Construit depuis presque deux ans, le New Amsterdam Plein & Pavilion a finalement ouvert l'été dernier sur la Peter Minuit Plaza, à Battery Park, à New York. Signé UNStudio, l’ouvrage est un présent offert par les Pays-Bas aux New-yorkais. Conçu en 2008, le pavillon a reçu en 2010 le design AIA award. Livré en 2010, ouvert au public en 2011, 2,3 millions de dollars... Un cadeau utile ou simple folie ?
New York (de notre correspondant) - A la pointe de Manhattan, où convergent tous les transports - ferries, bus, métro, trains, voitures et vélos -, plus de 70.000 passants par jour et deux millions de touristes par an traversent the New Amsterdam Plein et la Peter Minuit Plaza. Peter Minuit ? Du nom du second directeur de la colonie de New Amsterdam qui, vers 1626, a conclu le marché pour partager avec les indiens l’île de Manhattan.
Sauf que si le royaume néerlandais a fait ce cadeau à New York, c’est en fait en l'honneur du 400e anniversaire de l'arrivée de Henry Hudson. L’explorateur était anglais, certes, mais travaillait pour la Compagnie néerlandaise des Indes orientales lorsqu’il a jeté l’ancre dans la baie de Manhattan en 1609, quatre-vingt cinq ans après la découverte de la future Nouvelle-Angoulême par l’Italien Giovanni da Verrazzano pour le compte de François Ier.
Le projet a donc pris place à la pointe sud de Manhattan, un site idéal à proximité de l’endroit même où le bateau de Henry Hudson a amarré pour la première fois. En face, le récent et très emprunté terminal de ferry pour Staten island. «L’histoire rencontre le futur», explique l’architecte Ben Van Berkel, fondateur de UNStudio.
L’agence néerlandaise, notamment connue pour le pont Erasme à Rotterdam ou le musée Mercedes à Stuttgart, a proposé ici une girouette géante, fluide et futuriste. Ce pavillon de 500 pieds carrés (à peine 50m² à l’intérieur sur une surface au sol de 500m² environ) est un véritable objet de désir architectural, d’expérimentation spatiale, de transformation des murs, toits et planchers, le tout sur une surface continue, au sein de laquelle toute fonctionnalité devient presque anecdotique. Bref, une pure «sensation design», à prendre en photo avec un téléphone portable.
Attenant à une petite place - plein en néerlandais - pensée comme un «salon à ciel ouvert» où «des activités à la fois régulières et spontanées» peuvent prendre place aux côtés du marché aux fleurs notamment, l’architecte avait à l’origine imaginé ce pavillon comme un espace public ouvert, dédié lui aussi à «l’art, au design et à l’horticulture». Il s’agissait aussi d’offrir un centre d’informations sur la culture hollandaise et une carte interactive de l’activité new-yorkaise. Chaque pétale de cette fleur monumentale était donc dédié à l’un de ces programmes.
Aujourd’hui, le visiteur y trouve un snack avec terrasse ainsi qu’un point d’information pour les visiteurs de Batterry Park (le parc de l’artillerie) et un modeste plan de Manhattan projeté sur une des parois en verre.
Si le programme est moins ambitieux qu’à ses débuts - ce n’est rien de l’écrire - cela importe peu au final puisque l’expérience sculpturale compte davantage ici.
Préfabriquée en Virginie, la structure est en acier, complétée par des fermes de bois et recouverte d’une coque composée de plaques de bois incurvées. L’ensemble est isolé des intempéries par une couche de goudron et de peinture, à la manière d’une coque de bateau renversée. A l’intérieur, les courbes des grands plateaux de bureaux en Corian remontent jusqu’au plafond.
Cependant, malgré ses formes originales, le pavillon a du mal à exister dans l’environnement urbain surchargé qui est le sien. Sauf, peut-être toutes les nuits, à minuit pile, quand le pavillon est illuminé de couleurs irisées, hommage posthume et quotidien à... Peter Minuit.
Benjamin Loiseau
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AkoZ for SiZ-o lab | coopérateur référent | france | 29-09-2012 à 10:04:00
Merci BL pour cette mise en valeur.. Le lien entre cultures se faisait par des monuments dédiés, respectueux.. de bronze ou de pierre.. Aujourd'hui dans un monde totalement dynamique, les symboles portent des synergies.
Et cette construction est une NutriTopie, un lieu de contexte privilégié qui permet ces échanges locaux de plus en plus urgents et nécessaires. Petite fleur au milieu d'une infrastructure écrasante, les hommes resurgissent de sous les murs pour se réunir et créer LEUR monde: celui d'un !NOUS généreux et ouvert.
docs: NutriTopies: http://sizo.future-architecture.org/?s=nutritopie et ce qui peut s'y produire: http://pear.ly/8vLb
fissac | collaboratrice | bagnolet | 27-09-2012 à 13:08:00
merci pour cet article riche en enseignements, voyage au coeur de la cité symbole de ses différents migrateurs, voyage au coeur de l'histoire et de ses graines semées au fil du temps qui éclosent en une fleur resplendissante de lumière! étrange et mystérieuse, décalée ce qui en fait sa beauté et nous porte à rêver
Mies van GELDER | ami | 20-09-2012 à 22:57:00
Bel article "historique' sur l'origine de NY, et le rôle joué par le Royaume des Pats Bas, héritier de l'empire Ottoman at 17e Siecle - celui de Spinoza Erasme, Descartes, Rembrandt, et plus proche de nous, Berlage et de Stijl,( sans qui Mies n'aurait pas été ce qu'il est devenu) Mondrian, (Van) Beethooven, et ali???
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