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Cahier Spécial - Maisons 2012

Présentation | Entre deux à Chaville (25-01-2012)

Un couple, un duo d'architectes, deux maisons. A Chaville (92), Benjamin Clarens et Yann Martin, associés et fondateurs de l'agence CUT, sont contactés pour la réalisation d'une extension reliant deux constructions radicalement opposées. En lice pour le Prix de la Première Oeuvre, cette micro-architecture, livrée en 2011, a relié le temps.

Extension | Logement individuel | Hauts-de-Seine | CUT

«Nos clients avaient d'abord contacté Hamonic et Masson dont ils appréciaient le travail. Ne pouvant répondre à cette commande, ces derniers leur ont communiqué deux noms d'agence, dont le nôtre. Nous avons été mis en concurrence le temps de plusieurs rendez-vous», explique Yann Martin. Ces autres, nous ne les connaîtrons pas.

Résultat, CUT, «qui n'est spécialiste de rien», est retenu malgré l'absence de références. «Nous avons réagi rapidement et avons joué notre rôle de conseil», subodore l'architecte.

«Ce projet nous tient à coeur. Petit, il se devait d'être aussi parfait que possible dans ses détails», note Benjamin Clarens. A l'heure de Chaville, l'agence balbutie. De l'autre côté de la forêt de Meudon, une autre extension, en projet. En somme, l'acte 1 d'une association.

«Nous avions initialement songé à un collectif. Il y avait, à l'origine, un concours, Cimbéton. Nous devions trouver trois chiffres et trois lettres pour nous identifier. Nous avons retenu ces dernières, CUT. CUT, c'est aussi couper, trancher avec ce qui se fait habituellement», précise Benjamin Clarens.

02(@LucBoegly)_B.jpgA la lecture d'un programme, les deux associés dessinent généralement à partir des informations données ce qui leur est demandé. «Nous nous appliquons par la suite à tordre ce système pour refuser la solution arrivée en amont», explique l'architecte.

A Chaville, la commande est simple, la torsion explicite. «Nos clients avaient fait raser, il y a dix ans maintenant, un pavillon pour construire une maison radicale dont les dispositifs, à l'époque, étaient osés. Ils ont depuis acheté la maison voisine, ouvrière et classique», résument les associés.

L'ambition était alors de réunir deux édifices mais, aussi, deux époques. A peine trois mètres pour un siècle de distance ; «un enjeu intéressant», jugent-ils.

03(@LucBoegly)_B.jpgDémolir la nouvelle acquisition du couple ? Impossible. «Une question pratique d’abord. La destruction aurait coûté davantage. Enfin, les règlements d'urbanisme de la ville ne permettaient pas de construire autant», indique Benjamin Clarens.

L'ambition est alors de créer dans ce mince entre-deux une salle de répétition pour Madame, violoncelliste. En-dessous, imposé par le POS, un parking couvert quand bien même la famille n'en a pas l'usage.

Projet phasé, la restructuration de l'entrée et la réfection des façades de l'ancienne construction n'auront lieu que plus tard, en 2012. Les deux architectes se sont donc évertués dans un premier temps à ne créer qu’une extension et à restructurer l'existant.

«L'enjeu de notre dessein était de respecter l'un des paragraphes du règlement de la commune, à savoir celui concernant les alignements», soulignent les associés. D’un côté, fier et droit, le pavillon ouvrier. De l’autre, inclinée et biaise, la villa futuriste.

«Notre façade était automatiquement articulée», disent-ils. Leur motto : «Si la solution ne s'impose pas, c'est qu'elle n'est pas efficace».

«Nous voulions que le vitrage suive le déhanché», se souvient Benjamin Clarens. Le budget, lui, ne suivait pas. Peu importe, le projet se voulait avant tout «minimaliste». «Pour ce faire, nous avons évité de déplacer plus de trois matériaux». A Chaville, béton et métal donc, une ambiance «minérale».

«Nous souhaitions un projet silencieux», soulignent les architectes.

Un silence qui fait toutefois parler de lui.

Jean-Philippe Hugron

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