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Présentation | Musée du sel de Salins-les-Bains : un fil d'Ariane rouille pour l'or blanc (08-06-2011)

Le Musée du sel de Salins-les-Bains (Jura), livré en mai 2009, est un volume en Corten lové au creux de vieilles pierres gorgées de sel. L’apparente sobriété de l’ouvrage est le fruit d’un travail de rénovation-extension réalisé par l’agence Malcotti-Roussey, en collaboration avec Thierry Gheza et représente la première émergence «d’un projet particulièrement complexe».

Extension | Rénovation | Bâtiments Publics | Culture | Corten | | SCP Malcotti-Roussey

Avec ses 1.000m² - dont une boîte aux tons rouille de 150m² - répartis sur deux étages, «le musée du sel de Salins-les-Bains ne représente que la première phase de la mise en valeur de l’itinéraire muséographique du site de production des salines de Salins-les-Bains», précise Michel Malcotti.

«Impossible de parler des salines de Salins sans évoquer celles d’Arc-et-Senans, liées l’une à l’autre par un système de saumoduc», dit-il.

En effet, afin d’approvisionner les premières en bois servant de combustible au procédé d’extraction du sel, les deuxièmes sont construites à la fin du XVIIIe siècle par Claude-Nicolas Ledoux à proximité de la forêt de Chaux. Alors que les salines d’Arc-et-Senans sont inscrites à l’inventaire de l’UNESCO depuis les années 1980, le site de production de Salins-les-Bains, unité industrielle plutôt qu’oeuvre architecturale, ne le fut qu’en 2009.

«La fin des activités de production au début des années 1960 ne fut pas suivie d’une véritable reprise en main patrimoniale», souligne Michel Malcotti.

En 2006, l’agence Malcotti-Roussey (Michel Malcotti et Catherine Roussey), en collaboration avec Thierry Gheza architecte, remporte la compétition organisée par la ville de Salins-les-Bains. Ce concours vise, d’une part, «à remettre en valeur l’itinéraire muséographique en concordance avec le circuit de production du sel».

«Composé de différents édifices en surface ainsi que d’une galerie de 300 mètres de long en sous-sol, le site est un véritable patchwork au sein duquel on circule de manière fragmentée», précise Michel Malcotti. Rien n’indique l’itinéraire à suivre ni même l’entrée du site.

Conçu à l’origine pour protéger 'l’or blanc', l’ensemble est une véritable forteresse au sein de la ville. Or, 70% des bâtiments situés en surface furent démolis dans les années 1940, «d’où un grand vide au coeur de Salins-les-Bains».

02(@MalcottiRousseyGheza)_S.jpgBref, «l’objectif du concours était d’autre part de mener une réflexion urbaine tout en mettant en valeur l’itinéraire muséographique», souligne l’architecte.

«Nous n’avons pas cherché à occuper les vides du site», dit-il. D’où l’idée, pour le Musée, de «loger» la boîte en Corten au sein des pierres existantes, lesquelles furent en partie restaurées, en partie laissées en l’état, sur les conseils de l’archéologue intervenu lors du chantier.

«Il nous a alerté que l’un des murs que nous comptions restaurer était, avec ses strates accumulées au fur et à mesure des années, un véritable livre ouvert». Dit autrement, outre les pièces exposées, «aujourd’hui, le musée expose ses propres murs».

A la minutie des interventions fit écho un suivi de chantier assidu et des réajustements permanents. «Pour le Musée, nous avons revu le projet quatre fois en cours de route et nous nous relayions au moins deux fois par semaine sur place».

Le Corten fit également l’objet des soins des architectes. «Nous voulions un Corten pré rouillé mais, la boîte servant également d’auvent d’entrée, il fallait éviter les coulures d’eau salies. Nous avons donc enduit le Corten d’huile de lin qui se lave progressivement au fil du temps, laissant apparaître les tons du matériau».

Des nuances contrastant avec les pierres saturées de sel. «Dans la mesure où l’extension est discrète, nous avons choisi un matériau permettant de l’identifier», explique Michel Malcotti.

Une façon de «boucler la boucle» du parcours touristique et de conférer au site une entrée digne de ce nom.

03(@NicolasWaltefaugle)_S.jpgDe l’espace d’exposition au musée à ciel ouvert. «Avec des éléments en bois, le Corten, mis en oeuvre à différentes échelles au fur et à mesure des restaurations, servira de fil d’Ariane orientant le parcours du visiteur», dit-il.

Mais, avant l’espace urbain «qui se superpose au périmètre des Salines», la prochaine étape d’intervention portera sur la galerie. Composée d’arches et d’arcs superposés au fil du temps, Michel Malcotti évoque à son sujet une véritable «cathédrale souterraine».

Là aussi, le métal rouillé jouera son rôle indiciel. «Des passerelles en Corten franchiront le cours d’eau qui parcoure la galerie».

«Faire voir plutôt que montrer» : le crédo de l’équipe Malcotti-Roussey- Gheza prend son sens dessous comme dessus.

Emmanuelle Borne

04(@NicolasWaltefaugle)_B.jpg Fiche technique

Type d’intervention : Rénovation des anciennes salines et création du musée du sel
Adresse : Rue de la République | 39110 Salins-les-Bains
Concours : mars 2006, trois tranches
Travaux : septembre 2007 - mai 2009, livraison 1ère tranche
Shon construite : 668m²
Montant des travaux 1ère tranche : 2.424.000€ HT
Montant estimatif global des trois tranches : 6.570.000€ TTC
Maitre d’ouvrage : Ville de Salins-les-Bains
Equipe de Maîtrise d’oeuvre : Architectes : Michel Malcotti + Catherine Roussey + Thierry Gheza (2 agences : SCP Malcotti-Roussey et Thierry Gheza architecte)
Muséographie : Itinérance + Thierry Gheza
Conception et réalisation graphique et infographique : Pascaline Minella+Christophe Gaudard
BE éclairagiste : Scenergie
Paysagiste : Fabienne Méline
BE thermique-acoustique : Image et calcul
BE structure : Cetel
BE électricité : Enebat
Bureau de contrôle : Socotec
OPC : Ingébat
Coordinateur SPS : Véritas

Réactions

nathalie | 74 | 03-04-2014 à 16:10:00

Bonjour.
J'ai exactement la même question que Jean-Noel... Merci de votre réponse.
cdt

JEAN-NOEL | PARTICULIER | DOUBS | 15-03-2013 à 16:59:00

Bonjour
Serait-il possible de connaitre l' entreprise qui vous a réalisé les aciers Corten
Salutations et merçi d' avance

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