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Visite | Palais des sports de Rouen de DPA : un geste, oui mais urbain  (19-09-2012)

Une pyramide, le vide, une pyramide inversée. Ouvert au public depuis le 8 septembre 2012, le nouveau Palais des sports de Rouen (76) - de son nom institutionnel Kindarena - signé Dominique Perrault, tient sans conteste de ces beaux gestes architecturaux. «Pas un objet posé là mais un véritable projet urbain», assurent les acteurs du projet.  

Sport | Bâtiments Publics | Rouen | Dominique Perrault

Pas gratuit, le geste. Iconique surtout. Avec ses gradins menant jusqu’à l’entrée publique du bâtiment, vitrée de toutes parts, ce Palais des sports de 17.000m² au total est recouvert d’une toiture formant une pyramide inversée au sud-est de l’équipement. Un stade, en somme. «Issu d’un vrai travail de topographie», précise Dominique Perrault.

Bardés d’inox poli miroir, les emmarchements inversés du toit offrent des reflets en veux-tu en voilà du plus bel effet. Ils donnent effectivement, ainsi que le souligne l’architecte, «une impression d’apesanteur».

D’aucuns, soucieux du détail, remarqueront les croix scandant la sous-face grâce aux reflets des joints. Impeccable détail. «Cette sous-face fut la partie la plus délicate à mettre en oeuvre. Si la forme est facile à dessiner, elle est complexe à découper et à assembler sur place».

«Un véritable bâtiment urbain», soulignent tour à tour Dominique Perrault et Laurent Fabius, présent au titre d’ancien président de la maîtrise d’ouvrage, la CREA (Communauté d'agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe), à l’occasion d’une visite de presse organisée le 7 septembre dernier. «Il ne s’agit pas de construire un Palais des sports mais aussi d’animer le coeur de l’agglomération rouennaise», précise Frédéric Sanchez, nouveau président de la CREA.

L’équipement, implanté sur la rive droite de la Seine, semble bien desservi, entre pôle d’échanges, docks et quais de Seine. Laurent Fabius ne dira pas le contraire : «l’équipement est très bien raccordé aux transports en commun et compte un parking de 1.000 places».

Par ailleurs, l’angle sud-est invite effectivement à l’appropriation ; entre les gradins et le vaste parvis minéral qui les prolonge - compter 11.000m² d’espaces publics hors voirie - d’imaginer sans difficulté l’endroit transformé en aire de jeu et les marches peuplées par les flâneurs.

«Tout est basé sur la mise en place de l’espace public», confirme Dominique Perrault.

Il y a quelque chose en Kindarena de la Très Grande Bibliothèque de Paris. «A l’image de la BNF, cet équipement va au-delà de son strict usage fonctionnel et, grâce à son parvis, crée le liant avec la ville ; une transition sans murs ni grilles», dit-il.

«Quand les stores recouvrant les surfaces vitrées sont relevés, une grande fenêtre s’ouvre sur la ville», poursuit l’architecte. Ce jour-là, dommage, les protections sont baissées même si l’effet belvédère se ressent une fois gravies les marches composant le socle de l’équipement.

02(@DPA-Adagp).jpgBref, sans conteste urbain parce qu’offert au public, Kindarena est-il pour autant un initiateur urbain ? A l’architecture l’impulsion mais à la programmation d’en assurer, in fine, le rayonnement. «Nous sommes confiants», affirment sans surprise les élus.

Contournant le bâtiment au nord et à l’ouest, les curieux découvrent des façades plus introverties, en verre et métal, contrastant avec l’ouverture sud-est. De fait, ici sont desservis les accès techniques et l'accès aux sportifs.

A l’intérieur, le spectateur accède sans tarder à la première des deux arènes. C’est-à-dire un terrain de sports cerné de gradins pouvant accueillir jusqu’à 6.000 spectateurs.

Afin d’attirer les regards vers le coeur de l’espace, Dominique Perrault a choisi de peindre l’ensemble des surfaces intérieures, y compris la charpente métallique, en noir. «A l’image d’un théâtre», dit-il.

Entre les surfaces sombres et l’accès, qui se fait depuis le sommet des gradins, le Palais des sports de Rouen est aussi monumental à l’intérieur qu’à l’extérieur.

«La peinture noire permet de noyer les installations techniques qui sont toutes apparentes». Les noyer sans les cacher car, là encore, Dominique Perrault a pris soin du détail. «Nous sommes dans un équipement franc, qui dit ce qu’il est». Iconique jusqu’au bout du gradin.

03(@GeorgesFessy-DPA-Adagp)_B.jpgLa visite se poursuit. «L’acoustique a été travaillée non seulement pour accueillir des événements sportifs (notamment hand, volley, basket, boxe, gymnastique, tennis de table, etc.) mais aussi des événements culturels, des concerts par exemple». Cela vaut également pour la deuxième arène, accueillant jusqu’à 860 spectateurs.

Sinon, compter, sous le socle, les espaces réservés à l’administration au nord et les espaces de réception au sud. Une façon de rentabiliser l’équipement et d’éviter au contribuable d’en porter la charge de fonctionnement. De le rendre plus urbain encore.

Emmanuelle Borne

Fiche technique

Programme et surfaces : espaces de réception, espaces réservés à l’administration et deux salles de sports d’une capacité d’accueil de 6.000 (4.400m²) et 860 personnes (1.700m²)

Maitrise d’oeuvre : Dominique Perrault Architecture
Maîtrise d’ouvrage : CREA, Communauté d'agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe
BET : Khephren Ingénierie (structures), Alto Ingénierie (fluides), RPO (économiste), Jean-Paul Lamoureux (acoustique et éclairage)

Surface construite : 17.000m² SHON 
Surface du parvis : 11.000m²
Concours : 2006
Début des travaux : 2010
Livraison : septembre 2012
Coût : 52,4M euros HT tout compris (bâtiment, honoraire, dépollution, etc.)

04(@GeorgesFessy-DPA-Adagp).jpg

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