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Exposition | La Tendenza, à l'origine du tout ? (05-09-2012)

A Beaubourg se tient, jusqu’au 10 septembre, une remarquable exposition consacrée aux 'architectures italiennes' des années 60, 70 et 80. Selon son commissaire, Frédéric Migayrou, le foisonnement d’alors est à l’origine de bien des carrières. Parmi elles, celle de Rem Koolhaas dont le positionnement théorique ne serait pas étranger à la botte. Alors, l’Italie, à l’origine du tout ?  

France

«La Tendenza, la tendance, ce n’est pas la mode ; c’est un groupe d’architectes regroupés autour d’Aldo Rossi», résume Frédéric Migayrou au Courrier de l’Architecte. L’exposition occupe un espace conséquent du niveau 4 et présente une série de documents de grande qualité, partie émergée d’un fond exceptionnel. Plaisir des yeux.

«L’Italie d’alors a une relation particulière à l’histoire et exprime un doute quant à l’abstraction, le modernisme et le fonctionnalisme», reprend le commissaire.

C’est passionné que Frédéric Migayrou évoque ces heures méconnues de l’architecture italienne. Et pour cause. Dix années de recherches à traverser l’Italie, dix années d’heureuses rencontres. Il a permis ainsi au Centre Pompidou de collecter un fond d’archives des plus incroyables. Voilà qui est impensable pour la Cité de Chaillot, la malheureuse bien incapable de surprendre. Une leçon !

02(@Cantafora)_B.jpgParmi les documents les plus importants, la reproduction de la fresque de la Città Analoga. «Le concept d’analogie appelle la ville à se constituer autour d’un monument. Il s’agit là de la permanence gréco-romaine. Mais, derrière les styles et les époques, c’est davantage la permanence des dimensions et des fonctions», indique le commissaire.

Aussi, à l’image, la ville idéale mélange les monuments en une composition à la Chirico. A chacun de reconnaitre Boullé, Behrens, Loos. «La ville est un théâtre, une scène sur laquelle il faut agir», poursuit Frédéric Migayrou.

L’écho de la Tendenza est aussi lié à ses rapports outre-atlantiques. Eisenman, Grave, Meier, Rowe comptent parmi les figures importantes participant à la Triennale de Milan où Aldo Rossi publie son Architettura razionale. En ces temps, un nouveau discours sur la ville émerge.

«C’est là et ce n’est pas connu. Beaucoup ont parlé de la ville après cela sans comprendre vraiment quelle était l’origine de ce discours», regrette le commissaire. Aussi, l’exposition tente de donner les «sources critiques» voire un «outil de légitimation».

Bien avant Grumbach, Portzamparc ou Koolhaas, l’Italie avait pris ses distances quant au modernisme de la reconstruction d’après-guerre. «Les villes italiennes n’ont pas d’extériorité. Tours et barres étaient alors érigées dans les champs». Les architectes proposaient en réaction la fracturation des bâtiments pour la création de place.

03(@FrancoPurini)_S.jpgCarlo Aymonino appelle quant à lui à la fragmentation du programme pour faire de l’objet architectural un objet urbain. L’appel à ne plus faire d’objet célibataire était donc lancé. Voilà, soit dit en passant, qui semble de nouveau oublié.

Bref, «à une première génération d’enseignants (Carlo Scarpa, Bruno Zevi, Franco Albini, Ignazio Gardella) s’ajoute de nouvelles personnalités (Giancarlo de Carlo, Aldo Rossi, Constantino Dardi) qui lancent plusieurs études de cas afin d’analyser les tensions entre ville historique et territoire», note Frédéric Migayrou.

«La Renaissance parasite alors l’architecture moderne», reprend-il. Porthogesi et Rossi signent pourtant un retour des formes géométriques. «Le type se constitue peu à peu en fonction des besoins et des aspirations à la beauté», cite-t-il. S’il s’agit de lutter contre l’historicisme académique, l’Italie se cherche avant tout une signature particulière.

Toutefois, «le Rissorgimiento n’est pas fini» et l’unité n’est pas acquise. «En 68, la séparation est dure entre anars, situationnistes et maoïstes. Les tensions portent sur les résolutions politiques de l’architecture».

04(@CarloAymonino)_S.jpgRome, Naples, Milan, le débat éclate dans toutes les villes. «En 73, ce sera la fracture entre radicaux et utopistes».

La Tendenza se livre alors à la confrontation des idéaux. Le positionnement était nécessaire. «Faire des films, des images, des publications de toutes sortes, voilà une pratique culturelle sinon une manière de faire de l’architecture en investissant tous les domaines de la représentation», assure Frédéric Migayrou.

Beaubourg en offre les témoignages. Outre les projets connus, la Torre Velasca de Milan ou le Théâtre du Monde, à Venise, l’exposition revient sur des propositions plus théoriques, méconnues.

Dessins, esquisses, croquis attestent «du temps de la réflexion». Que ne peut-on s’émerveiller devant les dessins de l’unité d’habitation Monte Amiata de Carlo Aymonino, devant les collages et les aquarelles d’Aldo Rossi, les encres de Chine de Franco Purini ou les études du GRAU ?

S’il est parfois difficile d’accéder aux propos passionnés de Frédéric Migayrou, la sélection de documents parle d’elle-même et suffit à convaincre. Transfiguration du modernisme, idée de la fin d’une histoire, la Tendenza signe une époque. «Réactiver les sources», souligne le commissaire.

Réactivées.

Jean-Philippe Hugron

05(@GRAU)_S.jpg

Réactions

mX | architecte | idf | 06-09-2012 à 00:24:00

C'est totalement inconsistant!

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