outil de développement. Nous souhaitons réinsérer l’échelle locale au coeur du territoire stambouliote.

Nous avons choisi de structurer le territoire de Kasimpasa autour des transports afin de rationaliser et de structurer les déplacements, soit l’approvisionnement du quartier. Il s’agit de diminuer le trafic routier à l’échelle de Kasimpasa et de faire de cette configuration un modèle pour l’ensemble Istanbul. Nous souhaitons grouper les transports de personnes, tout comme les transports de fret afin de proposer un développement métropolitain vert et moins gourmand en espaces infrastructurels.

Nous créons une ligne de tramway permettant de relier des zones populaires tout comme des infrastructures touristiques et commerciales. Kasimpasa s’inscrit ainsi dans une logique urbaine globale. Nous profitons de cette ligne de transport en commun pour créer un parking au coeur du quartier. Il s’agit de rationaliser les déplacements routiers, lesquels se présente sous la forme d’un réseau de parking fonctionnant à l’échelle d’un éventuel réseau de transports en commun stambouliote.

04(@MartinNouaille)_B.jpgIl est essentiel d’approvisionner les commerçants et les artisans de Kasimpasa via le même vecteur. Nous proposons donc un transport groupé depuis les marchés stambouliotes importants jusqu’à un centre de distribution que nous implantons en plein coeur de Kasimpasa. Les entreprises peuvent directement s’approvisionner depuis ce centre avec des moyens de locomotion modestes, voire électriques. Nous installons également un centre de tri afin de gérer les déchets au sein du quartier. Pour consolider cette nouvelle organisation spatiale et offrir aux habitants un mode de vie contemporain, nous proposons de favoriser l’usage d’outils média et numérique. Pour ce faire, nous créons une médiathèque et une salle de visioconférence. L’infrastructure est ainsi à la fois un moyen de structuration du quartier et un outil quotidien.

Jean-Baptiste Barbet et Martin Nouaille


Cet article est paru en première publication sur CyberArchi le 28 mai 2009.

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