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Brève | L'Hôtel du Triangle d'Or mis en musique par Philippe Maidenberg (16-03-2011)

Les propriétaires de l’Hôtel du Triangle d’Or ont confié la rénovation de leur établissement à l'architecte Philippe Maidenberg qui, inspiré de la scène mythique de l’Olympia toute proche, a tout naturellement imaginé la musique comme fil conducteur d’un projet unique. Présentation.

Rénovation | Commerces et hôtels | Architecture intérieure | 75009 | Philippe Maidenberg

Philippe Maidenberg a contacté personnellement des musiciens dont le talent et la personnalité pouvait sans aucun doute donner naissance à une collaboration riche en émotions. L’Hôtel du Triangle d’Or est né de la confiance de propriétaires enthousiastes et de celles d’artistes reconnus sur toutes les scènes du monde qui ont laissé leur créativité enrichir les règles de l’architecture hôtelière.

Les 45 chambres réparties sur six étages, chacun dédié à l’un des musiciens, sont lumineuses et offrent un décor original conçu avec les artistes, qui ont apporté leur univers personnel et artistique. Leur implication est notamment symbolisée par des moulages de leurs mains, parties du corps essentielles à leur art, une touche ludique que l’on retrouve comme des empreintes dans différents endroits du lieu.

Au coeur de Paris, à proximité des principaux lieux culturels et touristiques et des quartiers d’affaires, à deux pas de la Pinacothèque et de la place de la Madeleine, l’Hôtel du Triangle d’Or est un lieu inspirant et créatif. On peut, sans y séjourner, venir prendre son petit-déjeuner pour commencer la journée sur le bon tempo ou en soirée, prendre un verre et entrer dans la nuit, guidé par l’esprit de la musique.

L’Hôtel du Triangle d’Or disposera également d’un espace bien-être, en cours de mise en place.

Les espaces communs : la musique en partage

Au rez-de-chaussée, le lobby, le bar et la salle des petits-déjeuners donnent le ton avec partout des éléments de décoration et du mobilier spécialement créés par Philippe Maidenberg en hommage à l’une de ses passions : la musique.

Les mains des cinq artistes forment la poignée de la porte et, dès l’entrée, au sol, cinq étoiles de marbre blanc symbolisent les cinq musiciens qui ont inspiré l’hôtel et font écho à une longue suspension composée d’une multitude d’étoiles miroir, qui domine le desk et guide vers l’escalier principal. Les mains des artistes ont été moulées à l’occasion d’instants privilégiés : celle de Rickie Lee Jones, face à la mer Rouge, celle de Jacques Higelin un soir d’été dans son jardin et celle d’Archie Shepp après une répétition.

02(@ErikLarrieu)_S.jpgA droite, le desk, inspiré d’un flight case s’illumine de l’expression 'ON TOUR' en grandes lettres rouges, comme une invitation dans l’univers de l’hôtel du Triangle d’Or. Deux tabourets de piano placés devant une baie vitrée donnant sur la rue sont dominés par des luminaires suspendus en forme de chapeau melon, clin d’oeil à la musique anglo-saxonne.

A gauche en entrant, le mur est habillé par une scénographie qui rappelle celle d’un musée, mais qui montre la création d’un univers plutôt que l’accumulation des souvenirs. Ainsi, sont exposés une galerie de portraits, un film vidéo sur l’oeuvre de chacun des musiciens que l’on peut écouter avec un casque, assis sur un strapontin. Le visiteur est ensuite guidé vers un petit salon entouré d’un coffrage en forme de contrebasse et arrive vers la salle du fond, conçue pour être un bar en soirée et une salle de petits-déjeuners le matin.

03(@ErikLarrieu)_B.jpgOn accède aux chambres par un escalier principal, sur lequel est posé un tapis étoilé gris, gansé d’une bande rouge. Au mur, un papier illustré de visages de Fornasetti crée la surprise en proposant parfois ça et là celui de l’un des cinq musiciens qui ont inspiré l’hôtel du Triangle d’Or... Ou la pipe d’Archie Shepp malicieusement posée en contrepoint sur l’un des visages.

Les couloirs sont habillés de la même moquette étoilée et les mains en appliques lumineuses réveillent un papier peint gris argent gaufré de chez Designers Guild et des sous-bassements en papier noir gaufré.

6e et 5e étage : Rickie Lee Jones

L’ oeuvre, la voix et l’univers personnel de Rickie Lee Jones, connus dans le monde entier, ont amené Philippe Maidenberg à profiter de l’un des passages à Paris de la chanteuse pour lui proposer d’apporter sa touche personnelle à l’Hôtel du Triangle d’Or. Avec une grande générosité, Rickie Lee Jones a joué le jeu, partageant avec l’architecte, au gré de sa tournée mondiale, réflexions sur sa vie, sa musique, photographies et documents qui lui sont chers.

Philippe Maidenberg a réinterprété ces éléments dans les chambres du 5ème et du 6ème étage de l’Hôtel du Triangle d’Or. Le décor des chambres dédiées à Rickie Lee Jones recrée l’atmosphère à la fois studieuse et débridée des studios d’enregistrement. Selon les chambres, les têtes de lit sont une photo de planches de bois brut ou d’ampli imprimés, dominés par une série de polaroids fixés sur une corde par des pinces à linge, imprimés également et représentant des étoiles filantes, le désert, Erik Satie, Thelonious Monk, un cactus, des places de concert...

04(@ChristopheBielsa).jpgEn impression également sur le mur, un vieux transistor, une guitare, une rangée de disques 33 tours, des disques d’or, un magnétophone dessiné, un faux pupitre sur lequel sont posées une partition et une photo du père de la chanteuse. On retrouve aussi un dessin du contour de sa main et un croquis qu’elle a réalisé un soir au cours d’une conversation avec Philippe Maidenberg, en fredonnant une mélodie d’Erik Satie.

4e étage : Jacques Higelin

C’est une véritable rencontre qui a guidé la collaboration entre l’un des plus grands poètes et musiciens français et Philippe Maidenberg. La générosité de l’oeuvre et des concerts de Jacques Higelin se retrouvent dans l’implication et le temps qu’il a consacré au projet, avec de longues heures passées à discuter chez lui de l’amour, de la sensualité, du ciel, des planètes, tous les thèmes dans lesquels il puise son inspiration.

05(@ChristopheBielsa).jpgL’univers des chambres conçues avec la complicité de Jacques Higelin est à son image : poétique et aérien. Le mur, dont le fond est un nuage, est dominé par une grande spirale manuscrite de l’artiste reprenant les textes de ses chansons parmi les plus marquantes comme Champagne, Tombé du Ciel, Grain de Poussière. Une photo de son piano côtoie l’illustration d’un astronaute en référence à la passion de Jacques Higelin pour le ciel et à une chanson de son fils Arthur H., Cosmonaute Père et Fils.

Le mur est également ponctué de clins d’oeil à sa fille Izia, à sa femme Aziza et à sa carrière, avec des photos et des illustrations de ses disques d’or. On trouve également la reproduction de dessins de Dupuys et Berberian sur les égéries, muses et modèles, qui constituent l’un des titres du dernier album de Jacques Higelin Coup de foudre.

Les tissus, rideaux, plaids et coussins sont inspirés des costumes de scène de l’artiste, qu’il a essayé par jeu lors d’une séance de travail : des velours rouges, noirs, violets et bleu nuit.

3e étage : Archie Shepp

Une légende du jazz, un artiste engagé, des liens forts avec les plus grands comme John Coltrane, producteur de son premier album, Max Roach, Mc Coy Tyner, Chet Baker ou Frank Zappa. Chez lui, à Paris, en toute intimité, Archie Shepp a évoqué ses impressions sur la vie et la musique, l’importance des livres ou encore Rosa Parks, figure américaine emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale.

C’est l’élégance qui domine l’univers conçu avec Archie Shepp : l’élégance vestimentaire avec des flanelles, des chevrons, des pieds-de-poule, des rayures tennis et une gamme chromatique dédiée au gris et au bleu nuit ou au rouge sombre selon les chambres.

06(@ErikLarrieu).jpgAu mur, une grande mappemonde, en bois laqué découpé au laser, symbolise une vision personnelle du monde de l’artiste, faisant ressortir deux terres, l’Amérique du Nord et l’Afrique, cette dernière imposant son immensité. Autour, une pipe, un saxophone, un chapeau, la main dessinée d’Archie Shepp côtoient une silhouette de Tommy Smith, célèbre vainqueur des Jeux Olympiques de 1968 qu’il a marqué de sa main gantée et levée et de ses pieds nus.

2e étage : Manu Katché

L’implication de Manu Katché, l’un des plus grands batteurs de la scène mondiale, a été totale. L’artiste est entré dans le projet avec des réflexions personnelles précises sur l’univers qu’il voulait proposer. Il a joué un rôle important dans l’exécution même du décor qui lui est dédié, répondant avec une rapidité extrême à chaque demande ou sollicitation de Philippe Maidenberg, enrichissant sans cesse le concept avec un enthousiasme communicatif.

La batterie est au coeur du décor des chambres du 2e étage de l’hôtel du Triangle d’Or. Au mur, la tête de lit est une reproduction surdimensionnée d’une photo de son instrument prise par Manu Katché. Les tables de chevet sont des Tom Basse Yamaha et les appliques lumineuses sont des cymbales Splash offertes par Zildjian. Les badges d’accès backstage de l’artiste aux concerts de Peter Gabriel, Sting, One Shot Not, Youssou N’Dour ont été utilisés pour illustrer son étage.

07(@ErikLarrieu)_B.jpgLa gamme chromatique est à dominante noire, avec un tissu moiré pour les rideaux et des plaids en Tartan rouge.

1er étage : MC Solaar

L’un des premiers rappeurs français dont l’univers est à la fois urbain et poétique... Une rencontre qui a semblé naturelle à Philippe Maidenberg. Ouvert à la créativité de l’architecte, MC Solaar lui a laissé carte blanche pour créer un décor, après lui avoir donné les éléments fondateurs de son univers.

Pour les chambres dédiées au chanteur, Philippe Maidenberg a imaginé un décor très urbain et contrasté, dans des dominantes de noir, de gris et de blanc. Les dessins au mur, réalisés en collaboration avec un grand nom de la direction artistique, Michel Maidenberg, frère de l’architecte, reprennent des phrases de chansons de MC Solaar, rythmées par leur taille avec une référence à William Klein. Une photographie d’un cahier d’écolier et d’un stylo fait référence au talent d’écriture de l’artiste, à l’importance des mots dans son oeuvre. On trouve également une inscription manuscrite de MC Solaar autour d’une reproduction imprimée d’un disque d’or.

08(@ErikLarrieu)_S.jpgDans toutes les chambres, les portes des placards sont inspirées d’un flight case avec un revêtement rappelant le crin d’un cheval. La moquette est ponctuée selon les étages d’étoiles ou de mains des artistes. Les salles de bain à dominante blanche sont habillées d’un carrelage ponctué d’illustrations de touches de piano et de boutons de réglage dans un esprit ludique.

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