tos

Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Présentation | A Bovernier (Suisse), l'armure de Bonnard Woeffray (16-03-2011)

«Répondre à une logique de génie civil plus que d’architecture». Ainsi Denis Woeffray, de l’agence suisse Bonnard Woeffray, résume-t-il le parti architectural de l’école de Bovernier, en Suisse, livrée en janvier 2010. L’édifice de béton et d’aluminium se mêle à la topographie pour répondre aux contraintes du site. Retour sur «des stratégies de projet».

Extension | Bâtiments Publics | Education | Béton | Aluminium | Suisse | Denis Woeffray

L’agrandissement de l’école primaire de cette petite localité suisse a été conçu en opposition à l’édifice original datant des années 80. Faire face pour ne pas s’accoler ? L’extension était de fait impossible, la présence d’un abri de protection civil empêchant toute construction à l’endroit du bâtiment.

Erigé de l’autre côté de la parcelle donc, le nouvel édifice est relié à l’ancien par une passerelle et vient enserrer la cour.

Adossée à la colline, l’extension joue des particularités du site et, notamment, de son exposition aux risques d’avalanches. «Le concours nous imposait un bâtiment qui s’auto-protège», explique Denis Woeffray qui évoque volontiers son projet sous les traits d’une «armure».

«Nous voulions travailler avec une peau en continu», dit-il. Les façades sont donc en aluminium massif et le verre est à fleur avec le métal. Ainsi naissent jeux de réflexion et de miroitement qui permettent d’effacer l’architecture dans le paysage tout en recréant un apport de lumière sur les cours de récréation et salles de sport.

02(@HannesHenz)_B.jpg«Nous n’avons pas fait une architecture fine et ciselée. Elle est, au contraire, massive, imposante et reprend, avec le métal, le langage de la route», suggère l’architecte en évoquant «la force, la résistance et le rapport au danger» des glissières de sécurité.

De plus, le béton brut, selon lui, rassure et exprime autant la «dureté» que la «durabilité». Les architectes avaient pour ambition même de le «domestiquer». «C’est une démarche propre à notre bureau ; à partir du moment où nous traitons un matériau, nous le laissons tel quel, sans le recouvrir, sans le protéger, sans même le filtrer», note Denis Woeffray.

«Ce sont des pratiques en relation au thème et au lieu», précise-t-il. Et au programme d’une école primaire ? Si «la maîtrise d’ouvrage n’a pas eu de réticence», les architectes se sont efforcés d’opérer «des choix pour adoucir ce côté très brut du béton» notamment par des appoints de couleur sur le sol et le verre des portes.

03(@HannesHenz)_S.jpgLes éléments du programme se succèdent et s’enchaînent de manière logique. D’abord, la garderie puis, au centre, l’école primaire avec ses salles de classes, sa salle d’activités manuelles, sa salle des maîtres et sa bibliothèque et enfin un gymnase.

Dans un dessein de flexibilité et de rationalité, les parties du tout peuvent être déconnectées pour des usages multiples. Il s’agissait ici de proposer «une utilisation maximum» de l’équipement par les habitants et d’ouvrir notamment l’école à la gymnastique pour adultes.

04(@HannesHenz).jpg «Nous avons voulu créer des espaces riches dans un plan qui bouge en fonction du fond de pente», souligne l’architecte.

Ce projet pour l’école de Bovernier avait fait l’unanimité lors du concours et il fut construit tel quel, avec peu d’évolutions. Maître d’ouvrage, parents y ont adhéré. Ils peuvent aujourd’hui s’en féliciter.

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique 

Programme : extension de l'école primaire
Maître d'ouvrage : commune de Bovernier
Architecte : Bonnard Woeffray, Monthey
Collaborateur : Nuno Ferreira
Concours : 2007
Mise en chantier : juillet 2008
Livraison : décembre 2009
Surface : 1.300m²
Photographe : Hannes Henz, Zürich

Réagir à l'article


tos2016
elzinc

Portrait |Avec Michel Rémon, faire le mur !

Faire, agir, contempler… quelques mots d'ordre pour Michel Rémon. Toutefois l'architecture n'est pas le centre du tout. L'usager, l'habitant, le patient, le lecteur, le sportif… tous ces individus qui peuplent chaque construction...[Lire la suite]

elzinc novembre

Portrait |Il était l'architecte le plus dangereux du monde

L'appréciation n'est pas celle du Courrier de l'Architecte… mais du FBI. Sous la plume de son premier directeur, J. Edgar Hoover, elle cible un américain : Gregory Ain (1908-1988). Ses fréquentations teintées...[Lire la suite]


elzinc novembre

Portrait |Nuno Teotónio Pereira, le modernisme contre Salazar

Dans la lignée des reconnaissances tardives, après Frei Otto, lauréat du Prix Pritzker 2015, Nuno Teotónio Pereira s’est vu récompensé le 13 avril 2015, à 93 ans, du Prix de...[Lire la suite]

elzinc

Portrait |Rifat Chadirji, architecte en noir et blanc

Bagdad, aussi inconnue que méconnue. Des années de conflits armés ont détourné architectes, historiens et photographes d'une capitale moderne dont Rifat Chadirji en fut l'un des plus éminents acteurs....[Lire la suite]

elzinc novembre

Portrait |Avec Michel Rémon, faire le mur !

Faire, agir, contempler… quelques mots d'ordre pour Michel Rémon. Toutefois l'architecture n'est pas le centre du tout. L'usager, l'habitant, le patient, le lecteur, le sportif… tous ces individus qui peuplent chaque construction...[Lire la suite]

elzinc novembre

Portrait |La maquette sans Chichi ? Impensable!

Chichi. Antonio Chichi. Prononcez Kiki. Italien. Plus exactement Romain. Né dans le quartier de San Lorenzo, de parents pauvres. Rien ne le prédestinait à la célébrité si ce n'est son talent. Son oeuvre est...[Lire la suite]