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Visite | Logements à Nanterre : le vert X-TU, de la signature à l'engagement (31-10-2012)

Livrés en septembres 2012 par X-TU (Anouk Legendre, Nicolas Desmazières), les 160 logements composant l’une des récentes livraisons de l’opération les Terrasses à Nanterre (92) comptent trois maîtres d’ouvrage différents. A la mutualisation des acteurs font écho des jardins partagés dont les architectes ont prévu de définir la gestion en collaboration avec les habitants.

Logement collectif | Nanterre | X-TU

«Si ce n’est pas maintenant, ce sera quand ?». Anouk Legendre, co-fondatrice de l’agence parisienne X-TU avec Nicolas Desmazières, fait référence à leur travail de recherche prospective.

S’étant dotée d’une cellule R&D en 2011, X-TU s’attache à développer un procédé transformant des façades en champs 'algocoles' verticaux. Une lubie ? Certes, l’engouement pour l’agriculture en ville apparaît comme une nouvelle tendance mais, compte tenu de l’investissement de ces architectes en la matière, difficile d’en douter : pour les associés de X-TU, il est davantage question de croyance que d’opportunisme.

Les 160 logements à Nanterre illustrent leur engagement. Vu de l’extérieur, RAS en la matière. Ce qui saute aux yeux est surtout l’aspect graphique et sculptural des façades.

Certes, le dessin, en creux, de la peau est, à l’instar du vert chlorophylle dont l’agence ponctuait ses premiers projets, une signature X-TU. Mais, considérant l’austérité d’un site en mutation dans le cadre de l’opération les Terrasses, ainsi que l’ampleur du programme, heureusement que les architectes ont animé le volume et les surfaces de ce bâtiment.

«La densité du programme est telle que nous voulions éviter une grande barre», confirme Anouk Legendre à l’occasion d’une visite de presse organisée le 16 octobre dernier.

Par ailleurs, «il nous était demandé d’adopter, pour la façade sud, une écriture tertiaire en écho à la préfecture des Hauts-de-Seine, signée Wogenscky». Pour autant, Anouk Legendre et Nicolas Desmazières tenaient à conférer un aspect domestique au projet «afin que les habitants s’y retrouvent».

Alors, X-TU a découpé les contours du bâtiment à l’instar «du skyline d’une petite ville». Résultat : posés sur un socle commun, cinq volumes composent le projet. Afin «d’individualiser» davantage encore les façades, des carrés peints d’une lasure argentée ou dorée animent en la pixelisant la façade nord. Au sud, les architectes ont creusé des failles dont les surfaces mordorées contrastent avec une double peau composée de ventelles.

02(@LucBoegly)_B.jpg«Nous avions le droit d’avancer de deux mètres sur la limite du terrain d’où cette façade-serre qui s’ouvre en été», précise Anouk Legendre. En fait, le motif sérigraphié plus ou moins dense des brise-soleil cache des espaces de vie supplémentaires de vingt mètres carrés chacun. Une façon, aussi, de rendre les allèges et la structure invisibles.

Précisément, l’intention de X-TU est d’inviter les habitants à expérimenter en ces terrasses abritées des cultures d’appoint. A ce titre, dommage qu’elles ne soient pas dotées d’arrivées d’eau. «Une question de budget», répond Anouk Legendre. Compter 1.500 euros/mètre carré TTC.

«Tous les logements n’ayant pas accès à la façade sud, nous avons prévu, pour les logements orientés nord-est et nord-ouest, un accès à des potagers sur des terrasses communes».

Invisibles depuis la rue, ces jardins partagés, installés notamment au septième étage du premier volume, sont pour l’instant plantés d’engrais vert. Alors que les images du projet promettaient des sols en bois, les contours des parcelles cultivables sont finalement pavés de dalles anodines, à regret. Le budget, encore.

«Les habitants ont emménagé il y a quinze jours. Nous allons étudier la façon dont ces jardins vont être pris en main». Les associés de X-TU n’estiment pas leur mission accomplie avec la seule livraison du bâtiment. «Nous rentrons dans la deuxième phase du projet qui porte sur la gestion des jardins par les habitants».

Précisément, trois cas de figure se profilent selon les bailleurs, trois maîtres d’ouvrage s’étant groupés à l’occasion de l’opération : l’Office HLM de Nanterre, Toit et Joie - deux bailleurs sociaux - et Logipostel pour des logements en accession à la propriété.

03(@RenaudDessade)_B.jpg «Or, à chacun son appréhension du sujet en matière de jardin partagés». Par exemple, l’Office HLM a prévu d’en confier la gestion à une association, «la demande en la matière étant importante à Nanterre», assure Anouk Legendre.

«Nous avons convenu d’être invités aux réunions de bienvenue de chaque cage d’escalier pour aborder le sujet avec les habitants». L’expérience fait partie, pour X-TU, de son travail de recherche sur l’avènement de nouveaux modes de vie en ville.

«Plutôt qu’habiter en consommateur, nous voulons participer à la création d’un autre rapport au réel. Nous pensons que la tendance est à davantage d’autonomie mais il faut alors en fournir les outils aux habitants». Engagés, vous dit-on.

Et les logements ? Malgré les différents maîtres d’ouvrage, les prestations sont plus ou moins identiques. Généreux (afin d’optimiser la surface des salons, les architectes ont compacté au maximum les circulations), lumineux en vertu d’une double orientation, ils sont aussi préservés du bruit.

La précision n’est pas anecdotique car l’opération côtoie de près les infrastructures, le RER se situant à deux mètres du bâtiment et l’autoroute à quatre mètres. X-TU a donc mis en oeuvre un joint de fractionnement composé de boîtes à ressorts sur toute la longueur du projet pour assurer le degré d’affaiblissement acoustique nécessaire. A cet égard, les concessions faites au regard du budget semblaient inévitables.

L’engrais vert laissera-t-il place à des carrés verts ? D’aucuns peuvent se montrer perplexes quant à l’ambition de X-TU mais, vu le quartier, l’enjeu n’est pas un luxe.

Emmanuelle Borne

04(@LucBoegly)_B.jpgFiche technique

Maîtrise d’ouvrage : EPADESA (Aménageur), Toit et Joie (logements sociaux), OPHLM de Nanterre (logements sociaux), Logipostel (logements en accession)
Maîtrise d’oeuvre : Architectes : X-TU, Nicolas Desmazières et Anouk Legendre / Chef de projet : Nicolas Jomain
BET : CET (économie), Le Sommer Environnement (HQE), Lasa (acoustique)

Surface utile : 13.252m²
Nombre de logements ; 164 dont 67 en locatif (Toit et Joie), 45 en accession (Logipostel) et 52 en locatif (OPHLM de Nanterre)
Coût : 22.7M euros HT

Calendrier : Commande : juillet 2007 / Début du chantier : mai 2010 / Livraison : octobre 2012

Réactions

vania | 01-11-2012 à 12:53:00

Bravo aux architectes, magnifique travail plastique, fonctionnel et surtout de recherche
Un projet qui évolue avec les habitants, enfin suivi par les concepteurs.
Bravo à toute l'equipe!

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