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Diplôme | Un bâtiment origami pour organiser des flux urbains (10-11-2010)

A l’occasion de son diplôme, Philippe Recht (ENSA de Strasbourg) a choisi de réhabiliter le magasin du Printemps, au centre de Strasbourg, afin d’organiser les flux alentours.

Sélection de la Rédaction | ENSA Strasbourg | Commerces et hôtels | Strasbourg | Philippe Recht

Le Printemps est un grand magasin situé dans le centre de Strasbourg. Il occupe plusieurs bâtiments contigus entre le quai Kellermann et la place de l'Homme de Fer. Le projet part du postulat que les bâtiments actuels sont démolis.

Le développement des transports en commun et de grandes infrastructures de stationnement font de ce secteur le plus dense de la ville en terme de flux de toutes sortes (piétons, cycles, automobiles, tramways, gare routière). L'objectif du projet est de faire une proposition pour fluidifier ces flux, les rendre moins conflictuels.

Ainsi, le bâtiment est conçu comme un prolongement de l'espace public qui vient s'enrouler sur un axe en diagonale de la parcelle afin de lui donner le maximum d'ampleur. Cette immense rampe émerge au dernier niveau sur un étage public offrant un point de vue inédit sur la ville.

L'entrée se fait soit de plain-pied par la rue latérale, soit au premier étage par la rampe qui est le prolongement de la place de l'Homme de Fer. Le programme comprend :

- un nouveau grand magasin du rez-de-chaussée au 3è étage ;

- un Smart Center -existant et maintenu- au rez-de-chaussée ;

- une station d'auto-partage de véhicules électriques et hybrides au sous-sol ;

- un supermarché au sous-sol ;

- la Bibliothèque Municipale Centre Ville de la rue Kuhn est rapatriée au 4ème étage (l'ouverture récente de la médiathèque André Malraux pose la question du dimensionnement de la BMS CV, la surface est revue légèrement à la baisse) ;

- un restaurant avec terrasse, un bar de nuit, des salles de concerts et de débat public ainsi qu'une galerie d'exposition occupent le dernier niveau.

Le niveau public est dédié à la vie de la cité. Il est accessible 24/24 par le grand magasin en journée et par des accès dédiés au rez-de-chaussée.

02(@PhilippeRecht)_S.jpgLa complexification programmatique est une réponse à un questionnement sur la temporalité de la ville et sur la mixité urbaine. Le bâtiment vit 24/24, voit se succéder les usages et se croiser des gens aux profils et aux intentions très divers. Le secteur étant "hyper-accessible", la multiplication de l'offre permet de sédentariser ou de capter les flux. Cela permet une meilleure mixité sociale.

La volumétrie du bâtiment est issue de la répartition du programme selon une grille tracée à partir de lignes urbaines pertinentes (alignement existants, diagonales, perspectives, etc.). Le tissu urbain du secteur est marqué par les destructions des bombardements de la Deuxième Guerre Mondiale. Plusieurs typologies de bâti se superposent, créant une certaine désharmonie. Des constructions des années 1950 empruntant au vocabulaire Moderne ont été insérés dans un parcellaire hérité du Moyen-âge. La volumétrie du projet renvoie directement à ce chaos urbain.

Le projet n'a pas de "façade" au sens classique. Les surfaces réfléchissantes et inclinées découpent, décomposent, démantèlent l'environnement du bâtiment et le recompose en un collage de vue inédites de la ville. Cette surface est sensible aux changements de lumière et participe à la création d'une ambiance particulière, d'une atmosphère surréaliste. Le matériau métal est une analogie aux machines, aux moteurs. Le projet est une machine à fabriquer de la vie urbaine, une "mécanique spatiale".

Le cheminement se fait d’une part lentement par la spirale qui traverse tous les étages, d’autre part rapidement en "coupant" par des escaliers qui se déploient d'un niveau à l'autre ou de manière directe par les ascenseurs. Des espaces fermés permettent la mise en scène des produits et des espaces ouverts sur la ville créent une respiration.

Philippe Recht

Cet article est paru en première publication dans CyberArchi le 4 février 2010.

Réactions

Brandon7642 | 10 avenue d'orsay | France | 05-04-2013 à 20:28:00

Merci trop coul



Diplôme | Un bâtiment origami pour organiser des flux urbains (10-11-2010)
A l’occasion de son diplôme, Philippe Recht (ENSA de Strasbourg) a choisi de réhabiliter le magasin du Printemps, au centre de Strasbourg, afin d’organiser les flux alentours.
Sélection de la Rédaction | ENSA Strasbourg | Commerces et hôtels | Strasbourg | Philippe Recht
Le Printemps est un grand magasin situé dans le centre de Strasbourg. Il occupe plusieurs bâtiments contigus entre le quai Kellermann et la place de l'Homme de Fer. Le projet part du postulat que les bâtiments actuels sont démolis.

Le développement des transports en commun et de grandes infrastructures de stationnement font de ce secteur le plus dense de la ville en terme de flux de toutes sortes (piétons, cycles, automobiles, tramways, gare routière). L'objectif du projet est de faire une proposition pour fluidifier ces flux, les rendre moins conflictuels.

Ainsi, le bâtiment est conçu comme un prolongement de l'espace public qui vient s'enrouler sur un axe en diagonale de la parcelle afin de lui donner le maximum d'ampleur. Cette immense rampe émerge au dernier niveau sur un étage public offrant un point de vue inédit sur la ville.

L'entrée se fait soit de plain-pied par la rue latérale, soit au premier étage par la rampe qui est le prolongement de la place de l'Homme de Fer. Le programme comprend :

- un nouveau grand magasin du rez-de-chaussée au 3è étage ;

- un Smart Center -existant et maintenu- au rez-de-chaussée ;

- une station d'auto-partage de véhicules électriques et hybrides au sous-sol ;

- un supermarché au sous-sol ;

- la Bibliothèque Municipale Centre Ville de la rue Kuhn est rapatriée au 4ème étage (l'ouverture récente de la médiathèque André Malraux pose la question du dimensionnement de la BMS CV, la surface est revue légèrement à la baisse) ;

- un restaurant avec terrasse, un bar de nuit, des salles de concerts et de débat public ainsi qu'une galerie d'exposition occupent le dernier niveau.

Le niveau public est dédié à la vie de la cité. Il est accessible 24/24 par le grand magasin en journée et par des accès dédiés au rez-de-chaussée.

La complexification programmatique est une réponse à un questionnement sur la temporalité de la ville et sur la mixité urbaine. Le bâtiment vit 24/24, voit se succéder les usages et se croiser des gens aux profils et aux intentions très divers. Le secteur étant "hyper-accessible", la multiplication de l'offre permet de sédentariser ou de capter les flux. Cela permet une meilleure mixité sociale.

La volumétrie du bâtiment est issue de la répartition du programme selon une grille tracée à partir de lignes urbaines pertinentes (alignement existants, diagonales, perspectives, etc.). Le tissu urbain du secteur est marqué par les destructions des bombardements de la Deuxième Guerre Mondiale. Plusieurs typologies de bâti se superposent, créant une certaine désharmonie. Des constructions des années 1950 empruntant au vocabulaire Moderne ont été insérés dans un parcellaire hérité du Moyen-âge. La volumétrie du projet renvoie directement à ce chaos urbain.

Le projet n'a pas de "façade" au sens classique. Les surfaces réfléchissantes et inclinées découpent, décomposent, démantèlent l'environnement du bâtiment et le recompose en un collage de vue inédites de la ville. Cette surface est sensible aux changements de lumière et participe à la création d'une ambiance particulière, d'une atmosphère surréaliste. Le matériau métal est une analogie aux machines, aux moteurs. Le projet est une machine à fabriquer de la vie urbaine, une "mécanique spatiale".

Le cheminement se fait d’une part lentement par la spirale qui traverse tous les étages, d’autre part rapidement en "coupant" par des escaliers qui se déploient d'un niveau à l'autre ou de manière directe par les ascenseurs. Des espaces fermés permettent la mise en scène des produits et des espaces ouverts sur la ville créent une respiration.

Philippe Recht

Cet article est paru en première publication dans CyberArchi le 4 février 2010.


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