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Visite | In & out, le bonbon de Brenac & Gonzalez (05-09-2012)

Le carton d’invitation avait de quoi séduire. A l’image, un escalier, vert acidulé, rétro-futuriste, digne des aventures de Barbarella. Alors Jolie-Jolie ? Bref, de quoi régaler l’imaginaire de bambins à qui se destine l’emmarchement. L’adresse de cette école maternelle et primaire livrée en 2012 : Paris XIXe arrondissement, ZAC Claude Bernard. Encore...

Education | Verre | 75019 | Brenac + Gonzalez

Le nord-est parisien, dernier haut-lieu de l’architecture parisienne s’il en est. Dans un paysage post-industriel apocalyptique, non loin des anciens entrepôts MacDonald en restructuration, la nouvelle opération de rénovation urbaine mêle les bonnes références de la scène française et internationale. D’un côté, Sauerbruch Hutton, Dietmar Feichtinger pour ne citer qu’eux, de l’autre Brenac & Gonzalez.

Le célèbre duo s’est vu confié la réalisation d’une école maternelle et primaire comprenant douze classes, une halte garderie et un centre de loisirs. A l’approche, les couleurs du pyjama imaginé par Sauerbruch Hutton détonne. 100% ZAC.

Au devant, l’édifice conçu par Brenac & Gonzalez, tout de verre, parait des plus sobres. Selon les architectes, il s’agissait de travailler une «mono-matière». Respiration pour un espace a priori en quête d’exploits.

02(@SergioGrazia)_B.jpg«Les grandes lignes que nous avons développées reposent sur plusieurs idées fondamentales : le lieu est particulier et présente une poétique incroyable avec le canal proche et ses péniches. Il y a aussi les nuisances du périphérique dont il fallait se protéger. Il ne s’agissait pas pour autant de créer une forteresse. L’école est ouverte et tire sa légitimité de son contexte», indique Xavier Gonzalez.

L’emballage donc. «Nous voulions travailler un concept à la Christo. Nous voulions envelopper un volume à partir d’une seule matière, le verre, pour voir à travers et se protéger du soleil», poursuit-il.

Aussi, un détail, un motif sérigraphié : des cercles. «Notre inspiration ? Les hublots des péniches. Une référence à Prouvé, Chareau et Tati. Nous avons mené un travail sur ces yeux qui se déplacent en même temps que chacun avance».

Simple en apparence, l’édifice n’en est pas moins sophistiqué.

A l’intérieur, contraste. Exit le mono. Tout y est multi pluri poly. L’architecte résume le parti architectural en «un emballage cellophane de bonbons colorés». Tagada, chamallow, niniche, arlequin...

03(@SergioGrazia)_B.jpgComme sur papier glacé, les circulations se croisent et font du hall un espace spectaculaire. 

Son origine ? «Le règlement», répond Xavier Gonzalez. «Nous devions protéger les sous-faces. Nous avons donc pensé ces escaliers comme des trompes d’éléphants ; ils deviennent une fête sinon une histoire que chacun se raconte». Dont acte. Direction l’espace.

«Le hall est l’échangeur de flux» prévient l’architecte. Il s’agissait alors de «relier chaque niveau de l’école pour permettre une grande fluidité».

Parmi les contraintes, séparer les circulations des grands et des petits. «En élémentaire, les élèves sortent directement dans la cour de récréation ; les enfants de la maternelle sont accompagnés par leur parents pour se rendre dans leur section», note l’architecte.

La visite débute à l’étage, journalistes et officiels se pressent alors dans les dites trompes.

Une fois en haut, d’aucuns tournent à droite et à gauche. «Un espace fédérateur desservant les classes, le réfectoire, les lieux communs», indique Xavier Gonzalez. La couleur devient alors plus présente et des formes découpées dans les cloisonnements ajoutent à la confusion. Bref, une composition abstraite en guise d’esthétique. Un relent de tachisme à l’échelle 1:1.

Un long couloir annonce les classes. Leur positionnement «se confronte à la géométrie de la parcelle». Aussi, alors que les classes s’alignent, les architectes ont voulu éviter l’effet corridor. Pour ce faire, des couleurs en veux-tu en voilà et quelques élargissements dans les circulations. En tout et pour tout, un espace efficace quand bien même gesticulant.

D’aucuns pourront alors s’interroger sur le bien fondé d’associer sans cesse la prime jeunesse à la couleur. En quoi l’architecture, d’autant plus celle d’une école de la République, doit-elle devenir un smoby géant ? Un enfant n’aurait-il le droit à l’élégance sans pour autant tomber dans la sévérité d’une institution?

Si les couleurs posent question, la composition même interpelle. Le tachisme se poursuit dans les circulations et se superpose à la déclinaison osée de teintes acidulées. Par-dessus, dès lors que le soleil brille, les rayons participe du méli-mélo et dessine en négatif les ronds sérigraphiés. Ajoutons les luminaires et les parois perforées en guise de baffles acoustiques. Trop. Le bonbon en devient indigeste.

04(@StefanTuchila).jpgCelui qui parcourt cette nouvelle école polyvalente semble ne plus reconnaître ses architectes, sauf peut-être dans le souci du détail. Qu’il paraît loin le collège Jean Perrin, de la même agence. A Nanterre, l'agence Brenac & Gonzalez avait fait preuve de justesse.

Alors, ZAC Claude Bernard, la crise ?

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Nom du projet : Ecole Polyvalente et Halte-garderie dans la ZAC Claude Bernard
Adresse : Boulevard MacDonald / Quai du Lot, 75019 Paris, France

Architecte : Atelier d’Architecture Brenac & Gonzalez
Equipe de projet : Jean-Pierre Leveque, Stefan Tuchila
Maitrise d’ouvrage : Direction du Patrimoine et de l’Architecture. Mairie du Paris

Concours : avril 2007
Livraison : janvier 2012

Surface : 4.432m² (SHON)
Coût : 12,26M€ H.T.

Réactions

syl | 06-09-2012 à 08:43:00

... euh, c'est quoi le tachisme ????

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