Design Ikonik septembre 2013

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Cahier Spécial - Maisons 2012

Présentation | Djuric Tardio transforme une maison vétuste en pavillon modèle (25-01-2012)

«Ne pas parachuter un objet» au sein d’une zone pavillonnaire, tel était le présupposé de Caroline Djuric et Mirco Tardio, chargés de reconstruire une maison à Antony (92). Afin de répondre aux gabarits existants tout en érigeant «un modèle» architectural et durable, les architectes ont conçu une ombrière coiffant un édifice composé de panneaux préfabriqués en bois.  

Logement individuel | Antony | Djuric Tardio Architectes

«Inhabitable», l’état du pavillon des années 1950 situé à Antony (92) que Caroline Djuric et Mirco Tardio furent chargés de réhabiliter fin 2010. Implantée sur un sol argileux non assaini, la construction était «constamment inondée».

«Raser et reconstruire» sur de solides fondations était donc la seule option. Souhaitant densifier la parcelle «sans rompre le tissu urbain», sensibles malgré son «difficile héritage» au charme de cette zone pavillonnaire d’après-guerre, les architectes imaginent de créer «un modèle» typologique.

Quitte à densifier, ils alignent le tracé de la nouvelle construction sur les limites est et ouest de la parcelle, où ils érigent des pignons aveugles «en prévision de constructions mitoyennes».

D’autre part, l’habitation en panneaux contrecollés est surplombée par une structure en mélèze empruntant sa forme aux iconiques couvertures des pavillons alentours. Sauf qu’en l’occurrence la double-pente fut laissée en l’état - un aspect inachevé voulu par ses architectes selon lesquels «les carcasses sont souvent plus poétiques que l’objet fini» - et endosse ainsi le rôle d’ombrière.

Rétifs aux labels verts et autres injonctions écologiques, Djuric Tardio entend néanmoins, par «modèle», la construction d’une maison «durable». «L’espace sous toiture était insuffisant pour créer des chambres et nous étions déjà au maximum du COS constructible. Par ailleurs, la double hauteur aurait été gourmande en énergie». D’offrir donc l’espace sous pente à une terrasse végétalisée de 120m², où «graminées et plantes grimpantes permettront aux propriétaires de bénéficier d’un jardin potager suspendu».

02(@ClementGuillaume)_B.jpgCe faisant, «nous avons doublé la surface du jardin». Un deuxième espace vert opportun car ayant estimé, en cours d’études, que les quelques 250 m² étaient trop conséquents pour son seul usage, le client a choisi de scinder la maison en deux. C’est-à-dire un appartement par étage, le rez-de-chaussée étant prolongé par le jardin, la terrasse étant dédiée à l’étage.

«La modularité est une autre qualité durable. Pour l’instant, l’espace fonctionne comme une seule maison mais l’entrée peut être fermée au cas où le propriétaire souhaite rendre l’étage indépendant».

Comptant quinze mètres d’épaisseur, la maison est parée de deux puits de lumière de six mètres de haut qui traversent l’étage pour éclairer le rez-de-chaussée et «dont les parois peuvent être démontées pour devenir des garde-corps et permettre un lien visuel entre deux étages distincts».

Bref, ayant opté en matière de structure pour des panneaux en bois, il est aisé de «couper dedans».

«Seul le socle du sous-sol, contenant le parking et les espaces de services telle la buanderie, est en béton». Indispensable maçonnerie vue la perméabilité du sol. Un véritable défi. «Alors que le gros oeuvre bois fut monté en quinze jours, le chantier dura un an car ce socle repose sur quinze pieux de quinze mètres de haut».

Sinon, tout bois. Les panneaux préfabriqués, jusqu’à 15 mètres de long, proviennent d’une coopérative finlandaise et sont traités en Allemagne. «Compte tenu du transport, on ne peut pas parler de maison écologique mais, en revanche, nous sommes bien dans une logique durable avec la mise en oeuvre d’un matériau recyclable et une maison peu gourmande en énergie car ventilée naturellement».

03(@ClementGuillaume)_B.jpgPour éviter le total look «chalet», les architectes ont doublé les surfaces intérieures de plâtre. A l’extérieur, un autre détail contrarie la référence alpine : des volets d’inox poli miroir reflètent la végétation de la rue, animant ainsi la façade.

«Nous avons eu la chance d’habiter la maison avec enfants et amis pendant deux jours lors de la livraison», se souviennent les architectes. L’occasion, rare, «de voir comment ça fonctionne».

Verdict ? «Les espaces traversants sont probants en réalité comme en dessin ; entre les puits de lumière et ces grandes traversées, l’espace est très lumineux, ça marche bien», sourient Caroline Djuric et Mirco Tardio.

Emmanuelle Borne

04(@ClementGuillaume)_B.jpgFiche technique

Localisation : Antony (92)
Architectes : Djuric Tardio Architectes
Ingénierie et Bureau d’études :
Béton, HQE et Développement Durable : AEDIS Ingénierie
Ingénierie Bois : BBOX
Paysagiste : Jeanne Dubourdieu - Atelier de paysages

Année de réalisation : 2011
Durée des études : 6 mois
Durée des travaux : 10 mois avec les fondations spéciales
Surface : 246m² SHAB
Coût des travaux : structure bois, isolations et bardages, étanchéités terrasses et ombrière : 278.000€ HT

Dispositifs énergétiques : chauffage Gaz / chaudières à condensation pour plancher chauffant à basse température et eau chaude - Doubles vitrages au gaz d’Argon - Ventilation naturelle en sur-toiture et extractions naturelles par les puits de lumière - VMC dans les salles de bain - Isolations avec matériaux naturels - Récupération de l’eau pluviale pour arrosages - Chantier propre.

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