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Cahier Spécial - En direct de Batimat - Jeudi 10 novembre

Actualité | La maquette numérique, une évolution naturelle ? (10-11-2011)

Parmi les éditeurs de logiciels en architecture présents à Batimat, Abvent (stand 51F4) présente ArchiWizard 2, permettant de calculer les performances énergétiques d’un projet selon la RT 2012 dès la phase esquisse... et, surtout, directement depuis des outils de CAO. Selon Olivier Celnik, cet aspect préfigure l’avenir informatique des agences. Ses arguments.

Batimat | E-Architecture | France | Olivier Celnik

«Alors qu’ArchiWizard 1 récupère la maquette fabriquée par SketchUp ou AutoCAD 3D et extrapole pour qualifier la performance énergétique de ses éléments, ArchiWizard 2 est un plug-in, un bouton 'envoyer vers ArchiWizard' depuis les logiciels 3D, permettant non seulement de procéder au calcul de la performance énergétique d’un projet mais aussi, si on modifie par exemple un percement, de rapporter automatiquement cette modification au projet», explique l’architecte Olivier Celnik, fondateur de Z.Studio et animateur des 'ateliers numériques'.

Bref, outre la mise en adéquation avec les exigences énergétiques de la RT 2012 (règlementation thermique 2012), l’intérêt du nouveau né d’Abvent est son interopérabilité avec les logiciels de CAO.

Cette compatibilité des outils 'métier' représente, selon Olivier Celnik, l’avenir de la profession. «Qu’il s’agisse d’outils géométriques simples tel SketchUp ou plus complexe tel Rhino, tous se dotent du format IFC pour ne pas être à l’écart de la maquette numérique».

Maquette numérique ou BIM (Building Information Model), Olivier Celnik a fait de la convergence des outils de conception et de représentation informatique son cheval de bataille. Entre autres avantages, avec le BIM, «les différents documents étant le reflet d’une seule maquette, la marge d’erreur est limitée. Par ailleurs, cela permet un gain de temps qui peut être mis à profit de la réflexion».

Alors, pourquoi la maquette numérique n’est-elle pas d’ores et déjà généralisée au sein des agences françaises ?

«Vu la récession de ces dernières années, nombre d’architectes ont estimé que ce n’était pas le moment de chambouler leurs manières de faire ou, sinon, ils en sont restés au stade expérimental», analyse Olivier Celnik. Dit autrement, peu nombreuses sont les agences formées sur Revit.

«Au-delà des réticences techniques, l’aspect contractuel freine l’évolution des outils», poursuit l’architecte.

En clair, les relations entre acteurs sont appelées à être modifiées ; «responsabilités, rémunérations vont devoir être redéfinies». A cet égard, les architectes craignent «de perdre leur pouvoir sur leur projet». Pour autant, ils n’entendent pas non plus porter la responsabilité financière du surcoût lié à l’outil. Si Olivier Celnik souligne que l’acquisition d’une maquette interopérable implique effectivement un coût, «c’est in fine un gain de temps et d’intelligence», estime-t-il.

Certes, «en terme de formes architecturales, certains de ces outils sont encore un peu rigides à moins d’expérience et d’astuces». Malgré tout, Olivier Celnik estime qu’ils représentent «le sens naturel de l’évolution technique». «Les réticences étaient pratiquement les mêmes lors du passage du dessin à l’informatique il y a vingt ans», souligne-t-il. «Aujourd’hui, ces outils ont fait leurs preuves».

Reste à redéfinir le rôle des acteurs, c’est-à-dire à pallier le flou juridique concernant les responsabilités respectives. Un détail qui compte.

Selon Olivier Celnik, aux maîtres d’ouvrage d’activer leur pouvoir de prescription, si ce n’est d’obligation.

«Je crois plus au bâton qu’à la carotte. Obliger les architectes à remettre aux maîtres d’ouvrage ou aux entreprises un fichier en maquette numérique, tel que le fait Bouygues de temps à autre, pourrait s’avérer nécessaire», dit-il.

Emmanuelle Borne

Réactions

francois.pelegrin | architecte urbaniste | PARIS | 21-11-2011 à 07:56:00

je suis plutot consterné quand je lis dans une interview récente qu AUTODESK aurait inventé le BIM :l'l acronyme peut etre mais certainement pas le concept
En france nous l avons imaginé des 1988 lors de la creation de EDICONSTRUCT (aujourd'hui MEDIACONSTRUCT)
Dans les années 1990, nous avions recu une delegation d' AUTODESK pour leur faire découvrir que nous avions dépassé le stade de la simple planche a dessin électronique (type AUTOCAD) et que plusieurs logiciels 3D permettaient deja aux architectes et aux BET de partager non seulement du graphique mai aussi toute la sémantique "accrochée" aux objets bâtiments que ces logiciels généraient
La plupart de ces logiciels génèrent déjà de format BIM depuis quelques temps déjà
En revanche , je partage l'avis sur l'usage encore trop restrictif de ces outils
Je me demande également si une des causes meme de ce retard n 'est pas du a l usage intensif d'outils basiques (type AUTOCAD) qui n incitent pas forcement l 'utilisateur a évoluer
Heureusement REVIT existe maintenant Ce constat devrait s'améliorer (et bien avant 2016) car le PLAN BATIMENT GRENELLE a proposé que le recours au BIM soit prochainement imposé dans les marchés publics
Concernant les calculs thermiques, j indique a AUTODESK que des logiciels accessibles a tous (type ARCHIWIZARD , deja au format BIM) savent afficher EN TEMPS REEL les resultats (et pas simplement thermique)
Il est donc parfaitement inutile de "louer du temps machine pour réaliser en quelques heures des calculs qui prendraient des jours entiers" comme le dit votre interview

F PELEGRIN, architecte urbaniste , membre fondateur d'EDICONSTRUCT pour l UNSFA
membre du comité stratégique du plan batiment Grenelle

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