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Angola | Luanda, la nouvelle cathédrale de l'immobilier (20-04-2011)

Francisco Moraes Sarmento signe pour Exame, revue généraliste angolaise, dans son édition du 20 avril 2010, un article sur la Torre Ambiente, l’un des projets immobiliers les plus ambitieux de Luanda, la capitale du pays. La construction aux prestations luxueuses compte les appartements parmi les plus chers au monde. La livraison est prévue dans quelques mois.

Tours et gratte-ciel | Logement collectif | Bureaux | Verre | Afrique | Luis Marvão

Contexte
Quand la guerre civile a débuté en 1975, Luanda comptait à peine plus d’un demi-million d’habitants. Aujourd’hui, ce chiffre a plus que décuplé et depuis 2002, date à laquelle prit fin le conflit, la ville connait un essor immobilier sans précédent.
Le boom pétrolier n’est pas étranger à la pression foncière et au développement vertical de la capitale angolaise. Dans ce contexte, le patrimoine colonial n’est que peu considéré et les destructions massives sont regrettées par l’Instituto Nacional do Património Cultural (INPC). L’horizon luandais change. Les grues se multiplient. Luanda est désormais la ville la plus chère du monde selon le cabinet d’études Mercer.
JPH

LA CATHÉDRALE DE L’IMMOBILIER
F. Moraes Sarmento | Exame

Luanda - Qui va sur la Marginal de Luanda et se dirige au Largo do Ambiante pourra voir à sa gauche la discrète église de Nossa Senhora da Nazaré (Notre-Dame de Nazareth). Construite en 1664, elle est la plus ancienne de Luanda et, pour beaucoup, la plus charismatique. Le temple était un lieu de pèlerinage pour les «caluenses» (les gens de la mer). Monument national, l’église est connue pour ses azulejos et pour la «santa negra», Santa Ifigénia da Etiópia.

Mère Catarina, femme d’allure vive au visage joyeux et souriant, nous affirme que la vénération de Notre-Dame de Nazareth - Mama Nasi pour les croyants - a des aspects miraculeux non reconnus par d’autres cultes à la Vierge, soit à Fatima (Portugal) ou à Guadalupe (Mexique).

02(@ErikClevesKristensen)_S.jpgFinie l'époque où le temple était baigné par les eaux de la baie. Aujourd'hui, dans les terres, à quelques mètres de la mer, l’église se présente comme un refuge spirituel en ville. «De toutes confessions religieuses mais aussi avec ou sans foi les gens s’en retournent vers Mama. Même les plus mauvais viennent nous rendre visite avant de commettre un crime», s’amuse Mère Catarina. «Notre-Dame de l’affliction», «Notre-Dame de la fertilité» sont les autres noms que les croyants donnent à l’église selon les problèmes qu’ils présentent à la vierge. «Et il y a même ceux qui ont recours à elle pour les affaires», nous dit-elle.

Un nouveau temple de l’architecture moderne

L'allusion au monde des affaires est justifiée. A quelques mètres de la petite église, un imposant bâtiment de 28 étages saute aux yeux. Haut de 120 mètres, il est surmonté d'un héliport. Le contraste est évident entre les lignes courbes du clocher et les lignes plus dures et contemporaines d’un gratte-ciel moderne, dont les 40.000 mètres carrés marquent le profil de Luanda.

Cette nouvelle «cathédrale» de l'immobilier s’appelle Torre Ambiante, un nom donné par son promoteur, CR roca. Formée par trois entrepreneurs, cette société a fait ses preuves en Angola : Joseph Christopher, propriétaire du célèbre Hôtel Président, Carlos Serralheiro, responsable du secteur transport et logistique et Roger Léonard, promoteur de l’immeuble Rey Katyavala. Marco Cardoso, directeur marketing CR Roca, souligne que «l’entreprise prétend, en ville, être une référence en matière d'adresse, de construction de qualité et d’architecture».

03(@DR)_S.jpgLes traits de l'immeuble sont quant à eux nés de la planche à dessin de l'architecte Luis Marvão, auteur de projets exemplaires dans d'autres pays tels que l'Hôtel Mirage à Cascais, Portugal. «La Torre Ambiente est un édifice marquant. Il est remarquable pour sa qualité de construction, sa taille et sa présence dans la ligne d'horizon de Luanda», affirme Luis Marvão ajoutant : «Sa forme permet l'intégration au site et un dialogue étroit avec l'environnement».

A ce sujet, Marco Cardoso note : «Les architectes ont pu profiter d'un emplacement unique et d’une vue inédite». Outre les salles spacieuses et hautes, l'une des caractéristiques les plus appréciées du bâtiment est l'absence de murs extérieurs. «La maçonnerie a été remplacée par du verre, ce qui permet aux futurs habitants d’apprécier constamment l'immensité de l'horizon et fournit la lumière naturelle aux appartements», souligne le responsable du marketing de l'entreprise.

Livraison au premier semestre 2011

La Torre Ambiente se compose de 90 appartements de types T1 à T5 allant de 93 et 1.167m². Au total, le bâtiment offre 21.900 mètres carrés dédiés aux logements de luxe (19 étages), répartis comme suit : 4 T5 en duplex, 30 T4, 16 T3, 24 T2 et 16 T1. Les six premiers étages de la Torre Ambiente sont conçus pour abriter des bureaux. Le prix du m² s’élève à 8.000$. [...]

Mais l'«image de marque» de la Torre Ambiente réside dans ses luxueux T5 en duplex avec une surface allant de 995 à 1.167m² comprenant piscine, terrasses ainsi qu’une superbe vue sur la baie de Luanda. Le prix de vente de ces appartements (quatre au total) est de 9.995 millions de dollars. A cet égard, Marcos Cardoso a souligné que «le prix du mètre carré se situe dans le marché des logements de luxe».

L’appartement le moins cher se situe au huitième étage. Il s'agit d'un T1 de 93m² à 930.000$. Ces valeurs sont comparables aux bâtiments les plus chers au monde tels que la Donald Trump Tower à Manhattan.

04(@ ErikClevesKristensen)_B.jpg7e étage : entre bureaux et logements, un plateau de 1.100 mètres carrés offre restaurant panoramique, terrasse, salle de gym, spa et piscine extérieure : «un lieu exclusif pour la détente», déclare Marco Cardoso. La terrasse est en bois et surplombe la baie de Luanda.

Au niveau de la rue, de grandes vitrines marquent l’espace. Au total, 2.800m² sont dévolus au commerce. Sous terre, la Torre Ambiente dispose de cinq sous-sols de stationnement pour 300 voitures. Les promoteurs prévoient la livraison de l’édifice au premier semestre 2011. «Le bâtiment prendra vie et sera à même de répondre aux défis du siècle en termes de qualité de vie, de technologie et de sécurité», a fièrement déclaré Marco Cardoso.

Francisco Moraes Sarmento | Exame - Angola
20-04-2010
Adapté par Jean-Philippe Hugron

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