Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Visite | Ceci n'est pas un blob (20-06-2012)

«Des turbulences», indique Brendan MacFarlane. Face aux protubérances métalliques, l’architecte présente en exclusivité au Courrier l’état d’avancement du chantier du FRAC Centre à Orléans, dont la livraison est prévue en octobre 2012. Les formes conçues par l’agence Jakob+MacFarlane semblent, bien qu’audacieuses, s’assagir avec le temps. Rupture dans l’exercice ?

Bâtiments Publics | Culture | | Jakob + MacFarlane

Le parti est spectaculaire. Formaliste ? Certainement pas, aux dires de l’architecte. Alors blob ou pas ? Quelle question ! «Le langage du blob est une fausse histoire. Il est apparu puis a disparu. Ce mot, au sens conceptuel, n’est pas correct. Les blobs sont des pièces parachutées dans un contexte ; or, tous nos projets sont liés au site», indique Brendan MacFarlane.

Aussi, pour le FRAC Centre, l’architecte dit avoir mené un «travail qui reste dans le sol pris comme un champ disponible, formable, réformable».

Au départ, l’existant. Trois corps de bâtiments militaires des XVIIIe et XIXe siècle forment une cour le long d’un mail planté d’arbres. «Nous souhaitions lier ses trois histoires en un seul lieu», assure l’homme de l’art. A la fragmentation, Jakob+MacFarlane répond par l'hybridation.

02(@NicolasBorel)_B.jpgUn idéal exprimé tant par le discours que par les gestes. Aussi, les mains de l’architecte tournent l’une autour de l’autre et dessinent un tourbillon sinon des turbulences. 

«Nous avions besoin de créer un rassemblement. Il y avait d’abord la confrontation des géométries ; une condition orthogonale», indique-t-il.

L’austérité des façades et le rythme des fenêtres imposent de fait une trame visuelle. «Le plus petit bâtiment perturbe l’ensemble. Il n’est pas sur le même angle». 

Les architectes profitent de cette situation pour positionner l’extension au droit de l’aile légèrement décalée.

«Le parvis ouvert sur la ville est le vrai projet», soutient Brendan MacFarlane pour qui il était une évidence de traiter avant tout «la situation urbaine» du projet. Le sol, par un mouvement de surrection, forme donc trois protubérances. L’architecte évoque le projet en termes topographiques.

De nouveau, la trame s’invite dans la conception du tracé. «Nous avons débuté notre réflexion à partir d’une géométrie carrée. Puis, dans la perturbation, le carré se déforme. Nous avons alors pensé un langage facetté, ni doux, ni triangulaire», dit-il.

Dès lors, un travail «tant informatique que manuel» a été mis en oeuvre. «Il n’y a aucun automatisme», assure l’architecte qui préfère davantage évoquer un «croisement d’influences et un exercice de synthèse».

«Nous connaissions le contenu de l’extension», indique Brendan MacFarlane. «En l’introduisant dans les zones de perturbations, nous avons déterminé des possibilités d’élévations et d’excroissance verticale du tramage».

04(@NicolasBorel)_B.jpgLa question ne se posait alors pas en termes de complexification ou de décomplexification. Le mouvement était double et le dessein n’a de fait connu que très peu d’évolutions depuis le concours.

A l’époque, le parti était d’ores et déjà défini ce, après avoir testé d’autres localisations pour l’extension et même imaginé des dispositifs de passerelles. «Derrière chaque projet, il y a certes une histoire conceptuelle», rappelle l’architecte mais les «pistes programmatiques» et «l’analyse historique» finirent par réduire le champ des possibles.

Docks en tête, Dominique Jakob et Brendan MacFarlane avait également à l’esprit les réflexions menées pour la Cité de la Mode et du Design à Paris, «un projet exemplaire pour lequel nous avons commencé a développé un langage précis», explique l’architecte.

Sauf que, pour le FRAC Centre, l’ambition est d’autant plus importante que la surface est complexe, d’autant plus qu’elle inclut un dispositif lumineux en guise de 1% artistique attribué à Electronic Shadow. «Il nous fallait assurer la légèreté de la structure et ne pas donner dans une surcharge d’informations», poursuit-il.

03(@NicolasBorel).jpgAinsi, la charge du toit est déportée sur un second groupe de poteaux. A l’intérieur de chaque «perturbation», un ensemble structurel parfait le tout en plus de créer une «zone de transition», un espace intermédiaire cher aux architectes.

Et la couleur ? Les premières perspectives laissaient à penser un édifice jaune. Toutefois, Jakob+MacFarlane ont opté pour une «teinte fédératrice», un gris auquel des nuances de rose et de jaune irisés sont apportées et qui se révèlent selon la lumière du jour et la position de l’observateur.

L’événement architectural ne se caractérise donc pas par l’un des vifs coloris que d’aucuns peuvent associer à la production récente de l’agence. «Nous respectons les codifications et nous faisons aussi des projets sans aucune couleur», soutient Brendan MacFarlane.

«L’enjeu urbain du Cube Orange à Lyon est tout autre que celui du FRAC. A Confluence, nous étions dans un quartier dont l’ambition était de renaître. La couleur orange ramène tous les enjeux ensemble et le bâtiment devient sa propre icône. Ici, à Orléans, nous devions tisser avec le passé», explique-t-il.

05(@NicolasBorel)_B.jpgS’il naît donc de perturbations, le FRAC Centre n’en est pas pour autant un élément dissonant. Le volume de l’extension «invite avec sa force à entrer dans l’institution». Une position «d’accueil», selon l’architecte, adaptée au contexte.

Bredan MacFarlane ne se risque donc pas pour autant à inclure ce projet dans une lignée quand bien même le dessin adopté est lié aux réflexions passées de l’agence. «Il est encore tôt pour poser cette question. Nous sommes dans un processus», assure-t-il.

Le temps dira.

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Nom du projet : FRAC Centre
Architectes : Jakob+MacFarlane
Programme : Expositions architecturales, expositions temporaires et permanentes, espaces pédagogiques et collections d’art contemporain
Adresse : 88 rue des Colombiers / Boulevard Rocheplatte 45000 Orléans
Concours : 2006
Livraison : 2012
Surface net : 3 550 m²
Coût : 7.5 M €
1% artistique : Electronic Shadow  

Réactions

non nox 2056799 | 02-07-2012 à 14:06:00

Tout ça pour ça, c'est à dire pas grand chose.

Pour répondre à la première réaction (Alixtair), il y a une autre nuance entre adoration et détestation : l'indifférence que suscite un projet bavard pour ne rien dire (formalisme). Les images par ordinateur de l'époque étaient une escroquerie intellectuelle (un grand classique en france). Le discours des architectes rapportés ici est un discours stérile sur la forme et non la finalité de l'architecture (un grand classique en france).

Enfin, si il suffisait de produire du "nouveau" pour faire un chef d'oeuvre, n'importe quel crétin serait génial.

A dans 10 ans pour faire la même analyse (en france, bien sûr).

Alixtair | 23-06-2012 à 08:54:00

Merveilleux! Soit on adore soit on déteste haha
Moi je suis de ceux qui adorent!
Je l'ai étudié avec ma section donc j'en connais les tenants et aboutissants, ce qui me fait aimer d'autant plus!
Et puis ça met un peu de nouveauté dans la ville, et les réactions quelles soient bonnes ou mauvaises, ça fait parler de l'archi, alors moi je dis, tant mieux!
Continuez à nous vendre du rêve!

gooze | 22-06-2012 à 10:22:00

Le bâtiment le plus affreux que je n'ai jamais vu.
Jakob MacFarlane confirment encore une fois leurs incompétence

bien cordialement

Réagir à l'article


Album-photos |L'année 2018 de GUINEE*POTIN ARCHITECTES

Des concours s’échelonnant toutes les mois, 8 de perdus à l'exception de deux : l’école publique de St Pabu dans le Finistère, et notre premier projet francilien, avec Palast et Echelle Office, pour 90...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de ChartierDalix

L'année 2018 de l’agence ChartierDalix c’est 7 chantiers dont la restructuration de la Caserne Lourcine à Paris 13e  en université de Droit Paris I, un bâtiment de bureaux entièrement en structure...[Lire la suite]


Album-photos |L'année 2018 de Michel Rémon & Associés

3 bâtiments en chantier // livraison de l’hôpital Edouard Herriot à Lyon // une large ouverture à l’international : concours en Autriche, Allemagne, Russie et en Belgique enfin avec le concours gagné pour...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Corinne Vezzoni et associés

L’année de l’agence Corinne Vezzoni et associés a été marquée par plusieurs événements, avec notamment la nomination de Corinne Vezzoni au Grand Prix national d’architecture....[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 d'Elizabeth de Portzamparc

Le Musée de la Romanité de Nîmes, événement architectural et culturel contemporain, a été inauguré le 2 juin. Une monographie sur le travail d’Elizabeth de Portzamparc a été...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de Bernard Desmoulin

Mes amis Pline, Cicéron, Tacite, César, Horace, Virgile, Aristote, Xénophon et Homère se joignent à moi pour souhaiter au Courrier de l’Architecte une digne année 2019. Bernard Desmoulin[Lire la suite]