tos

Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Cahier Spécial - En direct de Batimat - Mardi 8 novembre

Présentation | La rassurante carapace d'un commissariat signé Fabienne Bulle (08-11-2011)

Aujourd’hui, l’architecte Fabienne Bulle a présenté sur le stand de ConstruirAcier (1P27, au coeur du hall 1 de Batimat consacré au gros oeuvre et à la structure) le commissariat de Clichy-Montfermeil (93), qu’elle a livré en avril 2011. «Pas une forteresse mais une carapace», dit-elle. La nuance est d’importance. Découverte.

Bâtiments Publics | Acier | Seine-Saint-Denis | Fabienne Bulle

Dès l’origine du concours, la Préfecture de Police de Paris, maître d’ouvrage, avait exprimé la demande d’«un bâtiment garant de la civilité», figure de proue d’un projet de rénovation urbaine.

Ni simple commissariat, encore moins bâtiment carcéral, l’enjeu pour Fabienne Bulle, lauréate en juin 2008, était de créer «un bâtiment sécurisant et non pas sécuritaire, tout à la fois symbole de civilité» dans un quartier sensible, épicentre des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises.

Pour éviter l’effet de repli, «il fallait réinventer la limite», souligne l’architecte. Ainsi, au lieu de créer une enceinte verticale, elle a donc choisi, au sud du bâtiment, de pencher des plaques d’acier Indaten de telle manière qu’elles semblent émerger de leur base composée de talus plantés.

«Je l’ai conçu vu de haut». Le commissariat de Clichy-Montfermeil est effectivement surplombé des tours HLM de la Cité Bois du Temple. De fait, les mouvements rouille des plaques d’acier, ajourées en partie haute pour un effet évanescent, forment, «loin d’une provocation», l’enceinte «rassurante» d’un bâtiment conçu pour être vu par les habitants du quartier.

«D’aucuns ont parlé de luciole (le bâtiment s’illumine la nuit ndlr), d’autres d’oeuvre d’art, d’autres d’archéologie moderne». Fabienne Bulle préfère cependant, entre toutes, la dénomination de «carapace».

Le dessein ? «Une manière douce de dire qu’il n’y a pas de limites nettes» et aussi une façon de «protéger les vues pour la dignité des personnes».

Si le choix d’une teinte cuirassée sert certes à accentuer l’effet 'émergent', les tons des tôles pleines et perforées se patineront au fil du temps de manière à accompagner l’évolution urbaine.

Pourquoi avoir privilégié l’acier ? Fabienne Bulle montre en effet, généralement, une prédilection pour le bois. «En bois, je ne pouvais pas déployer des plaques. J’ai préféré l’effet cinétique que l’acier permet d’obtenir», explique-t-elle. Un effet perçu notamment au nord du bâtiment où l’architecte a mis en oeuvre des lames ondulantes.

02(@HerveAbbadie)_S.jpgAu nord toujours, une boîte rouge en aluminium laqué émerge du bâtiment. Ce 'signal urbain' forme l’escalier d’accès au public.

Prolongeant ce volume écarlate, un plan libre, constitué d’une surface en acier perforé et conçu au titre du 1% artistique, «aide à constituer le parvis autant qu’il annonce les circulations intérieures».

A l’intérieur du bâtiment, Fabienne Bulle s’est attachée à créer des espaces largement dimensionnés avec, notamment, un hall de verre triple hauteur et des bureaux ouverts sur «les circulations conçues comme des pièces à part entière puisque tout le monde est constamment en mouvement».

Emmanuelle Borne

03(@FabienneBulle)_S.jpgFiche technique

Lieu : Clichy-Montfermeil (93)
Programme : unité de sécurité de proximité, accueil, boxes des plaintes, poste de police, unités d’appui, bureau d’ordre et d’emploi, service général, brigade de sureté urbaine, unités de recherches judiciaires et de protection sociale, technique, groupe de voie publique, aide aux victimes, locaux d’archives et de documentation, administration, locaux communs, sociaux et de vie collective, commandement, armurerie, vestiaires, parking, cour de service.

Maître d’ouvrage : Préfecture de Police de Paris
Architecte : Fabienne Bulle
Calendrier :
* Concours : juin 2008 ;
* Livraison : avril 2011.

Surface : 3.000m² SHON
Coût : 11.360.000€ HT
BET : ABAC Ingénierie
Economiste : Fabrice Bougon
Environnement : Agence Franck Boutté
Sculpteur : Philippe Guillemet

Réagir à l'article


tos2016

elzinc novembre

Portrait |Antonin Raymond, un architecte sans histoire ?

Les œillères de l’histoire orientent le regard vers des géographies familières et proches. Les ouvrages encyclopédiques sont parfois myopes dès qu’il s’agit d’aborder des objets...[Lire la suite]

Eglise Meguro à Tokyo
elzinc

Portrait |Jorge Ayala, un architecte sans architecture ?

Jorge Ayala poursuit son activité loin des chantiers, loin même des plans d’exécution. L’horizon du professionnel s’est élargi et l’imaginaire peut aisément s’émanciper des...[Lire la suite]


elzinc

Portrait |Qui sont les architectes de Donald Trump ?

Des honoraires impayés ? Des vidéos sulfureuses ? Des interviews réécrites ? Des commandes providentielles ? C'est un peu le programme réservé aux architectes de Donald Trump. Le Courrier...[Lire la suite]

elzinc

Portrait |Rifat Chadirji, architecte en noir et blanc

Bagdad, aussi inconnue que méconnue. Des années de conflits armés ont détourné architectes, historiens et photographes d'une capitale moderne dont Rifat Chadirji en fut l'un des plus éminents acteurs....[Lire la suite]

elzinc

Portrait |Jorge Ayala, un architecte sans architecture ?

Jorge Ayala poursuit son activité loin des chantiers, loin même des plans d’exécution. L’horizon du professionnel s’est élargi et l’imaginaire peut aisément s’émanciper des...[Lire la suite]

elzinc novembre

Portrait |Pierre-Alain Dupraz, architecte-topographe

«Pour mes pairs, je serais romand de tendance française», sourit Pierre-Alain Dupraz. De l'autre côté de la frontière, en France, il est, tout simplement, un architecte «suisse». De fait, il...[Lire la suite]