Sang neuf en Loire-Atlantique ? L’agence TETRARC a paré l’école des arts de Saint-Herblain d’une enveloppe ajourée aux reflets dorés. Sous la peau anodisée, l’espace s’organise «comme un corps irrigué par un coeur central», selon les termes de Jean-Pierre Macé, architecte et co-fondateur, avec Michel Bertreux, Alain Boeffard et Claude Jolly, de l’agence nantaise.
L’organisation 'anatomique' de l’école des arts de Saint-Herblain, 4.000m² livrés en 2009, a sans doute distingué TETRARC lors du concours en 2006.
«Un équipement tel que l’école Saint Herblain regroupe nombre d’activités. A chacun sa chapelle et la principale difficulté d’un tel projet réside dans l’articulation des différents espaces», souligne Jean-Pierre Macé. Le programme commandait la construction d'une maison des arts constituée de plusieurs plateformes : école de musique, arts plastiques, arts visuels, bibliothèque, multimédia, tertiaire, accueil, un auditorium, le tout répondant à une démarche HQE.
D’où l’attention particulière, invisible depuis l’extérieur du bâtiment, portée à l’amphithéâtre, «sorte de coque incandescente destinée à l’école de Musique», positionnée au centre du projet. D’où l’analogie avec l’organe palpitant et le choix de tapisser l’espace de panneaux acoustiques rouge vif.
Précisément, la fonctionnalité de l’Ecole des arts de Saint Herblain repose sur deux principes fondateurs. Outre le positionnement central de l’auditorium, autour duquel sont répartis, au rez-de-chaussée, l’accueil, la bibliothèque, les salles de répétition et, à l’étage, les salles d’arts plastiques, l’espace multimédia et les bureaux, chaque salle forme «une entité autonome» autour de ce centre névralgique.
Afin de favoriser l’isolement tout en assurant la porosité entre les différentes activités, «le bâtiment est réparti sur deux niveaux avec des vues aménagées d’un niveau sur l’autre». En clair, l’espace central est cerné, au rez-de-chaussée comme à l’étage, de coursives distribuant les différentes salles, «sorte de rue intérieure menant jusqu’en terrasse».
«Cette rue isole du bruit, protège des nuisances les plateformes voisines. L’isolement est utilisé comme isolation phonique».
Autre enjeu essentiel : «ouvrir l’école à un quartier inscrit en zone ANRU, faire en sorte que la population du quartier s’approprie le bâtiment». Objet sans doute de curiosité, le monolithe enveloppé d’aluminium anodisé repose sur un rez-de-chaussée transparent «ouvrant largement le centre des arts sur le quartier».
Ceci expliquant cela ? «Le bibliothécaire nous dit que l’école des arts accueille aujourd’hui plus de monde que la bibliothèque municipale», souligne l’architecte.
Sous la peau, TETRARC a peint le corps en béton de différentes couleurs, selon les activités. En écho au jeu de couleur extérieur, un escalier enveloppé de lames de rotin en partie colorées trône au sein du hall d’accueil telle une composition géante. «Cet objet artistique permet d’unir fortement le rez-de-chaussée et l’étage», explique Jean-Pierre Macé.
«Se prêtant bien aux courbes», les lames de rotin tapissent également la salle de musique et le studio d’enregistrement.
Des formes organiques qui répondent à «une volonté de marquer le contraste avec un aspect extérieur très géométrique». Elles se retrouvent en plan, dans le dessin des coursives mettant en relation rez-de-chaussée et étage. En plan comme en volumes, «ces formes douces permettent de jouer sur la notion de coeur et de corps». Analogie anatomique réitérée ; Humains, trop humains, les architectes de TETRARC ?
En tout cas, soucieux de préserver autant que d’accueillir. «Il s’agissait d’implanter le bâtiment en réservant autant que possible le site». Par ailleurs, «la résille métallique s’interrompt à l’arrière du bâtiment car, dès le concours, une extension était prévue pour une salle des musiques actuelles. Nous avons donc conçu un bâtiment certes fini mais également prêt à recevoir la suite du projet».
Emmanuelle Borne
Fiche technique :
Programme : Construction d'une maison des arts constituée de plusieurs plateformes : école de musique, arts plastiques, arts visuels, bibliothèque, multimédia, tertiaire, accueil, un auditorium, répondant à une démarche HQE.
Surface : 4.457m²
Coût : 8,3M€ HT
Calendrier : Etude : 2006 - 2007 / Réalisation : 2008 - 2009
Maître d’Ouvrage : Ville de Saint-Herblain
Architecte : TETRARC architecte mandataire [Jean-Pierre Macé et Michel Bertreux directeurs de projet, Rémi Tymen chef de projet] ; Pacteau architectes économistes associés.
Ingénieur Structure : IBA
Ingénieur Fluides : AREA
Scénographe : Dumont Dursent scénographe
Acousticien : SERDB
Plasticien lumière : F. Magos
Référent HQE : Exam
Pour Jean-Baptiste Pietri, la maison dite des 'bains de mer chauds' préfigure sa manière d’aborder l’architecture. «Elle exprime mon idéal bien mieux que des mots», dit-il. Livré en 2008 à...[Lire la suite]
_B.jpg)
«Ne pas parachuter un objet» au sein d’une zone pavillonnaire, tel était le présupposé de Caroline Djuric et Mirco Tardio, chargés de reconstruire une maison à Antony (92). Afin de répondre...[Lire la suite]
_B.jpg)
Laurent Savioz (Savioz Fabrizzi Architectes) a signé un projet délicat proposant l'adaptation, sinon la modernisation, d'un habitat rural dont la conception rudimentaire promettait un chantier difficile. Plus qu'un projet...[Lire la suite]
_B.jpg)
«Je reprends avec bonheur ma chambre argentique. Et mon voile noir. Indispensable pour y voir clair. Large morceau de tissu, noué vrillé autour de ma taille. J'aime faire ce geste : le dénouer, le défroisser dans mon...[Lire la suite]
_B.jpg)
Corinne Vezzoni a livré en 2012 une villa sur les hauteurs du golfe de Porto Vecchio. Discrète, la construction domine son site rocheux, longtemps jugé «inconstructible». De fait, la maison repose sur des rochers...[Lire la suite]
_B.jpg)
Audacieuse reconversion imaginée par Maurice Sauzet en Corse, cette villa se niche sur les ruines d’un ancien fort génois. Rien ne laisse présager un tel pari architectural. Préservant un «sentiment de...[Lire la suite]
_B.jpg)