Produit fétiche des architectes depuis l’après-guerre, le béton est de plus en plus au goût des particuliers. Qu’il s’agisse de ses performances structurelles ou de son esthétique, son emploi requiert de moins en moins de matière. A retenir, le Litracon, qui confère au béton une immatérialité inattendue.
«Le génie du béton réside dans ses mélanges», souligne Catherine Alcocer-Pin, directrice communication de Cimbéton (Stand 1R22, dans l’espace gros oeuvre, naturellement). Un 'génie' qui confère au matériau des qualités tant en termes de performance énergétique - «blocs de granulats légers ou de pierre ponce, le béton permet de créer des maisons passive», assure-t-elle - que de finesse ou de qualités esthétiques.
Après les architectes thuriféraires, il apparaît que les particuliers sont de plus en plus sensibles à ces dernières. «Les particuliers utilisent notamment le béton pour les aménagements extérieurs», souligne Catherine Alcocer-Pin. Piscines, pas japonais, les techniques invoquées pour obtenir l’effet escompté «existent depuis un moment et se généralisent».
En résumé, Catherine Alcocer-Pin distingue deux procédés : le béton teinté dans la masse - essentiellement utilisé en voirie - et la transformation de la peau via différents traitements. «Par exemple, laver le béton au moment de sa prise pour dégager les granulats à sa surface ou matricer le béton au moment où il est en train de prendre».
Concernant les aménagements intérieurs, les sols en béton ciré sont désormais légion. Ils sont conçus soit en béton millimétrique, «coulés sur une surface existante», soit en béton altimétrique. Auquel cas, «la dalle elle-même forme le béton ciré».
Par ailleurs, vasques, baignoires et plans de travail en béton sont de plus en plus demandés.
Qui plus est, «alors qu’auparavant les particuliers penchaient pour un béton teinté dans la masse ou lasuré en surface, nous constatons un retour du béton brut, notamment pour les sols et les plans de travail», souligne Catherine-Pin.
A l’opposé de cet aspect portant sur la matérialité du béton, le Litracon, inventé en 2001 par l’architecte hongrois Áron Losonczi, est désormais commercialisé en France depuis janvier 2011. Pour le dire simplement, le Litracon est un 'béton' composé de blocs translucides conduisant la lumière à travers l’épaisseur du matériau.
Se présentant sous la forme de briques préfabriquées de différentes tailles, le Litracon est issu d’un mélange de béton traditionnel et de fibres optiques «réparties de part en part», explique Adrien Slaby, directeur de 'Byzance design' et représentant du produit en France. Un «travail fait à la main, d’où un motif aléatoire» et un coût allant de 1.000 à 5.000 euros le mètre carré.
«Ce produit est sollicité, pour l’instant, à 80% par des professionnels, architectes et scénographes et à 20% par les particuliers», dit-il.
Pouvant être utilisées sur une épaisseur de 25 à 30 centimètres, les applications du produit varient en fonction de la demande. «Chaque projet est une pièce unique. Le Litracon sert notamment à la création de cloisons de séparation telles celles de la boutique Mont Blanc à Tokyo». Autre exemple : à Paris, l’ambassade de Hongrie s’est dotée d’un comptoir en Litracon.
Selon Adrien Slaby, «le Litracon a des propriétés identiques à celle du béton traditionnel en termes de mécaniques, de résistance et de compression». Il peut donc être utilisé comme élément porteur, même si, pour l’instant, aucun exemple n’existe. La faute au coût sans doute.
Catherine Alcocer-Pin rappelle enfin qu’en matière de réduction de matière, les Bétons Fibrés à Ultra-hautes Performances (BFUP) emportent l’adhésion des architectes. Et de citer notamment le MUCEM de Marseille et la passerelle de Séoul de Rudy Ricciotti. «Pour l’instant, les applications concernent des bâtiments de prestige et non la maison individuelle».
Un jour les BFUP aux particuliers ? L’avenir le dira puisque Batimat 2011 ne le montre pas encore.
Emmanuelle Borne
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