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Présentation | A La Trinité, CAB consolide une colline avec une école (20-06-2012)

«Projet relais entre le haut et le bas, dispositif urbain, il met en relation des éléments disparates et atones. A la fois bâtiment et scénographie, le projet révèle une topographie, un paysage. Ouvrage à butons, il s’adosse, s’appuie, mais forme aussi socle à la colline», soulignent les associés de CAB (Jean-Patrice Calori, Bita Azimi et Marc Botineau) à propos du Pôle Petite Enfance de La Trinité (06), livré en novembre 2011.

Notice Architecturale | Education | | CAB architectes

Lien

Entre l’hypermarché et le cimetière sculpté dans la colline, il y avait une villa niçoise encaissée dans un jardin ancien. Derrière la villa, le terrain formait quelques restanques sous la route. Le projet du pôle 'petite enfance' s’installe en fond de ce jardin et forme soutènement à la voie en amont.

C’est le départ d’une suture sur la ville de La Trinité. L’équipement devient le déclencheur d’une nouvelle géographie urbaine. Projet relais entre le haut et le bas, dispositif urbain, il met en relation des éléments disparates et atones. A la fois bâtiment et scénographie, le projet révèle une topographie, un paysage : il cadre, règle et oriente les directions importantes du regard.

Ouvrage à butons, il s’adosse, s’appuie, mais aussi forme socle à la colline. S’insérant dans une situation préexistante, il en redéfinit une géométrie génératrice de l’ensemble de la composition. Il réinstalle un cheminement naturel depuis le boulevard et crée le lien avec le parking du centre commercial. La promenade prend la forme d’une sorte de tapis cranté et draine qui veut le traverser, la maman ou le flâneur.

Des escaliers successifs dessinent des languettes vers le jardin, pour lire ou rêver à l’ombre de murs épais. De gravir ensuite des emmarchements vers le parvis de la crèche, pour accéder à l’équipement ou poursuivre l’ascension vers le chemin de l’Olivaie. Face au visiteur, la galerie d’entrée est baignée de lumière. Générateur urbain, il est aussi générateur de sa propre pratique interne.

Strates

Comme un pli du terrain, un drapé au pied de la colline, le projet créé ses interstices comme autant de possibles. Le réglage du nivellement fut au coeur de la réflexion.

Deux plateaux programmatiques se superposent et ménagent une toiture réservée aux véhicules du personnel. Cette dalle est plus basse que la route afin de préserver un cône de vue vers le jardin en contrebas et la vallée. Le rez-de-chaussée de l’équipement est légèrement surélevé par rapport au square public pour conserver un rapport clair au boulevard en aval.

02(@AldoAmoretti)_S.jpgLes plateformes se projettent en façade via des porte-à-faux de trois mètres de profondeur qui protègent la cour et la coursive de l’étage. Ces auvents se retournent en bandeaux épais qui soulignent et délimitent chaque niveau.

L’horizontalité, très marquée, fait écho aux murs de restanques disparus. A la stratification horizontale correspond un séquençage vertical par le biais de noyaux servants, formant à la fois la trame porteuse et les blocs de service. Ils encadrent les espaces nobles, les différentes sections : nul poteau isolé, la structure se fait espace.

D’aucunes de ces matrices s’extraient de la superposition des niveaux pour émerger en toiture, telles des propylées modernes. Ces bornes marquent l’espace vital du projet, comme un pied de nez aux géantes voisines et leurs pignons indigents. Un autre noyau court le long du parvis pour mettre à l’abri des regards la cour de la crèche. Ce jeu de glissements verticaux ou horizontaux contrebalance le calme hiératique de cet ensemble de pleins qui font naitre les vides.

Milieu

A la mise en relation des lieux à l’échelle de la ville correspond une mise en relation systématique des différents milieux à l’intérieur du projet. Cette topologie se retrouve aussi bien dans les liaisons verticales que dans les continuités horizontales.

A la superposition physique des deux niveaux correspond la superposition fonctionnelle (crèche au rez-de-jardin / administration, formation et crèche familiale à l’étage). Le lien vertical est réalisé par un vide éclairé 'zénithalement' qui unit, au nord, dans le même espace, les éléments de programme. Via cet atrium, on perçoit à la fois la dimension de l’excavation, la hauteur du bâtiment, son échelle ; car il a aussi un rôle de circulation majeur dans l’équipement.

03(@CAB)_S.jpgLe vide met en évidence le rapport particulier à la pente mis en place dans le projet. Par les jardinières suspendues, par l’ampleur de l’espace, nous avons revisité le dispositif de l’étonnant jardin d’hiver de l’hôtel Riviera Palace à Beausoleil, où l’arrière du bâtiment est autant, sinon plus, attractif que sa façade sud. Grâce à ce volume généreux, nous captons la lumière de l’après-midi, qui fait renaitre le coeur de l’équipement à l’heure où les façades sud s’éteignent doucement.

La relation sol-ciel est complétée par la relation intérieur-extérieur fluide et naturelle. Les grands murs vitrés, qui s’inscrivent justement dans la trame, coulissent et disparaissent dans des galandages, derrière les trumeaux en béton. Leur effacement dilate totalement l’espace des sections. Les deux parallèles du continuum sol-plafond, à peine atténué par les baies aux profilés invisibles, génèrent le glissement.

Côté atrium, les portes vitrées, accompagnées de fins volets pivotants, dispensent la clarté sous la verrière : le fil n’est ainsi jamais rompu.

La matérialité du projet vient accompagner les cheminements et l’enchaînement des espaces : béton lisse ou texturé contre terre, volets intérieur, casiers, tables à langer en bois de sycomore... La matière souligne l’usage.

Au niveau de l’accueil, des casiers en bois, des petits bancs en béton, des sous-espaces dans le volume de la verrière participent à la mise en place d’une échelle plus intime.

Sommeil, hygiène : les espaces de repos dans les noyaux structurels sont clos par des demi-volets qui modulent ainsi la lumière et permettent des scénarios de surveillance multiples. Les espaces à langer sont positionnés au centre des sections, dans des volumes habillés de bois, permettant une attention sans obstacle aux mouvements des enfants.

CAB (Jean-Patrice Calori, Bita Azimi et Marc Botineau)

04(@AldoAmoretti)_S.jpgFiche technique

Nom du projet : Pôle Petite Enfance de La Trinité
Lieu : La Trinité (06)
CAB architectes - Jean-Patrice Calori, Bita Azimi, Marc Botineau
Chef de projet : Giancarlo Ranalli
Architecte assistant, collaborateur : Sophie Delage
OPC : CAB architectes
Paysage : Martel et Michel
Economie de la construction : ARTEMIS
BET Structure : TURRA
BET Génie climatique : Enerscop
BET Courants forts et faibles : Enerscop
Maître d’ouvrage : Ville de La Trinité
Maître d’ouvrage délégué : SIVOM du Val de Banquière

Programme : crèche (sections petit, moyens, grands, salle d’activités), crèche familiale, lieu d’accueil enfants / parents, relais assistantes maternelles, centre de formation, parking personnel
Concours : mars 2007
Etudes : septembre 2007-décembre 2008
Livraison : novembre 2011
Surface : 1.287m² SHON
Coût : 3.562.117,21€ HT (bâtiment y compris cours et parking = 3.284.057,59€ HT - Aménagements extérieurs, cheminement public = 278.059,62€ HT)

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