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Projet | Urbaniser les zones inondables, Prix des Lecteurs du Courrier (14-12-2011)

Par delà les incohérences du gouvernement entre développement durable et politique de prévention contre les risques d’inondations, le diplôme 'Urbaniser les zones inondables' de Sylvain Pasquier (ENSA La Villette) propose d’appliquer au contexte français le programme 'Living With Water' engagé aux Pays-Bas et au Royaume-Uni afin d’adapter les techniques de construction aux zones inondables.

Prix Etudiants LCDLA | Autres | France

Situation

Le terrain se situe à Montgeron dans l’Essonne au bord de l’Yerres en zone UH soumise au PPRI avec une surface de 10.723m². Le terrain est compris entre les niveaux 33.01 et 35.41 avec le niveau de l’Yerres à 32.48, sachant que la côte de référence est à 35.88.

Implanté entre la gare et ses parkings, le site s'inscrit dans une zone pavillonnaire et n’offre aucune possibilité de densifier l’habitat.

02(@SPasquier).jpgObjectifs

Le terrain est situé près du centre ville, entre gare et parkings. Avec une vue sur les rives de l'Yerres, son emplacement est propice aux constructions, ce qui permettrait de densifier la ville et de répondre de fait aux objectifs du développement durable.

Le terrain est toutefois situé en zone inondable. Toute construction classique ne ferait qu'augmenter l'imperméabilité des sols et favoriserait ainsi les risques d'inondations. L'idéal serait donc de construire sans imperméabiliser les sols et, par conséquent, d'être capable de s'adapter aux risques d'inondations.

Techniques

Les techniques utilisées consistent à rendre un bâtiment soit flottant soit amphibie. Dans ce deuxième cas, les techniques sont les mêmes, sauf que le bâtiment ne flotte qu’en cas de montée des eaux.

Le bâtiment est fixé sur un radier composé de caissons fabriqués en polyéthylène remplis de polystyrène expansé. Des piliers, permettant par ailleurs l'alimentation du bâtiment en électricité, eau courante et gaz, empêchent la dérive de la construction lors de la flottaison. Le radier proposé par la société Batiflo est estimé à 350€ du m².

Le même système pourra ensuite s'adapter aux circulations.

Les colonnes de guidage des bâtiments ont en moyenne un diamètre de 70cm avec une trémie de 1m. Pour les circulations, le diamètre des colonnes devra se situer entre 25 et 40cm selon la force des courants.

Dans le cas des maisons amphibies, le radier pourra être encastré dans le sol en laissant la ligne de tirant d’eau au-dessus du niveau 0. Un vide de 8cm devra permettre à l’eau de s’engouffrer sous le bâtiment afin de le soulever et le mur entourant les flotteurs devra être situé entre 15 et 20cm au-dessus du niveau du sol afin d’éviter les boues et autres éléments de s’introduire sous les flotteurs. Des cales sous les flotteurs permettront de gérer la stabilité du bâtiment lors de son repos.

03(@SPasquier).jpgOutils

Afin de développer mon projet, je me suis servi de l’outil développé le semestre dernier dans l’atelier du pôle 'Prospectives', le but étant de définir un algorithme capable de générer un projet. J’ai donc étudié l’algorithme d’une saison de moto GP où chaque élément constituant l’algorithme va influencer, être influencé ou interagir avec les autres éléments, sachant qu’il est lui-même constitué de différents éléments. Ces influences génèrent des déformations qui se répercutent dans l’ensemble constituant le contexte.

Application au site

04(@SPasquier)_B.jpgJ’ai donc appliqué une grille au site de 24 par 24m car les multiples de 8 sont les bases concernant les distances dans le PLU appliqué à cette zone.

Le relief vient ensuite déformer la grille en générant les axes et espaces de la parcelle.

Un axe d’habitations sera créé parallèlement aux bordures de l’Yerres avec une orientation allant du nord-ouest au sud-est et un axe de commerces sera créé créant le lien entre la gare et ses stationnements.

Pour les espaces compris dans la zone rouge du PPRI, des habitations flottantes seront créées permettant ainsi de mieux réagir aux fortes inondations et à une montée des eaux plus rapide. Des voies flottantes permettront de relier ces bâtiments, les impasses servant d’allées privées afin d’y garer les véhicules. Elles pourront ultérieurement permettre de développer les habitations dans les parcelles voisines et évitent donc de refermer la parcelle sur elle-même.

Pour le reste du terrain, des constructions amphibies seront implantées, permettant de rester à l’abri des inondations. Un axe central sera lui-même amphibie tandis que le reste des voies, qui ne servent qu’au stationnement, pourront être submergées.

05(@SPasquier)_B.jpgApplication aux constructions

L'algorithme représente le contexte du bâtiment et les rapports entre les éléments qui le constituent. La mise en 3D du bâtiment est faite par la représentation de ces éléments constituant des carrés de 5x5m et en créant les rapports par des intersections. Les carrés verts représentent les éléments principaux constitués du relief, de l'eau, de la lumière, de la construction et de la route. En fonction de son influence, chaque carré aura son échelle modifiée et viendra modifier lui-même les éléments sur lesquels il a une influence.

Une épaisseur sera ensuite donnée à ces éléments qui pourront alors constituer des murs, des sols ou bien encore des espaces. L'ensemble constituera le squelette du bâtiment dans lequel des espaces habitables seront aménagés, greffés au squelette.

06(@SPasquier)_S.jpgLe volume gris est la projection des carrés horizontaux et permettra de créer la structure flottante.

En appliquant ces techniques, j’ai donc tenté de démontrer qu’une urbanisation des zones inondables est tout à fait envisageable tout en préservant les zones de laminage, mais aussi en évitant d’imperméabiliser les sols et en répondant aux attentes du développement durable.

Pour l’instant, la France prend un retard considérable face à l’avancée de ces techniques et lorsqu’il sera nécessaire de construire en zone inondable, les architectes français ne seront pas prêts à rivaliser avec des sociétés qui pratiquent ces techniques depuis une dizaine d’années.

Sylvain Pasquier

Découvrir la publication originale 'Urbaniser les zones inondables', ainsi que son album-photos et les commentaires des internautes.

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