Pour sa quatrième édition, le Jury du concours Algeco 'Architecture(s) Elémentaire(s)' s’est réuni le 11 septembre 2012 afin d’étudier et de départager les dizaines de projets reçus sur le thème de la construction nomade et évolutive en milieu urbain. A l’issue des délibérations, 3 premiers prix et 2 mentions spéciales ont été attribués. Communiqué.
«Le cru 2012 est étonnant de maturité, avec une approche particulièrement poussée de la reprise d’espaces en milieu urbain», a déclaré Bertrand Quénot, Président Algeco SAS.
La remise officielle des prix aura lieu à Paris le 1er semestre 2013.
Le ruban Algeco - Une agrafe urbaine : 1er prix
La question urbaine est largement conditionnée par les infrastructures qui préfigurent l’aménagement des villes. Dévoreuse d’espace et pourvoyeuse de nuisances, l’infrastructure est souvent mal perçue. Comment retourner cette image pour réconcilier l’infrastructure à la ville ? Comment favoriser son appropriation par les habitants pour qu’elle devienne ce lieu commun, de partage au coeur de la ville ?
Le mur de soutènement de la ville haute, élément majeur de la métropole marseillaise, se situe à une position stratégique au carrefour des mobilités entre le vieux port et la colline de Notre-Dame de la Garde. Opérant une cassure entre ces deux entités géographiques, il constitue une limite franche : la ville haute et son église, la ville basse, ses bateaux de plaisance et le ballet incessant des voitures.
Se placer 'entre' apparaît être une façon de réinventer cette ligne pour lui donner une épaisseur que l’on peut occuper, entre ciel et terre, entre terre et mer. La vue depuis la place Saint-Victor est conservée. Seul un module Algeco appelle la curiosité et matérialise l’accès à l’ensemble suspendu.
Qui n’a jamais rêvé de parcourir ces grands murs, de pouvoir les arpenter, les escalader, les toucher... ? Le ruban Algeco déroule un parcours le long de ces parois verticales. Sur Marseille, sa position singulière lui confère un caractère métropolitain, en réponse à l’échelle du piéton mais aussi en réponse à la voiture et aux flux importants qui caractérisent ce lieu.
Le projet, qui met en scène et offre à voir, devient lui-même un objet que l’on regarde puisqu’il s’offre en spectacle à la ville.
Alexis Hupin, ENSA Marseille Luminy, architecte HMONP / David Leininger, ENSA Marne la Vallée, architecte HMONP
Face B : 2e prix
L’espace public sera bientôt un luxe, il faudra alors se tourner vers des espaces de non lieu communément appelés les 'délaissés' pour créer les lieux communautaires de demain. Un entre-deux, une dent creuse, un mur pignon sont autant de petits espaces que d’histoires à inventer, que de lieux à imaginer.
Dans cette optique, nous avons décidé de travailler à partir d’un seul Algeco pour une emprise au sol minimum et d’exploiter au maximum sa volumétrie et son développé de façade. Six faces totalement réinventées pour agrandir, créer, alimenter le module. Avec la technique du Pop-Up, par un système ingénieux de pliages et de glissières, l’espace réduit à une face 10,20X2,90 se démultiplie. Ainsi, la façade qui, jusque-là, n’était qu’une enveloppe, devient un volume, du mobilier, un écran...
Une surprise inattendue, une hétérotopie à elle seule ! Refermé la nuit, l’Algeco occupe une surface résiduelle, il devient support de signalétique, d’information. Le jour, il s’ouvre à la ville et aux gens qui le font vivre pour s’introduire entre les bâtiments et créer de l’espace public créatif.
'Face B' est une gamme Algeco qui répond à un besoin d’ailleurs ensemble, un oasis dans la ville, un cinéma dans les champs, une exposition sur un pont. Par une enveloppe générique productrice d’énergie et un système structurel innovant d’expansion dans l’espace, les possibilités sont infinies. L’imaginaire est accéléré, le paysage se transforme au rythme de nos propres idées.
Seuls ou combinés entre eux, les modules créent des lieux de convivialité multi-générationnels interchangeables et ouverts.
Baptiste Franceschi, Stéphanie Durniak, Caroline Mangin et Marie Fade, ENSA Marseille Luminy, architectes HMONP, Ateliers OH!SOM Architectes
Sous le périphérique : 3e prix
Gourmande d’espace et source de nuisances, l’infrastructure autoroutière est perçue comme négative en ville. En pénétrant dans la ville, elle produit des coupures physiques qui défavorisent l’environnement social et économique des espaces limitrophes et résiduels. Ces structures fissurent littéralement des quartiers en deux. La connexion entre deux quartiers traversés par une infrastructure routière comme le périphérique est difficile et désagréable pour le piéton ou le cycliste, usagers de la ville.
Il existe plusieurs typologies d’infrastructures autoroutières dans la ville : en tunnel, en tranchées, en surface ou surélevé. En étudiant un peu le périphérique parisien, surtout dans l’actualité du 'Grand Paris', on se rend compte que les espaces traités pour l’instant sont ceux répondant à la typologie en Tunnel ; on recouvre le périphérique pour en faire un espace au-dessus agréable pour les piétons. Mais que fait-on alors lorsque le Périphérique est surélevé, comme une grande partie de Paris Nord Est ?
La structure Algeco nous paraît une bonne solution pour offrir à la ville des nouveaux lieux originaux conciliant infrastructures autoroutières et espaces de la ville. Ces espaces résiduels se situant sous le périphérique sont souvent devenus des abris pour SDF et, au vu du nombre croissant d’hôtels utilisés par le Samu social de Paris et de l’augmentation du nombre de prises en charge hôtelières des personnes en famille, il semblait important de répondre à la demande croissante du logement d’urgence à Paris en densifiant ces espaces.
De plus, pour offrir un lieu de convivialité et de proximité multi-générationnels, une mixité programmatique est importante. Ainsi, l’implantation de pépinières de jeunes entrepreneurs, d’associations pouvant offrir des cours de sport et de musique ou encore des activités liées à la piste cyclable tel que le 'Velo rution' répondent à la demande de pôles de vie communautaires hybrides.
Lorine Dufat, ENSA-Paris Belleville, Architecte HMONP, Damien Boboc, ENSA-Paris Val de Seine, Architecte HMONP, François Giannesini, ENSA-Paris Val de Seine, Architecte
Para-cité : mention spéciale
Face aux problèmes d'étalement urbain, de la réduction des espaces publics des villes, de la raréfaction du foncier, nous avons pensé à utiliser les bâtiments existants comme terrains d'expérimentation pour de nouveaux modules Algeco. Ceux-ci viennent 'parasiter' les façades des villes créant ainsi une nouvelle forme d'habitat au sens large (logements, musées, bars, terrasses, événementiel...). De cette manière, l'espace public ne reste pas limité au sol mais se développe en hauteur et permet ainsi d'investir l'ensemble de la ville dans les 3 dimensions.
Sur la base d'un module Algeco cubique pour une plus grande modularité, nous avons dessiné une structure permettant d'assembler les modules à l'infini, aussi bien à l'horizontale qu'à la verticale. Cette structure permet une accroche aux bâtiments existants.
Ces éléments sont simples et leur nombre est limité pour permettre une mise en oeuvre industrielle. Cependant, le choix du bardage reste infini afin de l'adapter à chaque situation, en fonction du contexte ou du programme.
Ce principe permet de répondre aux nouvelles demandes de flexibilité des espaces, mais également à la mutation de la différenciation entre les sphères publique et privée, en proposant une enveloppe générique pouvant accueillir des programmes divers et autonomes, avec une forme faisant signal et de manière pérenne ou éphémère.
Ania Klukowski, INSA-Strasbourg, Architecte, agence kg-archi
Micro Macro : mention spéciale
La nécessité de contrer l'étalement urbain dans une optique de développement durable autant que dans une volonté d'améliorer le cadre de vie de tous nous amène à repenser la densification de nos villes, qui peuvent nous apparaître saturées.
On constate une volonté générale de se réapproprier son cadre de vie accompagnée d'une émergence de projets qui visent à revitaliser des quartiers à l'initiative de collectifs d'architectes qui incorporent les populations au processus de conception et de réalisation. Ces projets sont liés à la festivité, à la flânerie, à la culture, à l'information, au partage et à l'échange en contestant une notion exclusivement marchande de la ville.
L'utilisation de l'Algeco est adaptée à ce processus car réactive, immédiate, modulable et réversible. Par le biais de l'Algeco, les habitants et usagers peuvent se réapproprier la construction et la transformation de leur environnement et ainsi de la vie de leur quartier.
Cette démarche créative et ouverte nécessite un espace de conception et construction de ces projets. Celui-ci s'intègre dans un réseau urbain qui permet leur diffusion. Ceci se présente comme un chantier participatif intégré dans un quartier dynamique qui fonctionne en synergie avec le chantier.
Brice Rosaye, Jérémie Dru et Louis Befve, ENSA-Paris Val de Seine, Architectes, Antoine Seguin, ENSA-Paris Val de Seine, Architecte HMONP
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