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Visite | Géométrie : la manipulation de Colboc Franzen & Associés (07-09-2011)

Singulier, le Centre Social de l’Arbrisseau, livré en juin 2011, propose de mettre «du beau» dans «les quartiers» de Lille. A la complexité programmatique, l’agence Colboc Franzen & Associés (Benjamin Colboc, Manuela Franzen et Arnaud Sachet) répond par une «manipulation géométrique».

Bâtiments Publics | Aluminium | Lille | Colboc Franzen & Associés - CFA

Sur le carton d’invitation, la presse était invitée à découvrir le nouveau centre social de l’Arbrisseau à Lille. Pour attiser la curiosité, une photographie, celle de l’édifice à la superbe métallique et à l’étrange forme suspendue. Rendez-vous Gare du Nord, direction Lille Flandres. RSVP.

«Cette réalisation fait partie d’une même famille de projets faisant appel à une manipulation géométrique du programme», précise Benjamin Colboc. L’Arbrisseau propose l’amorce d’un hélicoïde. Un air, peut-être, de déjà vu. MVRDV, le Gyre Center, Tokyo, par exemple ?

Selon l’architecte, le parti volumétrique s’est rapidement révélé : «il y avait comme un hiatus entre le programme technique* et les attentes des usagers. Cette différence présageait quelque chose de plus complexe», explique-t-il. La solution était donc dans la forme ou, plus exactement, «dans la relation espace / structure / forme».

L’agence, forte de ses convictions, était néanmoins persuadée lors du concours qu’il s’agissait là «d’une machine à perdre bien que le dessin répondait à ce que la maîtrise d’ouvrage espérait en terme de lieu», confie Benjamin Colboc.

02(@Raftery)_S.jpg Surprise ! Colboc Franzen & Associés est désignée lauréate en mai 2008. «Le projet reste modeste en terme de prestation. Nous avons assuré l’équilibre», soutient l’architecte.

Après seize mois de chantier, l’Arbrisseau surgit au sein d’un quasi no man's land. Au coeur d’un quartier de Lille trop longtemps déshérité de toute attention, le nouvel équipement annonce un renouveau.

«Dans cette histoire, nous devions proposer une image forte et non reproduire la brique des faubourgs», indique l’architecte.

Ce sera donc un aluminium brut, «assez précieux», tant pour réfléchir la lumière que pour attirer les regards et, sans doute, éveiller l’imaginaire. Aussi, Benjamin Colboc se plait à évoquer la figure d’un vaisseau spatial.

Toutefois, c’est dans la concertation que le rôle iconique de l’édifice s’est matérialisé et si le quartier arbore le toponyme d’Arbrisseau, il demeure associé, pour ses habitants, à l’image même de l’arbre.

03(@Raftery)_S.jpgDe fait, les architectes jouent des représentations collectives et composent au centre de l’édifice une frondaison de béton résultant de diverses contraintes structurelles. Benjamin Colboc réfute alors «toute astuce plastique».

A l’intérieur donc, un noyau central, porteur, en guise d’atrium. Autour, les différents éléments du programme s’articulent en spirale.

«Les usagers avaient exprimé le désir de sortir, d’avoir une relation de plain pied avec l’extérieur», se souvient l’architecte. Face à l’attente certaine, le parti adopté prône donc, pour la plupart des éléments du programme, un prolongement extérieur.

Surtout, plus qu’une simple relation dehors/dedans, la proposition ouvre la possibilité de parcours diversifiés et, de fait, l’atrium n’est en aucune façon un passage obligé. Il s’agissait pour les architectes de «faciliter les usages entre équipements, de mutualiser et de mettre en relation les espaces». Dès lors, une occupation tardive de la salle de prêt n’est plus impossible.

«L’idée, outre de n’avoir ni avant, ni arrière, est d’évoquer l’image de la promenade. Les espaces extérieurs sont un plus où la vie collective peut s’exprimer», estime Benjamin Colboc.

04(@ColbocFranzenAssocies)_S.jpgL’édifice semble se déhancher. Arnaud Sachet préfère quant à lui évoquer un «bâtiment creusé d’une faille sans poteau».

L’audace structurelle est de mise ; la partie inférieure est en béton, au-dessus, la charpente est métallique.

De haut en bas, l’édifice fait montre d’ingéniosité et de bon sens.

Plus encore, il témoigne d’une générosité spatiale. Les escaliers extérieurs offrent, en-dessous et au-dessus, des volumes résiduels que les architectes ont pris plaisir à utiliser.

Les bibliothèques se retrouvent agrandies de gradins, lesquels sont autant de possibilités de transformer l’espace en un lieu de projection improvisé. Enfin, les doubles hauteurs sont prétextes à des jeux de transparence et de regards pour une meilleure mise en relation de toutes les tranches d’âge usant des lieux.

Optimiste, l’Arbrisseau. S’il fut, de par son audace, un risque pour la maîtrise d’ouvrage, la voici désormais récompensée d’un équipement exemplaire. Bref, un succès.

Jean-Philippe Hugron

Programme :
* R-1 : Locaux techniques + 8 places de stationnement
* RDC : Hall, Protection Maternelle et Infantile, Multi-accueil, jardin
* R+1 : Centre de Loisirs sans hébergement Maternel, Espace 6-12 ans, terrasse
* R+2 : Espace 12-16 ans, salle polyvalente, Espace adultes, terrasse
* R+3 : Administration, logement de fonction, terrasse belvédère.

Fiche Technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Lille
Montant des travaux : 4.076.000€ HT

Surfaces :
* Superficie de la parcelle : 2.030m²
* Surface utile : 1.190m²
* SHON : 1.779m²
* SHOB : 2.927m²

Maîtrise d’oeuvre
Colboc, Franzen & Associés : Benjamin Colboc, Manuela Franzen, Arnaud Sachet.
Equipe : Ulrich Faudry, Kerstin Heller, Bruno Sarles, Emmanuel Villoutreix, Lena Weis.

Calendrier :
* Concours : octobre 2007
* PC : février 2009
* Début du chantier : novembre 2009
* Date de livraison : juin 2011

Réactions

Isa | 07-09-2011 à 19:40:00

En voilà une architecture prometteuse, pourvu qu'on continue.

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