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Actualité | Pour F. Raynaud et M. Mimram, le TGI et la permanence des monuments (07-12-2011)

Vinci, candidat malheureux des PPP parisiens, a travaillé avec les agences de Françoise Raynaud et de Marc Mimram pour le projet du Tribunal de Grande Instance (TGI) à Paris, ZAC des Batignolles dans le XVIIe arrondissement. Les deux architectes ont conçu un «grand palais» et ce, dans la tradition monumentale de la capitale.

Bâtiments Publics | Justice | Paris

Notice architecturale

Le projet pour le Futur Palais de Justice s’est nourri tout au long du dialogue. Il a su s’adapter pour répondre à la demande fonctionnelle, se simplifier pour satisfaire l’économie de projet et se renouveler pour qualifier le rapport à la ville selon les trois échelles de lecture : la métropole, le parc Martin Luther King, le Parvis.

Nous avons notamment développé le projet à partir de deux points de vue forts et convergents :

  • > Trouver une plus grande unité matérielle entre la tour, le bâtiment du Palais, par le traitement de sa façade et celle du Nord de la tour et par l’unité géométrique et matérielle du bouclier solaire ;
  • > Donner à lire davantage de profondeur, de transparence, de valeurs d’usage, d’ouverture sur la ville.

Les principales orientations architecturales

Nous avons développé une esthétique volontairement ancrée dans l’histoire et dans le paysage urbain pour mieux se propulser dans l’avenir.

Nous avons cherché pour ce grand palais de justice une filiation naturelle avec les grands bâtiments parisiens emblématiques : notamment le Grand Palais avec la transparence de verre et de métal, mais aussi les dômes qui arrondissent le paysage de Paris, le dôme des Invalides par exemple.

On retrouve, dans notre projet, à la fois ces formes arrondies, adoucies, cette transparence monumentale mais aussi les reflets d’or et de cuivre des couvertures métalliques.

C’est cette familiarité avec des bâtiments qui font partie de la mémoire collective qui garantira cette appropriation rapide par tous les publics et de tous les acteurs de la profession. C’est cette filiation et cette contextualisation qui permettent aujourd’hui de construire en harmonie avec l’environnement pour une plus grande qualité d’usage.

Ainsi, depuis les sites majeurs de la métropole, le bâtiment renvoie à la permanence des monuments parisiens.

Envie de justice

Ce titre nous a guidés dans le développement du projet tant du point de vue architectural que fonctionnel. Ce propos pourrait paraître ambigu.

Il ne porte aucunement un jugement de valeur sur le fonctionnement du monde judiciaire, mais propose un regard généreux sur le bâtiment.

Puisque le tribunal doit incarner un symbole universel, nous souhaitons qu’à toutes les échelles, celle du justiciable, de l’espace public, de la ville, il exprime ouverture et générosité par son fonctionnement urbain, par son organisation, les déambulations qu’il offre, la lumière qui le parcourt, la lumière qui le fait vibrer, en ville, de jour comme de nuit.

S’inscrire en urbanité

La note d’insertion urbaine et paysagère exploite les lectures du projet à ses différentes échelles. Toutefois, il paraît important d’inscrire d’ores et déjà la démarche architecturale dans sa dimension urbaine.

Trois décisions importantes ont façonné le développement du projet :

  • > L’espace public au coeur du projet ;
  • > L’unité des 91 salles d’audience ;
  • > La symbolique de l'immeuble de grande hauteur.

L'espace publlic

L'espace public au coeur du projet est une manière explicite de mettre en avant l'ouverture du bâtiment sur la ville, sur le justiciable. Cette envie de justice ouvre le bâtiment symboliquement sur la ville, le parvis se transforme naturellement en salle des pas perdus, la lumière naturelle offre le ciel en toiture.

Cette perméabilité apparente d’un bâtiment très fortement sécurisé et feutré, est d’ordre symbolique ; elle fixe les objectifs architecturaux et permet d’ordonnancer les parcours, d’ouvrir le bâtiment sur la ville.

C’est aussi mettre le public au coeur du projet.

02(@MimramRaynaud).jpgLe Palais

L’unité des 91 salles d’audiences regroupe l’espace accueillant librement le public. Si constructivement il est évidemment important de différencier l’établissement recevant du public (ERP), de l’immeuble de grande hauteur (IGH), il n’en est pas moins important de distinguer fonctionnellement ces entités programmatiques.

En constituant de manière autonome cette grande halle des 91 salles d’audiences, on ouvre librement le palais de justice sur la déambulation.

Le projet propose d’ordonner, de distinguer, de différencier les espaces ; le dialogue a montré sa capacité d’adaptation fonctionnelle. Demain la rencontre avec les usagers pourra la préciser encore.

En unifiant l’ensemble sous une nef de lumière, le palais de justice devient le Grand Palais de Justice à l’instar de l’espace généreux d’exposition situé près du pont Alexandre III.

Le Grand Palais Républicain associe les différentes composantes civiles et pénales, pour adultes et pour enfants, pour magistrats et pour avocats, pour justiciables et personnels de justice, sous une entité unique dont l’échelle est facilement appréhendable, dont les parcours sont clairs et les unités fonctionnelles regroupées.

Sous l’unité apparente de la nef se distinguent les unités fonctionnelles. Par-delà la distinction claire entre civil et pénal, il nous a semblé essentiel de différencier et de dégrouper le tribunal pour enfants et les services attachés dans un lieu privilégié ouvert et accessible.

La Nef dialogue sur toute sa longueur avec le parvis, par le jeu des 91 salles qui animent cette longue façade publique. La vue du palais de justice depuis le parvis est manifeste de son organisation fonctionnelle : la nef au premier plan s’offre au public et met à distance l’immeuble de grande hauteur au second plan, marquant ainsi son caractère plus réservé, filtré.

La nef n’est pas un élément d’ordonnancement architectural mais de mise en partage de la lumière sous le dôme longiligne de grande échelle, qui associe fonctionnellement l’ensemble du programme dans une unité de traitement structurel et architectural.

Un volume unitaire baigné de lumière abrite des parcours autonomes et s’organise pour créer des espaces d’attente en relation avec l’espace central.

03(@MimramRaynaud)_S.jpgLa tour

La symbolique de l’immeuble de grande hauteur s’adresse explicitement à l’échelle urbaine tant celle du parc des Batignolles que celle des vues lointaines.

La tour n’est pas mise en avant dans le dispositif urbain pour au moins deux raisons :

  • > Elle ne reçoit pas de public en accès libre ;
  • > Elle regroupe essentiellement des bureaux banalisés.

Aussi ne nous paraissait-il pas opportun d’en exagérer formellement le trait puisque la proposition de renforcer le caractère public du bâtiment fonde le projet dans son ensemble.

La tour s’adresse donc au parc des Batignolles, l’accès public depuis le parvis étant réservé à la nef du grand palais.

Pour autant, la tour s’offre à grande échelle tant sur le parc des Batignolles que sur la ville. C’est à eux que s’adressent texture, forme et couronnement. C’est aux usagers que s’offrent le panorama de la ville et celui du parc des Batignolles.

C’est à l’échelle du Grand Paris un bâtiment ouvert sur Clichy au Nord, très distingué par ses deux façades en fonction des usages et des orientations.

Françoise Raynaud - Marc Mimram

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