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Royaume-Uni | Des jardins américains en Ecosse : le 'Granite Web' de Diller Scofidio + Renfro (02-05-2012)

Dans un article non signé paru dans son édition du 16 janvier 2012, l’hebdomadaire spécialisé The Architects' Journal présente le 'Granite Web' de Diller Scofidio + Renfro, un projet dont l’enjeu est la réhabilitation des jardins d’Union Terrace, poumon vert de la ville écossaise d’Aberdeen. Plébiscité par les habitants dans le cadre d’un référendum organisé le 1er mars 2012, ce projet tant décrié devrait voir le jour en 2016.

Aménagement extérieur/Paysage | Royaume-Uni | Diller Scofidio + Renfro

Contexte
Situés au coeur de la ville d’Aberdeen, en Ecosse, les jardins d’Union Terrace - Union Terrace Gardens - font l’objet d’un projet de revitalisation soutenu par la ville et financé en partie par l’homme d’affaires écossais Sir Ian Wood, projet évalué à 140 millions de livres au total (environ 170 millions d’euros).
Issu d’un concours remporté par les américains Diller Scofidio + Renfro au détriment de Foster + Partners en 2011, le projet, surnommé 'Granite Web', fut soumis à un référendum début mars 2012. Selon la BBC, 45.301 voix se portèrent en faveur du projet et 41.175 contre. De fait, le Granite Web (70.000m²) devrait voir le jour en 2016.
Malgré l’aval de la population, la restructuration des jardins d’Union Terrace soulève, depuis ses débuts, de fortes oppositions. Entre autres, Stuart MacDonald, ancien directeur du centre écossais d’architecture (The Lighthouse), soulignait dans une chronique parue le 27 février 2012 dans le quotidien Scotsman : «Toutes les villes veulent leur 'McGuggenheim' et Aberdeen ne fait pas exception à la règle. Mais la ville disposait d’une alternative plus innovante, à l’opposé du projet américain : un centre d’art intégré avec sensibilité dans le site par les architectes Brisac Gonzalez pour une fraction du prix du projet signé Diller Scofidio + Renfro».
En effet, en 2007, l’agence française basée à Londres Brisac Gonzalez avait conçu un projet de centre d’art contemporain évalué 13.5 millions de livres, lequel fut approuvé par les autorités municipales avant d’être finalement annulé. «Ce projet n’était pas en accord avec les grandiloquentes aspirations de la ville», souligne Stuart MacDonald. Ce dernier estime que «les espaces publics passant sous le contrôle d’hommes d’affaires ne sont pas démocratiques», qu’«Aberdeen est devenue un cas d’école dans la bataille universelle entre projets publics et privés» et que «soumettre l’espace public à un vote manichéen est une parodie».
EB

02(@BrisacGonzalez)_S.jpgDILLER SCOFIDIO + RENFRO BAT FOSTER ET REMPORTE LE CONCOURS DECRIE D’ABERDEEN
The Architect’s Journal

ABERDEEN - Une équipe menée par l’agence américaine Diller Scofidio + Renfro (DS+R) a remporté, face à Foster + Partners, le décrié concours pour la transformation des Union Terrace Gardens à Aberdeen.

Cette victoire permettrait à DS+R, qui a participé au concours avec l’agence d’architecture écossaise Keppie Design et les paysagistes de l’agence Olin, de construire son premier bâtiment permanent en Europe.

Néanmoins, reste à passer la barre du référendum populaire [cet article fut bien évidemment écrit avant le résultat du référendum décrit dans le contexte, ndlr] pour savoir si les habitants d’Aberdeen sont en faveur de ce projet de régénération financé à hauteur 50 millions de livres (60 millions d’euros environ - sur 140 millions de livres pour le coût total du projet) par l’homme d’affaires Ian Wood ou s’ils préfèrent que soient conservés les jardins existants.

La semaine dernière, l’association des Amis des jardins d’Union Terrace (the Friends of Union Terrace Gardens) a lancé une campagne pour sauver ces jardins victoriens «de la destruction et pour empêcher que ce lieu soit laissé à un promoteur privé».

Le scrutin se tiendra le 1er mars prochain. Le 'Granite Web' ne fera l’objet de dessins détaillés qu’à condition du soutien des habitants de la ville au projet de DS+R.

La proposition de DS+R a été jugée «ingénieuse et exaltante» par Malcolm Reading, de Malcolm Reading Consultants, la société ayant organisé le concours.

03(@DillerScofidioRenfro)_B.jpgDuncan Rice, ancien proviseur de l’Université d’Aberdeen et président du jury, a ajouté : «L’équipe de Diller Scofidio + Renfro s’est longuement penchée sur l’histoire d’Aberdeen et ses besoins si particuliers. De réponse en réponse, ils ont étourdi le jury avec leur vision et leur sensibilité au contexte urbain. Ils font montre de flexibilité et de réactivité et le concept exaltant qu’ils proposent sera adapté et évoluera au fur et à mesure des discussions. Je suis fier que notre ville ait pu attirer une équipe combinant distinction, créativité et expérience en matière urbaine».

Les dessins de DS+R 'réinterpréteront la topographie de la vallée de Denburn et la spectaculaire cascade des jardins d’Union Terrace tout en faisant élégamment place à de nouveaux espaces et de nouvelles structures'.

La proposition inclut la création d’espaces verts à disposition du public, d'un centre d’art et de culture et le projet dévoilera les arches, voûtes et ponts d’Union Street tout en conservant les balustrades et statues existantes.

Le projet de DS+R a remporté plus de voix que celui de son rival Foster + Partners, en équipe avec le paysagiste Vladimir Djurovic, eu égard à tous les points principaux du cahier des charges dont : la création de nouveaux espaces, le prix et la viabilité de la construction, la maintenance, la durabilité environnementale et l’efficacité énergétique.

04(@DillerScofidioRenfro).jpgLe point de vue de l’architecte Charles Renfro

«Le concours étant serré, nous nous sommes dépensés en recherches afin de saisir précisément les particularités du site ; nous avons fait du mieux possible appel à notre potentiel créatif et à notre expertise technique pour aboutir à une solution audacieuse et prévenante à la fois.

Alors que ces jardins forment le coeur d’Aberdeen, ils ne forment pas un centre rythmé... Nous pensons qu’il est possible de faire vibrer ce coeur et d’apporter vie et énergie au centre d’Aberdeen. En rendant le parc plus vert encore, plus approprié à un usage passif comme actif, plus engageant en ses limites, ces jardins peuvent devenir le pôle d’une ville par ailleurs jeune et énergique. Nous nous sentons particulièrement sensibles à ce défi et notre proposition, conjuguant paysagisme et structures culturelles, reflète nos sujets de prédilection».

The Architect’s Journal | Grande-Bretagne
16-01-2012
Adapté par : Emmanuelle Borne

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