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Visite | Une oeuvre totale par Samuel Delmas (04-01-2012)

«Nous avons adopté une conception industrialisée de l’enveloppe et conçu une structure 100% métallique», explique Samuel Delmas. Livré en 2011, le nouveau centre d’examen du permis de conduire à Gennevilliers (92) mêle jeux de filtres, transparences et effets cinétiques. De l’immobilier au mobilier, une oeuvre totale.

Bureaux | Corten | Gennevilliers | Samuel Delmas

RER C, arrêt Gennevilliers. Continuer à pied, plusieurs centaines de mètres. En voiture, le Courrier avec l’architecte, Samuel Delmas.

L’avenue des Louvresses et le boulevard Dequevauvilliers délimitent un territoire fantoche alternant hangars et immeubles tertiaires. Un peu plus loin, le nouveau centre d’examen du permis de conduire surgit.

02(@JLanoo)_B.jpg«L’une des forces du projet relève de l'évidence du site. Alors que certains architectes proposaient lors du concours des voiles en béton ou des formes souples plus ou moins segmentées, nous nous sommes positionnés près du boulevard. Dès lors que la plupart proposaient une implantation à l’autre bout du terrain, nous devions quant à nous réussir l’enjeu de la distinction», assure Samuel Delmas.

Volumétrie sobre habillée de Corten, le nouveau centre semble flotter sur sa parcelle. «Un décollement intéressant» que l’architecte justifie par quatre lettres : PPRI.

03(@FGemonet)_S.jpg «Matière à idées» parmi le béton, le bois ou le métal, l’acier Corten est «la base d’un travail sur la conception du projet lui-même. Il nous faut toujours être en questionnement pour ne pas se priver d’opportunité. A l’agence, nous n’avons, quant à notre démarche, aucun a priori», indique l’architecte.

Le Corten, un choix en regard d’un besoin de «sécurisation» exigé par le programme.

«Nous avons eu des retours d’expériences notamment d’agressions de la part de ceux qui manquent leur code. Il nous fallait donc limiter l’envie de taguer, restreindre les effets de griffures. Le Corten est une matière qui reprend ses droits», assure-t-il.

Plus encore, une attaque à la voiture bélier est envisagée. «Les lames de Corten peuvent être changées sans aucun problème», poursuit-il.

Bref, de l’inédit pour l’agence fondée en 2003. D’autant plus inédit qu’il s’agissait là d’une deuxième participation à un concours et du premier remporté. «Le projet a dû se faire dans la durée, au rythme des déblocages des finances publiques», note Samuel Delmas. Les pistes ne furent livrées qu’en 2009 et le centre en 2011.

«Pour autant, nous n’avons pas eu à dépouiller le projet», affirme l’architecte. Le budget ne fut pas revu à la baisse : 1,3 millions pour 500m² ; «confortable», juge-t-il. Et d’ajouter tout de même que «l’enjeu était de s’y tenir et, de fait, de travailler à sa rationalisation».

Précision notoire dès lors que Samuel Delmas se montre «friand» de missions complètes. «Nous les réclamons systématiquement afin d’accompagner au mieux le maître d’ouvrage. En conséquence, nous intégrons au maximum le mobilier à l’immobilier», dit-il.

Perfectionniste donc. A l’extérieur, luminaires, bancs, clôtures, poubelles... en acier Corten. A l’intérieur, les rythmes cinétiques de la façade se poursuivent au plafond dans lequel tous les éléments techniques sont intégrés et camouflés. Idem aux toilettes, où les miroirs réinterprètent la même scansion caractéristique.

Jaunes, les stores du centre. «Nous avions hésité avec une teinte orangée en lien avec la DDE mais nous avons jugé ce clin d’oeil de trop», note l’architecte. Jaunes aussi, les fleurs.

04(@JLanoo)_S.jpgA l’intérieur, jeux de reflets et de transparences caractérisent les lieux. «Nous tenons à ces effets pour la mise en relation des espaces. Nous voulons ainsi offrir une lecture des épaisseurs et des volumes. Nous défendons cet aspect dans chacun de nos projets afin que l’espace paraisse plus dilaté qu’il ne l’est en réalité», explique Samuel Delmas.

Si les effets trompent l’oeil, l’architecte lui ne trompe jamais les usagers.

Jean-Philippe Hugron

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