Armstrong MGBA

Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Cahier Spécial - Londres

Actu | Des éléphants blancs en héritage ? No thanks ! (28-03-2012)

L’héritage des JO 2012 de Londres est porté par l’Olympic Park Legacy Company, dont la mission est de reconvertir le parc olympique une fois les jeux passés. Inspirée d’expériences antérieures, la société, créée en 2009, applique une «stratégie de régénération», non pas à la seule échelle du site mais à celle «d’un véritable morceau de ville». 

Urbanisme et aménagement du territoire | Londres

Juillet 2012 : Londres accueillera les Jeux Olympiques. Ensuite ? Tout un pan de la ville, Stratford dans la banlieue est, devrait être «régénéré». Tel est l’objectif de l’Olympic Park Legacy Company, société publique à but non lucratif (ses comptes sont rendus publics sur son site web, ndlr) laquelle forme l’une des trois instances dédiées aux JO avec le comité olympique -exclusivement dédié à l’organisation des jeux - et l’Olympic Delivery Authority - chargée de la construction du site -.

«Notre mission est de gérer l’héritage des Jeux Olympiques organisés à Londres en 2012», soulignait son président Andrew Altman lors d’une conférence organisée dans le cadre du MIPIM, le 15 mars dernier.

«Dès que Londres se vit attribuer les Jeux Olympiques, le défi fut de créer des infrastructures au service du développement d’un véritable morceau de ville, c’est-à-dire de monter une stratégie de régénération a priori et non pas d’améliorer ('retrofit') les équipements a posteriori», explique-t-il.

Précisément, selon Andrew Altman, «l’intelligence» de Londres fut d’intégrer les JO dans une stratégie préexistante ayant pour enjeu de développer l’est de la ville.

«De nombreux projets de régénération de l’est de Londres existaient avant les JO mais rien de conséquent ne se réalisait», confirme Brian Field, spécialiste urbain de l’European Investment Bank, lors de cette même conférence.

«Stratford était une zone industrielle sous-exploitée qui fut décontaminée à l’occasion des jeux», précise Rosanna Lawes, directrice du développement au sein l’Olympic Park Legacy Company. Cette dernière met l’accent sur l’aspect durable des JO 2012, le site étant, dit-elle, «très compact». Compter néanmoins environ deux millions de mètres carrés.

02(@OPLC)_S.jpg«Les JO offrant l’avantage d’imposer des délais, les infrastructures doivent être livrées à temps et cela motive les investisseurs», a souligné Brian Field.

Bref, le propre de l’Olympic Park Legacy Company est de répondre à une vision à long terme… définie bien avant les jeux. «L’Olympic Park Legacy Company n’est pas la première en matière d’héritage des JO ; en revanche, les sociétés chargées d’une telle mission dans le passé furent toutes créées après les JO alors que l’Olympic Park Legacy Company fut créée en 2009, c’est-à-dire trois ans avant les jeux», précise Andreas Christophorou, chargée presse de la société.

Lors du MIPIM, trois plans illustraient les propos d’Andrew Altman ; de gauche à droite : une image montrant l’aménagement du site olympique en 2012, une autre montrant la reconversion du site à l’horizon 2014 et une vision de la zone en 2030. «Dès le départ, le développement fut pensé de droite à gauche plutôt que l’inverse», soulignait Andrew Altman.

Pour faire des JO un véritable levier économique et urbain, l’Olympic Park Legacy Company, comptant des spécialistes issus du monde de la finance, de l’événementiel, du sport, mais aussi de l’urbanisme, dont Andrew Altman, a donc pour mission première d’assurer, entre 2012 et 2014, «une transition douce» en matière de propriété et d’usage des principaux équipements du site olympique.

«Si nous avions réussi à convertir ne serait-ce que deux équipements sur huit, cela aurait été un succès. Or, six des huit équipements permanents ont trouvé preneurs avant même le début des JO», affirme Rosanna Lawes. Selon elle, une première dans l’histoire des villes olympiques.

Signé Zaha Hadid, le centre aquatique passera ainsi dans le giron de Greenwich Leisure Limited (GLL) à partir de 2013 pendant dix ans. ArcelorMittal Orbit, l’oeuvre d’Anish Kapoor, sera gérée, à partir de 2013 également, par Balfour Beatty Workplace. Quant au VeloPark, de Hopkins Architects, il sera repris par la Lee Valley Régional Park Authority et deviendra, après les jeux, le Lee Valley VeloPark.

Sinon, l’Olympic Park Legacy Company planche sur la reconversion du Media Center. «Nous avons identifié trois locataires potentiels, dont Décathlon», dévoile Rosanna Lawes.

03(@JPHH).jpgCompter 292 millions de livres pour cette phase de transformation du site.

Phase deux : reconfigurer avec pour objectif la régénération du quartier. 

L’Olympic Park Legacy Company investira progressivement, via des fonds publics et privés, jusqu’à 500 millions de livres pour non seulement créer un nouveau parc dans la tradition des grands parcs londoniens tel celui de Hyde Park mais, surtout, proposer une offre résidentielle et générer des opportunités d’emploi. 


Les chiffres promettent. «Nous avons prévu 8.000 nouveaux logements», assure Rosanna Lawes. Sans compter onze écoles et crèches, trois centres de santé pour un total de 8.000 à 10.000 emplois. «L’idée est de créer de l’emploi pour l’ensemble de Londres».

«S’il y a une leçon à retenir de Londres, c’est que la stratégie de régénération du parc olympique va de pair avec une véritable gouvernance», soulignait Andrew Altman lors du MIPIM. En clair, l’Olympic Park Legacy Company coordonne son action avec, entre autres, la ville de Londres et la Greater London Authority.

«Pas d’éléphant blanc (No white elephant policy)», a souligné le président de la société chargée de l’héritage de Londres 2012. Même si ses collaborateurs préfèrent évoquer des réussites en matière de reconversion telle Barcelone (et encore ndlr), l’échec d’Athènes a sans doute servi de leçon.

Véritables aimants touristiques, les Jeux Olympiques ont souvent laissé leurs hôtes au bord de la faillite.

Bref, l’Olympic Park Legacy Company deviendra, à compter du 1er avril 2012, la London Legacy Development Corporation.

Emmanuelle Borne

Réagir à l'article


LCDLA juin 2013
PM de Wallonie 2013

Album-photos |Barcode House, comme son nom l'indique

«La Barcode House explore les juxtapositions entre massivité et légèreté, ancien et nouveau», souligne David Jameson, architecte de l’extension vitrée d’une maison en briques située...[Lire la suite]

Votre Cinéma Dec 2012

Album-photos |Dans compact, il y a cube

«L’idée était de faire le plus compact possible». En clair : un cube de 85m², que l’agence Beckmann-N’Thépé a livré en juin 2010 pour un couple et ses deux enfants à...[Lire la suite]

G Immo Dec 2012

Album-photos |'Les bains de mer chauds', l'architecture par-delà les mots

Pour Jean-Baptiste Pietri, la maison dite des 'bains de mer chauds' préfigure sa manière d’aborder l’architecture. «Elle exprime mon idéal bien mieux que des mots», dit-il. Livré en 2008 à...[Lire la suite]