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Actualité | Archi(ve)s : découverte des diplômes d'architectes de renom (09-02-2012)

Sept diplômes, huit architectes, douze étudiants, deux enseignantes. Résultat : retour vers le futur avec l’exposition 'Archi(ve)s', composée de diplômes d’architectes soutenus entre 1967 et 1983, lesquels préfigurent, pour la plupart, les sujets que leurs auteurs auront à coeur de développer par la suite. Passage en revue.

ENSA Paris-Malaquais | Paris

«Archives mineurs pour architectes majeurs ? Prenant tantôt appui sur un engagement critique et intellectuel, un certain conformisme d’école, une approche participative, voire un refus de la forme, ces diplômes formalisent des prises de position individuelles portant dans bien des cas les prémices de ces parcours d’architectes», soulignent Pauline Lefort et Véronique Patteeuw, les deux doctorantes à l’initiative de l’exposition 'Archi(ve)s', à l’ENSA Paris-Malaquais, issue d’un travail d’analyses mené par les étudiants de troisième année de l’école. 

Un véritable initiateur donc, le DPLG. Quid du PFE, conduit en moins de six mois ?

02(DR).jpgDiplôme d’Antoine Grumbach : 'Montmorency 67'

Soutenu en novembre 1967 à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts (Paris), sous la direction de Georges Candilis, le diplôme d’Antoine Grumbach est analysé par les étudiants N. Petkova et A. Giraux sous l’angle du 'diplôme comme contre-démarche'.

Partir de l’existant pour requalifier le tissu urbain ; avec ce postulat, Antoine Grumbach, élève du progressiste atelier de Candilis, se positionne à la marge de l’enseignement des Beaux-arts comme des préceptes du mouvement moderne. Futur architecte parmi d’autres du Grand Paris, Antoine Grumbach soulignait déjà, à l’époque, le rôle de l’architecte en tant que «tricoteur» du tissu urbain.

03(DR).jpgDiplôme d’Antoine Stinco : 'Hall itinérant. Exposition d’objets de la vie quotidienne'

'Une architecture légère face à la lourdeur d’une époque', tel est l’intitulé donné par les étudiants A. Faivre et S. Usai au diplôme d’Antoine Stinco, soutenu en juin 1967 aux Beaux-arts, sous la direction d’Edouard Albert (atelier Albert, Prouvé et Emmerich).

De fait, ce diplôme «très technique», selon Pauline Lefort, illustre la réalisation d’une structure gonflable. Une architecture pneumatique qui fera l’objet, un an plus tard, de l’exposition 'Structures Gonflables', au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

04(DR)_S.jpgDiplôme d’Yves Lion : 'Quelques exemples de détournement'

Soutenu en juin 1972 à UP6 (Paris), sous la direction de Jean-Pierre Buffi, le diplôme d’Yves Lion «tente d’interpréter de quelles façons les bâtiments symboliques, institutionnels, historiques peuvent être détournés par l’usage», selon l’étudiant A. Greveleine, dont l’analyse consiste à rendre compte d’'une architecture au service de l’appropriation spontanée'.

A l’occasion de ce travail, Yves Lion évoque la transformation de la prison de La Petite Roquette dont le site fera l’objet, en 1975, d’un concours d’idées. L’architecte y participa et réussira alors «à faire ressurgir les notions de la mutation de l’architecture et de son appropriation», des notions toujours d’actualité pour Yves Lion.

05(DR)_S.jpgDiplôme de David Mangin et Alain Gautron : 'Livre blanc sur le moulin de la pointe'

'(Entre) l’architecte, le politique et la population', ce diplôme soutenu en juin 1976 à UP8 (Paris) prend la forme d’un livre blanc analysé par les étudiants F. Dugard et A. Ndzana Ekani.

Diplôme militant donc pour David Mangin et Alain Gautron, faisant intervenir les habitants pour «une réhabilitation très douce», selon Pauline Lefort, à l’opposé de ce qui était alors envisagé dans le cadre de l’opération Italie 13. Des débuts sans doute formateurs pour David Mangin, lauréat du concours pour le réaménagement du forum des Halles trois décennies plus tard.

06(DR)_S.jpgDiplôme de Jean-Philippe Vassal : 'Le végétal et la ville'

Soutenu en juin 1979 à l’Unité Pédagogique d’Architecture de Bordeaux, le diplôme de Jean-Philippe Vassal, analysé par les étudiants M. Ouny et F. Julla, illustrait déjà les préoccupations qui deviendront celles du tandem Lacaton-Vassal.

A l’époque déjà, Jean-Philippe Vassal interroge l’articulation entre l’espace public et l’espace privé et développe l’architecture de la serre comme entre-deux pertinent. «A l’époque, la serre est encore un espace extérieur. Ce n’est qu’ensuite, se rendant compte que les habitants s’approprient cet espace, qu’il en fera un espace intégré à l’habitat», souligne Pauline Lefort. Ainsi en témoigne les jardins d’hiver de la tour du Bois-le-Prêtre livrée en 2011.

07(DR).jpgDiplôme d’Edouard François : 'Intégration urbaine'

Soutenu en 1983 à UP1 sous la direction de Jacques Kalitz, le diplôme d’Edouard François est le seul à ne pas préfigurer le parcours de son auteur.

Au contraire, ce travail de requalification de la porte d’Issy-les-Moulineaux, au dessin classique composé d‘un mail planté, semble bien éloigné de l’architecture avant-gardiste du concepteur des logements stratifiés à Champigny-sur-Marne. «Les étudiants qui ont analysé ce diplôme sont tombés sur un article dans lequel Edouard François disait avoir simplement, avec ce projet, cherché à obtenir son diplôme». Ceci expliquant sans doute cela.

08(DR)_S.jpgDiplôme de Michel Bourdeau : 'Ecrits sur l’architecture, réalisation construite'

Soutenu en janvier 1983 à UP8 sous la direction d’Henri Ciriani, le diplôme de Michel Bourdeau est le plus formel d’entre tous, dans le fond autant que la forme.

Répondant au programme pour le Ministère des Finances à Bercy, objet d’un concours remporté un an auparavant par Paul Chemetov, ce projet emprunte une géométrie typique des années 1980. Le seul diplôme «figurant sur le site Internet de son architecte», ainsi que le précise Pauline Lefort.

Emmanuelle Borne

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