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Exposition | Pavillon de l'Arsenal : Paris 'out of the box' (11-10-2012)

Organisées du 2 au 21 octobre 2012 au Pavillon de l’Arsenal (Paris 4e), deux expositions* de travaux d’étudiants se font écho : 'Paris Possible' est composée d’architectures alternatives investissant les interstices de la capitale tandis qu’'Architecture without content' propose de rendre ses lettres de noblesse à l’architecture dite de périphérie.

Vie étudiante | Europe

Deux sujets alléchants, deux expositions plus qu’honorables. En ce samedi 6 octobre, sur la mezzanine du Pavillon de l’Arsenal, il n’y a pourtant pas foule.

Au visiteur d’emprunter, au choix, l’escalier de droite pour commencer par l’exposition 'Paris Possible', signée des étudiants de l’Ecole Spéciale d'Architecture, sous la houlette des enseignants Jean-Christophe Quinton, Thomas Raynaud et Sébastien Chabbert ou l’escalier de gauche pour se plonger dans 'Architecture without content', conçue par les étudiants de l’Académie d’Architecture de Mendrisio, en Suisse, sous la direction de Kersten Geers.

Droite doute, direction 'Paris Possible' ! Didactisme oblige, un panneau à mi-chemin expose les intentions à l’origine du projet : «les situations urbaines qui semblent les plus contraintes, les plus insurmontables, peuvent devenir les lieux d’une architecture étonnante et inattendue pour les usagers».

Ayant arpenté la capitale et repéré vingt-cinq sites 'extrêmes' - lieux interstitiels ou résiduels, micro-fonciers délaissés -, les étudiants de l’ESA ont ensuite imaginé trente-cinq projets formant autant d’architectures «optimisées et singulières» permettant, par là même, de «déstigmatiser» les sites au sein desquels elles s’implantent.

Pour les incarner, honneur à la maquette. Ainsi, 'Paris possible' est composée, d’une part, d’une maquette de localisation et, d’autre part, de maquettes représentant les différents projets au 50e et au 20e.

02(@11h45)_B.jpgDommage que ces modèles réduits soient entassés sur un même plateau : au visiteur de distinguer avant de regarder. Enfin, des projets sortent du lot, tel celui choisi pour représenter l’exposition, ce syndicat d’initiative perché au sommet d’une longue ascension ou encore cet hammam coincé au sein d’un îlot, deux projets situés dans le XXe arrondissement.

Qu’ils aient pour enjeu de se lover au creux d’interstices ou de s’élever au-dessus des toits, chaque projet doit sa singularité à sa forme plus qu’à son programme puisque, de fait, «leur point commun est de transcender les contraintes extrêmes de leur milieu grâce à l’efficience de leur forme».

O douce forme, entrée en matière idéale pour les étudiants. Ainsi que pour les visiteurs. De regretter pourtant que les enseignants n’aient pas préféré l’analyse urbaine au simple repérage comme entrée en matière et le programme à la forme comme présupposé. Alors, telle bibliothèque - ou piscine, potager, mosquée, garage à vélos, salle de sports, galerie d’art, etc. - apparaîtrait, au regard du site, ingénieuse plutôt qu’opportuniste.

Bref, imaginatifs et finement incarnés, «les paris des possibles» des étudiants de l’ESA manquent néanmoins d’un peu de sel.

Au tour d’'Architecture without content'. Points communs avec la précédente : Paris, ici en sa périphérie et, surtout, les formes. Singulières dans 'Paris Possible', elles sont standardisées dans 'Architecture without content'.

L’exposition montée par les étudiants de l'Académie d'Architecture de Mendrisio a en effet pour enjeu de rendre ses lettres de noblesse aux boîtes peuplant la périphérie parisienne, 'Big boxes' que Kersten Geers définit comme «les monuments de notre XXIe siècle». Centres de données, usines de recyclages et installations de stockage doivent être traités avec «dignité» et «leur puissance canalisée au bénéfice de la ville».

03(@11h45).jpgA partir de cette problématique, les trente projets d’'Architecture without content' ont pour fil rouge «l’économie de moyens», d’où des propositions sans contenus précis. Ici, l’absence de programme est un postulat.

Ayant analysé trois 'Big Boxes' réalisées les quarante dernières années à Paris - Beaubourg de Piano+Rogers, la TGB de Dominique Perrault et l’espace d’Abraxas de Bofill -, les futurs architectes en ont extrait un vocabulaire qu’ils ont ensuite interprété sur différents sites à Saint-Denis, au Blanc-Mesnil et à Sevran.

Dotées d’un toit en pente, d’une cheminée et de sheds, composées de cylindres, etc., les nouvelles boîtes sont présentées chacune sous forme de plans, d’élévations et de trois perspectives - mention spéciale à l’impeccable trait - représentant trois échelles, du paysage au détail en passant par le tissu urbain.

Là encore, quoiqu’embarqué, le visiteur reste sur sa faim. En effet, puisque l’enjeu est la boîte en tant que composant territorial, quelle que soit sa destination, alors pourquoi n’avoir pas mis davantage l’accent sur l’échelle urbaine ? Bien que présentées comme objets des deux expositions, Paris et sa périphérie sont, in fine, singulièrement absentes.

Restent deux sujets 'out of the box' et des projets joliment représentés.

Emmanuelle Borne

04(@11h45)_S.jpg* Du 2 au 21 octobre 2012 au Pavillon de l’Arsenal, 21 boulevard Morland 75004 Paris :
'Paris Possible', exposition des travaux des étudiants de l'Ecole Spéciale d'Architecture, Paris
Sous la direction de Jean-Christophe Quinton, Thomas Raynaud (BuildingBuilding) et Sébastien Chabbert
'Architecture Without Content', exposition des travaux des étudiants de l'Académie d'Architecture de Mendrisio, Suisse
Sous la direction de Kersten Geers et David Van Severen (Office), Andrea Zanderigo et Carola Daldoss

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