Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Visite | Joly&Loiret, capitaines paddocks (02-11-2011)

En 2007, l'agence Joly&Loiret est lauréate d’un concours singulier : l’extension et la rénovation du site du Grand Parquet de Fontainebleau. Inauguré en 2011, les deux associés ont conçu un stade équestre, l’un des plus grands d’Europe, dont la présence au sein de la célèbre forêt francilienne paraît «naturelle». «Nous avons proposé des solutions contextuelles et organisé la spatialité du site», expliquent-ils.

Extension | Rénovation | Bâtiments Publics | Sport | Fontainebleau | Joly&Loiret

Sur la route de Fontainebleau, Paul-Emmanuel Loiret et Serge Joly s'émeuvent toujours de la présence soudaine, au détour de la D607, d'une tour d’habitation, malheureuse dans le paysage forestier des alentours de la ville royale.

Le duo, remarqué en 2010 lors d’une nomination au Prix de la première oeuvre, avait fait montre à Hossegor, près de Biarritz (64), d'une sensibilité rare en terme d'intégration au site. 'Les Ganivelles' abritent aujourd’hui la Fédération Française de Surf et un restaurant gastronomique. Prises dans les dunes, elles semblent s’y fondre.

A Fontainebleau, les deux jeunes architectes poursuivent cet idéal. L'ambition était de taille. Pour l’extension-rénovation du Stade Equestre du Grand Parquet, ils ont conçu, sur 25 hectares, un projet qui met en relation «le caractère spécifique de la forêt avec le monde hippique», raconte Paul-Emmanuel Loiret.

Face à Paul Andreu, notamment, leur sensibilité quant au territoire séduisit le jury et Joly&Loiret sont désignés lauréats en 2007 à l’unanimité. De fait, les deux architectes ont inauguré en octobre 2011 une «architecture-paysage».

02(@FPerrot)_S.JPGUne visite de chantier, au printemps 2011, était l’occasion de remarquer, dès l'entrée, des changements profonds et radicaux. «Avant, c’était le désert d'Atacama : du gravier blanc sur l'équivalent de trois à quatre terrains de foot. Nous voulions retrouver du paysage et surtout calmer l'impact des véhicules», souligne Paul-Emmanuel Loiret.

L'enceinte franchie, les pins maritimes prolongent désormais la forêt et révèlent le souhait partagé avec l'agence de paysagistes MAP «de s’intégrer à et de préserver la faune et la flore du lieu». La demande était expresse tant de la part de l’ONF, des ABF que du Ministère de l’Environnement sur ce site protégé.

Au-delà de l'impact visuel d'un vaste programme pour lequel «l'utilisation d'un vocabulaire forestier» a été privilégiée, l'enjeu résidait dans l'articulation des divers éléments du centre équestre, dans l'organisation des circulations et, par-dessus tout, dans la gestion des flux.

En effet, lors d’une compétition, jusqu’à 700 chevaux peuvent être présents sur un site accueillant une dizaine de milliers de visiteurs en un week-end.

D'une première analyse, Joly&Loiret ont constaté le désordre de la situation préexistante. «Il fallait séparer les flux véhicules piétons et chevaux, identifier les différentes zones programmatiques et regrouper les terrains de compétitions».

Pour ce faire, les architectes ont mis en place un dispositif de boucle piétonne autour des carrières avec passages et passerelles qu’aucune marche n’entrave afin que les visiteurs puissent assister aux différentes étapes de la compétition. Cette «grande boucle piétonne» est devenue alors «la colonne vertébrale du projet».

03(@MDenance)_S.jpgA mesure du parcours, paddocks, carrières et clairières sportives s’offrent au regard, parfois même en surplomb. D’aucuns peuvent ainsi assister aux entrainements et poursuivre la promenade jusqu’au toit du bâtiment principal desservant les gradins et les tribunes.

A l’origine, le site offrait une tribune inadaptée construite dans les années 40. «Nous avons pris le parti de décaler l’emprise de l’ancienne tribune pour que les spectateurs y prenant place puissent voir l’ensemble du site», précisent les architectes. De fait, compétitions et entrainements deviennent un même spectacle.

«Unifier le site» était un mot d’ordre, «l’embrasser», une ambition. «Nous voulions avoir une assise tout autour du terrain. Alors que le merlon décline, les lignes viennent mourir dans le paysage», souligne Paul-Emmanuel Loiret. La butte s’arrêtait brusquement ; les architectes ont pris le parti de la prolonger.

Le relief permet donc de trouver place à même le sol ou sur les gradins et de bénéficier d’une vue sur l’ensemble.

La tribune poursuit la topographie et s’inscrit visuellement dans une continuité. Au sud, une façade végétale inclinée confond le bâtiment avec les buttes engazonnées. Au nord, face au parquet, gradins et tribunes, tout de bois, soulignent la courbe du site sans aucun heurt.

04(@MDenance)_S.jpgLa tribune se signale par une toiture dont la sous-face métallique brille et contraste avec la butte en bois.

En-dessous, trois éléments programmatiques. Le restaurant, le commissariat général offrant, entre autres, plusieurs salles de réunions et enfin le centre des affaires équestres composé de bureaux et d’ateliers sont reliés par une coursive extérieure.

Continuité fonctionnelle, conceptuelle et formelle avec l’environnement caractérise un parti respectueux du site.

A Fontainebleau, 'Les Ganivelles' ne sont pas loin. Alors, un prix de la deuxième oeuvre ?

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Contexte : Forêt de Fontainebleau
Condition : concours public
Maitrise d’ouvrage : Communauté de communes Fontainebleau-Avon
Surface : 2.000m² SHON + 25ha paysage
Budget : 9.3 millions d’euros HT (tribunes et paysage inclus)
Lauréat en juin 2007
Livraison en 2012 (phases)
Mission : Archi. Mandataire et HQE

Maitrise d’oeuvre :
Joly&Loiret (architecte mandataire + HQE)
EVP (lot structure)
Alto (lots techniques + HQE)
Forgue (économiste de la construction)
MAP (paysagiste)
Urbatec (vrd)

Réagir à l'article


Album-photos |L'année 2018 de Naud et Poux Architectes

2018, c’est trois livraisons significatives : 81 logements pour personnes âgées à Lyon, 37 logements en accession sociale à Gennevilliers et l’aménagement des espaces intérieurs du 55 Amsterdam....[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Philéas

Cette année, Philéas a soufflé ses 25 bougies et se développe joyeusement : une équipe maintenant de 25 collaborateurs, renforcée par un pôle image et un pôle communication, des projets autour de...[Lire la suite]


Album-photos |L'année 2018 de Gaëtan le Penhuel & Associés

Dans le nouveau quartier de la Confluence à la pointe de la presqu’île lyonnaise, l'atelier d'architecture Gaëtan le Penhuel & Associés a livré en 2018 un projet au programme mixte réparti en deux...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Bechu & Associés

Une année riche en projets à toutes les échelles (urbaine, architecturale et intérieure avec notre équipe Volume ABC) pour notre agence familiale et internationale qui se prépare à fêter ses 100...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Marjan Hessamfar et Joe Vérons Architectes Associés

Une année 2018 intense et stimulante pour l’agence avec 3 projets livrés : le Gymnase Alice Milliat à Bordeaux, l’extension des locaux de la CC2R à Valence d’Agen et le Centre technique environnemental de...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Jean-Pierre Lott

2018 a été une année « sudiste » qui a vu l’achèvement de deux projets monégasques, le Stella et les Cigognes, le démarrage de la Villa Troglodyte toujours à Monaco. Mais aussi 2...[Lire la suite]