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Cahier Spécial - Allemagne

Actualité | Lumière sur les images, Realities:United (28-09-2011)

Fondé par deux frères, Jan et Tim Edler, Realities:United, studio d’art, d’architecture et de technologie, promeut depuis Berlin une production dynamique. Connue et médiatisée depuis la mise en lumière du KunstHaus de Graz, l’agence multiplie les prises de position. Tim Edler, de but en blanc, prévient : «la lumière n’est pas notre spécificité».

Design | Berlin | Realities:United

Berlin, Potsdamerplatz, novembre 2005. Le lieu de l’effervescence retrouvée fut, un temps, le cadre d’une audacieuse installation. 'Spots', conçue par Realities:United, permit, quelques mois durant, de capter l’attention sur un immeuble de bureaux vacant. «Nous travaillons sur des bâtiments ou des façades. Nous sommes en deçà, en dessous, autour de l’architecture», explique Tim Edler. Pour cette jeune agence berlinoise, dix ans à peine, aucun projet de construction.

L’histoire commence, plus ou moins, en Autriche. Graz, capitale européenne de la culture 2003, invita Peter Cook à signer un édifice exceptionnel aux allures organiques. Huit mois avant la fin du chantier, un concours fut lancé pour faire de ce musée un établissement moderne en intégrant la technologie à l’art.

«Nous avions initié à l’époque une réflexion sur la manière dont nous pourrions communiquer avec l’édifice. La lumière est quelque chose de compréhensible et d’'appréhendable' par tous. Elle est un moyen de donner un aspect actif et de transformer un édifice en média», explique Tim Edler. Ici, «la difficulté était d’intégrer un concept architectural dont la paternité nous était étrangère», dit-il.

Le résultat est spectaculaire et lance les architectes sur la voie de collaborations multiples. «Nous n’avons jamais développé un édifice du début jusqu’à la fin. Nous participons à des projets existants», poursuit l’architecte. Les associations sont fructueuses et désormais Realities:United travaille avec BIG, Dominique Perrault, Nieto Sobejano, etc.

02(@DR)_S.jpg «Chaque installation devient partie de la construction», explique Tim Elder. En d’autres termes, l’architecture devient support. Pérennes ou temporaires, les projets de Realities:United n’expriment pas une finalité et les deux frères d’insister sur la notion même de média. «Il faut produire un contenu dynamique», disent-ils.

La pensée est désormais plus globale qu’elle ne l’était aux premières heures quand les deux jeunes architectes travaillaient plus fréquemment avec des artistes.

«De telles collaborations nécessitent la constitution de plateformes coûteuses dont la gestion est complexe. De plus, la participation a posteriori d’artistes pose la question de ses droits d’auteurs. Bref, c’est la même chose que de construire un musée et de le faire tourner», disent-ils.

03(@DR).jpgSi ces deux architectes ne veulent en aucune façon se résumer à leurs installations lumineuses, ces dernières n’en portent pas moins l’essence de leur parti, à savoir une forme dynamique de promotion de l’ouvrage.

Et quand bien même des artifices lumineux muent tout édifice en une architecture variable et dynamique, Jan et Tim Edler soutiennent plus largement le changement de perception.

«Nous sommes opportunistes», clament-ils. Terrain de réflexion(s), la Spree. L’étroite rivière traverse Berlin de part en part. «Ce lieu n’a aucune fonction particulière, d’où l’opportunité d’un développement artistique», explique Tim Edler. Certes. «Muséification !», dénoncent les deux frères.

Et Jan et Tim Edler de proposer de reconvertir le Kupfergraben, bras de la rivière longeant l’île des musées, en piscine. «Nous ambitionnons de diminuer la division mentale entre le Berlin de tous les jours et le Berlin de la représentation publique, celui des touristes et des agences fédérales», disent-ils.

04(@DR).jpg «Le quartier du Château est un sujet sensible dominé par le conservatisme», notent-ils. Le projet dont ils sont à l’initiative, lauréat du prestigieux Holcim Awards Gold 2011, prend désormais des atours politiques. Des discussions avec les autorités sont en cours.

«Nous cherchons à démontrer les différentes façons dont Berlin pourrait se développer. Nous ne cherchons donc pas à créer ou recréer une image juste. Les villes se construisent aujourd’hui à partir d’une idée et doivent s’y conformer. Nous créons une illusion», soutient Tim Edler.

«L’image doit être différente et doit fondamentalement apporter une autre fonction ; 99% de l’architecture médiatique n’est pas dynamique», poursuit-il.

Si, outre-Rhin, la capitale allemande se révèle exemplaire en matière d’activité et d’architecture, vue de l’intérieur, elle se montre peu ou prou en proie aux mêmes forces indésirables que partout ailleurs.

Realities:United défend donc la vision d’une ville dynamique, changeante, ne reposant pas plus sur le culte de l’image que sur une culture de l’éphémère. Il s’agit pour ces deux frères de saisir chaque occasion et de les exploiter. Oui, ils sont opportunistes.

Jean-Philippe Hugron

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