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Visite | Les atours du stade Jean Bouin, à Paris, signés Lamoureux & Ricciotti (23-11-2011)

Particularité du stade Jean Bouin : la couverture en BFUP conçue par Rudy Ricciotti en collaboration avec Lamoureux & Ricciotti ingénierie, dont la pose vient de commencer. Débuté en juin 2011 pour une livraison prévue en septembre 2012, le chantier permettra à l’équipement de passer d’une capacité de 5.000 places non couvertes à 20.000 places couvertes.

BFUP | Bâtiments Publics | Sport | 75016 | Rudy Ricciotti

«Et d’une ! Il n’en reste plus que 3.000», rigolent Pablo Rabago et Patrick Mazzacane, ingénieurs chez Bonna Sabla, spécialiste de solutions en béton préfabriqué.

Ce mardi 14 novembre n’est pas seulement annonciateur du froid hivernal. Sur le chantier du stade Jean Bouin, réhabilité par l’architecte Rudy Ricciotti dans le XVIe arrondissement de Paris, collaborateurs du fabricant et ouvriers de l’entreprise Léon Grosse posent le premier élément de la couverture du futur équipement de rugby sous l’oeil attentif de l’ingénieur Romain Ricciotti.

Si Pablo Rabago se montre confiant quant au résultat final - «nous construisons un rêve», dit-il -, le cofondateur du BET Lamoureux & Ricciotti est plus mesuré. «Certes, nous avons essayé de régler toute la complexité de l’innovation en amont pour arriver en phase chantier en ayant tout testé et certifié mais personne ne peut réellement appréhender le résultat», dit-il.

Ingénieurs du MUCEM et de la passerelle du Pont du Diable, Guillaume Lamoureux et Romain Ricciotti savent exploiter les qualités du BFUP en structure. En revanche, avec Jean Bouin, c’est la première fois qu’ils mettent en oeuvre le matériau en tant qu’enveloppe, c’est-à-dire en incluant la toiture. «Il s’agit d’industrialisation artisanale», souligne à cet égard Pablo Rabago.

Des rebuts, éléments testés sur place, témoignent que la couverture du stade est une première en la matière, tant pour les ingénieurs que pour le fabricant ou l’entreprise.

«Comment composer une nappe de 21.000m² à double courbure ? Seule une maille triangulaire permettait de réaliser une telle couverture», souligne l’ingénieur. Précisément, les ondulations du toit sont obtenues par l’assemblage de 3.500 triangles autoporteurs de huit à neuf mètres de long et 2.5 mètres de large pour les plus grands, pour une épaisseur de 45 millimètres en moyenne.

02(@LeonGrosse).jpg«Ces triangles en BFUP ont une vocation multiple ; ils permettent l’intégration d’un maximum de gestes constructifs en un seul élément». Chaque pièce intègre à la fois la structure primaire - «c’est-à-dire qu’entre la charpente et le triangle, il n’y a pas de pannes métalliques, lesquelles sont intégrées de façon monolithique au moment du coulage de chaque élément» - et la structure secondaire, le drainage des eaux (les nervures en forme de U servent de chéneaux d’évacuation), la peau architectonique et, surtout, l’imperméabilité «via les inclusions de verre au coulage».

«L’innovation a pour but de faire entrer la morphologie du projet dans le budget». Comptant 1.000m3 de BFUP pour la couverture et la façade, Romain Ricciotti assure que, sur ce lot, «nous avons fait une belle économie au regard de solutions constructives classiques».

«Excepté la pelouse, la totalité du volume sera couvert par la résille», poursuit-il. Ajourée à 50%, la façade prolonge une couverture évidée à 30%. «Le taux de vide varie de façon continue à mesure qu’on se rapproche de la couverture». Que les riverains se rassurent, la résille cachera des panneaux acoustiques.

Les trous des triangles formant la couverture sont donc garnis de verre. Outre l’emploi du BFUP en couverture, «c’est la principale innovation du projet», assure l’ingénieur. Une technique dite de 'verre inclus' mise au point en partenariat avec le CSTB en amont du chantier, puis avec Léon Grosse et Bonna Sabla. «Le verre est intégré dans des moules et le béton est coulé autour selon un système de coffrage perdu». Béton et verre étant chimiquement incompatibles, «des études ont permis de déterminer cette interface, fiabilisée par des essais sur prototype».

Les 3.500 pièces sont posées sur l’aile supérieure d’une charpente métallique composée de quatre-vingt fléaux, «une structure en treillis s’appuyant sur les crémaillères des gradins».

Romain Ricciotti de souligner d’ailleurs la beauté des déambulatoires : «il n’y a pas que le BFUP, le stade est une véritable cathédrale de béton», dit-il.

Au vu de l’élégant mouvement de la structure en béton du Parc des Princes, lequel s’élève derrière les gradins du stade Jean Bouin, de se demander pourquoi les ingénieurs, qui maîtrisent la mise en oeuvre du BFUP en structure, n’ont pas fait le choix du 'tout béton'.

«Nous y avions pensé, en écho aux fléaux du Parc des Princes, mais nous avons été accaparés par la couverture ; par sa faisabilité technique, réglementaire et économique», répond-t-il.

Au rythme de six à dix triangles posés par jour, l’ingénieur ne devrait pas tarder à découvrir l’effet de ses efforts.

Lesquels sont, au vu de la première pièce montée, prometteurs.

Emmanuelle Borne

03(@C.Kayser)_B.jpgFiche technique

Programme : stade de 20.000 places comptant installations sportives, 7.400m² de commerces, 1.000m² de bureaux et un parking de 500 places (dont 100 à tarif résidentiel).

Caractéristiques écologiques : 2.800m² de panneaux photovoltaïques, récupération de l’eau de pluie.

Maître d'ouvrage : Ville de Paris

Architecte : Rudy Ricciotti (assistants : Christophe Kayser, Attila Varga)

BET:

Lamoureux & Ricciotti Ingénierie : enveloppe 

Groupe Alto : charpente métallique

Berim : infra et fluides  

Thermibel : acoustique

Entreprises : Léon Grosse (Gros oeuvre, mandataire) / Bonna Sabla (préfabrication BFUP) / Cabrol (Charpente métallique)

Surface totale : 38.000m²

Concours : 2007

Enquête publique : 7 septembre au 9 octobre inclus

Présentation du projet au Conseil de Paris : début 2010 

Début des travaux de démolition : premier trimestre 2010

Livraison prévue : printemps 2013

Coût : 90M€ 

Réactions

un fan | 23-11-2011 à 23:11:00

passionnant et prometteur

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