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Concours | Minimaousse, le concours qui met le pied à l'étrier (20-01-2011)

Jusqu’au 27 février 2011, les projets des lauréats de la 4ème édition du concours biennal de micro-architecture 'Minimaousse' sont exposés à la Cité de l’architecture et du patrimoine*. Créé en 2003 par l’architecte et enseignante Fiona Meadows, Minimaousse est, entre tous les concours réservés aux étudiants, l’un des plus formateurs.

Vie étudiante | France

«En créant Minimaousse en 2003, j’imaginais un concours réunissant étudiants en architecture, en art, paysage, design ainsi que des ingénieurs». Fiona Meadows, commissaire du concours, raconte les prémices de la compétition. A cible pluridisciplinaire, conception «de projets hybrides, entre objet design et architecture». Bref, Minimaousse s’attache à l’échelle de la 'micro-architecture'.

«A l’époque, les concours offraient un peu d’argent ou des voyages mais pas la possibilité de mettre la main à la patte et de tester ses idées à l’échelle 1, ce qui est essentiel à l’ère du tout virtuel». En effet, les lauréats de Minimaousse se voient offrir la possibilité de concrétiser leurs inventions dans le cadre d’un workshop organisé aux Grands Ateliers de l'Isle d'Abeau lors des premières éditions et désormais à l’Ecole Supérieure du Bois à Nantes. Carton, bois, papier étaient les matériaux mis en oeuvre lors du dernier workshop.

La durée de cet atelier explique la 'cible' étudiants. «Avec quinze jours de workshop, difficile de mobiliser de jeunes professionnels», souligne Fiona Meadows.

Parmi les critères de sélection, «la faisabilité, la pertinence au regard du sujet» sont certes déterminants mais Fiona Meadows met surtout l’accent sur «la poésie du projet». Un aspect valorisé par les différents jurys et leurs présidents, de l’architecte François Seigneur au pédopsychiatre Marcel Rufo.

Lors de la dernière édition, «plus de 500 équipes ont rendu une proposition, sous forme de panneaux et de cahier technique». Ainsi, si l’image est essentielle, les compétences en matière d’expression écrite ne sont pas secondaires pour autant. «Ensuite, nous avons procédé à la sélection de 45 projets, qui ont alors été réalisés en maquette et soumis au jury final. Cinq d’entre eux ont participé au workshop».

Il est permis de voir dans l’issue de Minimaousse une véritable occasion d’acquérir des savoir-faire, d’autant plus «que les lauréats réalisent un stage de formation à l’outillage». D’une pierre plusieurs coups : le concours permet aussi d’étoffer son réseau - «lors du workshop, les étudiants rencontrent des gens de toutes disciplines» - et représente, selon Fiona Meadows, «un véritable coup de pouce».

«En étant lauréat ou 'coup de coeur' du jury, il est plus facile de contacter des journalistes», dit-elle. Autrement dit, entre l’exposition organisée à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine et la réalisation d’un ouvrage, Minimaousse est un formidable outil de communication pour tous ces étudiants se lançant dans la vie professionnelle.

02()_S.jpgEnfin, l’objet issu de la compétition peut devenir un levier de développement. Fiona Meadows cite l’exemple du collectif d’architectes 3RS, l’un des lauréats de la troisième édition avec le projet 'D-PLIAGE', paravent à géométrie variable pour différentes activités. «A ma connaissance, ils poursuivent le projet et essaient de l’industrialiser».

Les lauréats conservent effectivement l’intégralité des droits d’auteurs de leurs prototypes et peuvent, s’ils le souhaitent, récupérer l’objet. «Le projet Caravane-puzzle fut diffusé largement dans la revue de Maison et Objet», souligne Fiona Meadows.

Parmi les candidats, «les étudiants en design sont peut être les plus précis, les étudiants en arts offrent toujours un regard décalé» et si «les étudiants en architecture font toujours partie des lauréats», Fiona Meadows note de leur part «des problèmes d’expression en matière de concours». En fait, «une grande majorité des 500 équipes ont des problèmes d’expression», précise-t-elle. En clair, «ils n’ont pas l’habitude de faire des concours».

«Gagner un concours c’est en faire», insiste-t-elle. «C’est un exercice spécifique qui doit être conduit lors des études. Faire un concours c’est exprimer de manière la plus lisible et visible possible une idée. Un titre qui accroche, un bon texte, de l’information mesurée, une belle image, cela s’acquiert avec l’expérience». Fiona Meadows parle en connaissance de cause : en tant qu’étudiante, elle a participé à 30 concours en quatre ans.

Jusqu’à présent réservé aux étudiants français, Minimaousse s’ouvre progressivement à l’international. «Nous avons invité la Tunisie à participer à la dernière édition». L’invitation a porté ses fruits puisque l’une des équipes lauréates est tunisienne. «A l’avenir, nous essayerons d’inviter de plus en plus de pays».

Emmanuelle Borne

*Lire à ce sujet notre article 'Mini Maousse 4 - Construire XXS pour les + petits'

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