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Présentation | A Nîmes, une école par la contrainte des arbres (17-10-2012)

La filière sèche ? Question d’école. A Nîmes (30), Tectoniques et Atelier GA ont livré, en décembre 2011, un établissement scolaire mêlant classes maternelles et centre de loisirs. Trois gammes de matériaux, des arbres centenaires, un parti constructif simple et une géographie sans ambigüité caractérisent un édifice «pacifique».

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Le bois ? «Quand nous sommes sortis de l’école d’architecture, nous étions passionnés par l’évolutivité et l’efficacité des constructions en mécano industriel, à l’image des case study ou plus généralement des bâtiments issus de la filière métal», explique Max Rolland, associé de Tectoniques. 

«Monter des bâtiments en gants blancs», tel est l’objectif de l’agence. Aussi, pour une école à Nîmes, elle privilégie le bois, associé au métal et à la pierre. «Notre parti n’est ni contextuel ni empathique», assure Max Rolland. Pour autant, «la cohabitation fonctionne» et l’école se présente telle «une figure pacifique».

«Le site est ingrat. Nous sommes au coeur d’un tissu de maisons roses et de pavillons néo-provençaux, en périphérie de la Ville de Nîmes», indique l’architecte. Aucune attache donc et, pour autant, aucun conflit.

02(@JeromeRicolleau)_S.jpgA deux cents mètres, Némausus. «A voir, même vingt ans plus tard». Le clin d’oeil est là mais la citation quasi inexistante. «L’école est un objet qui crée son monde et assure sa propre autonomie», souligne-t-il.

Des toits en tuile romaine, émerge alors le parti contemporain d’une école. La présence est d’autant plus forte que l’édifice se pose sur une plateforme surélevée d’un mètre par rapport au terrain naturel.

Au-dessus, s’organise un rez-de-chaussée où sont localisés les espaces de partage ainsi que le restaurant. Les classes sont, quant à elles, à l’étage. «Une curiosité pour une école de la petite enfance dont nous avons fait une qualité», confie l’architecte.

Le parti est en effet contraint par un Plan de Prévention des Risques d’Inondations très strict, notamment depuis les graves inondations de 1988. Pour être protégées, les salles de classe ont du être positionnées au premier étage.

03(@Tectoniques).jpgAu départ donc, un terrain. Des platanes aussi. «Nous avons essayé de nous glisser entre les arbres. L’ajustement du projet s’est fait sur ce point. Il nous fallait libérer des espaces dans le système pour éviter la coupe», dit-il.

Qui plus est à l’ombre des platanes, la protection solaire est certaine. «Il y avait pour ce projet une forte ambition sur les questions écologiques et environnementales», indique l’architecte.

«Sur ce projet, tous les sujets sont traités, avec une priorité sur le confort d’été, la lumière naturelle et l’acoustique». Durant les mois de juillet et d’août, l’école se transforme en centre de loisirs.

«Pour les établissements scolaires, nous essayons de développer une approche particulière», assure Max Rolland ; chaque âge nécessite une «ergonomie» et un «rapport sensoriel» différents.

04(@JeromeRicolleau).jpgCe qui implique l’attention particulière portée à la lumière naturelle et artificielle. «Nous avons une approche ambitieuse où chaque espace est rétro-éclairé. Nous offrons des doubles orientations et contrôlons les lumières indésirables», souligne l’architecte.

Première en France, cette école fait l’objet d’un «éclairage biodynamique», où la température et la couleur évolue avec le cycle métabolique de l’enfant. A peine perceptible, le passage s’opère d’un bleu lumineux en début de journée pour adopter des couleurs plus chaudes le soir.

L’objectif est de «pacifier l’ambiance» et d’éviter «toute agression lumineuse». «Nous sommes sensibles à cette question. La lumière est généralement mal étudiée et les architectes se contentent souvent de surveiller le design des appareils mais assez peu les températures de couleurs ou la qualité des sources», dit-il.

Par ailleurs, le confort se retrouve également, selon ses concepteurs, dans «une géographie sans ambigüité». Il s’agit alors de clarifier le statut des objets.

05(@JeromeRicolleau).jpgLisibilité donc. Pour ce faire, transparence et légèreté sont de mise. Outre le bois, le métal est mis en oeuvre. «L’école est sur pilotis et les poteaux en acier permettaient de limiter l’impact visuel de la structure. Le bois est plus massif», assure l’architecte. Dont acte.

Enfin, pour assoir le bâtiment, de la pierre est utilisée «à la manière de Gilles Perraudin». «Inertie, stabilité et rapport au site» sont les arguments avancés.

Bref, Tectoniques illustre ici son savoir-faire en matière d’équipement scolaire. Prochaines livraisons : Vaulx-en-Velin, Rillieux-la-Pape, puis Autun. Autant de projets pour une agence qui ne revendique pas «un travail d’auteur».

«L’architecture est un sport d’équipe, ouvert et partagé. Dans cet esprit, nous avons récemment intégré à l’agence l’ingénierie et l’économie du bâtiment. Nous travaillons à l’anglo-saxonne pour être maîtres de notre dessin».

So do they !

Jean-Philippe Hugron

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