Dans un article paru le 4 avril 2012 dans The Age, quotidien australien édité à Melbourne, Miki Perkins présente le projet qui, en 2015, remplacera à la Biennale de Venise l’actuel pavillon australien. Au lieu de la bicoque blanche et provisoire construite en... 1988, une boîte noire conçue par l’agence australienne Denton Corker Marshall. Destinée à durer ?
Contexte
Début avril 2012, l’agence Denton Corker Marshall remportait le concours d’architecture pour la réalisation du nouveau pavillon représentant l’Australie à la Biennale d’art de Venise. Selon The Age, daté du 4 avril 2012, «l’Australie se débarrasse ainsi de la bicoque d’arrière-cour qui servait de vitrine à l’art contemporain australien depuis un quart de siècle, la remplaçant avec un élégant bâtiment en granit qui sera prêt en 2015».
Réalisé par l’architecte Philip Cox en 1988, le pavillon actuel, à l’origine prévu comme une structure temporaire, faisait l’objet de critiques de plus en plus nombreuses et virulentes.
Lauréate du concours, l’agence Denton Corker Marshall n’est pas en reste en matière d’équipements culturels avec, parmi ses références, le musée de Sydney et le musée de Melbourne. Pour Venise, «nous ne voulions pas d’un projet maniéré affectant l’efficacité des espaces réservés aux artistes», a souligné John Denton, cofondateur de l’agence, lors des résultats du concours.
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LA SOBRIETE DU NOUVEAU PAVILLON AUSTRALIEN POUR VENISE EST PLEBISCITEE
Miki Perkins | The Age
MELBOURNE - Un projet 'd’une grande sobriété' - c’est-à-dire une boîte blanche enveloppée dans une boîte noire - a remporté le concours national pour le nouveau pavillon représentant l’Australie à la Biennale de Venise, la plus ancienne et prestigieuse des expositions internationales d’art contemporain.
L’agence Denton Corker Marshall, implantée à Melbourne, conceptrice du Musée de Melbourne et du Stonehenge Visitor Centre en Grande-Bretagne, a été choisie à l’unanimité parmi six finalistes australiens.
Sa proposition précisait que le projet était conçu «tel un objet plutôt qu’un bâtiment ; une présence à la fois intense et discrète». Composé de granit noir issu du sud de l’Australie, le nouveau pavillon sera implanté au sein d’un taillis bordant l’un des canaux vénitiens.
L’architecte John Denton a souligné que le nouveau pavillon ne portera pas ombrage aux expositions qu’il accueillera. «Entre une architecture prenant le pas sur les espaces d’exposition et une architecture au service de l’art, nous avons adopté la deuxième position», a-t-il souligné.
Avec son pavillon construit en 1988, l’Australie est l’un des vingt-neuf pays disposant d’un pavillon à la Biennale d’art de Venise. Pour autant, les critiques se faisaient de plus en plus pressantes quant au remplacement du bâtiment réalisé par Philip Cox, prévu à l’origine en tant que structure temporaire.
Parmi les artistes exposés lors des Biennales des années passées figurent notamment Howard Arkley et Patricia Piccinini. Par ailleurs, le pavillon australien accueille, selon les années, les expositions montées dans le cadre de la Biennale d’architecture.
Le concours pour le nouveau pavillon fut l’objet de controverses ; 750 architectes signèrent, avec succès, une pétition en faveur d’un concours ouvert après qu’il fut annoncé que les participants seraient choisis au sein d’un groupe restreint d’architectes australiens.
Les procédures furent révisées et le réseau élargi, ouvrant le terrain aux architectes australiens travaillant à l’international et ayant de l’expérience en matière d’équipements artistiques.
Selon James Strong, le directeur de l’Australia Council, le nouveau pavillon offre un cadre flexible aux expositions et s’intègrera «harmonieusement» au paysage.
Les critiques plébiscitent le projet, parmi lesquels le conférencier spécialisé en architecture de l’Université de Melbourne, Peter Raisbeck, qui qualifie le nouveau pavillon de «soigné, honorable et orthodoxe».
«Ce n’est pas un projet avant-gardiste ou risqué mais c’est sans doute ce qu’il faut», a-t-il souligné. «La difficulté résidera dans les détails. La mise en oeuvre et les finitions du granit devront être impeccables sinon le bâtiment risque d’être ostentatoire».
Joe Rollo, le critique de The Age, parle quant à lui «d’un petit bâtiment convaincant».
Enfin, la marchande d’art Anna Schwartz a souligné que de nombreux artistes ont plébiscité la sobriété du projet. «Cela permettra l’accueil de pièces d’art qu’on ne peut pour l’instant anticiper», a-t-elle souligné.
S’élevant à 6 millions de dollars, le projet sera financé avec des fonds privés.
Miki Perkins | The Age | Australie
04-04-2012
Adapté par : Emmanuelle Borne
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