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Cahier Spécial - Hôtels

Projet | Perspective historique pour Vasconi Associés Architectes (07-11-2012)

A La Défense, l'agence Vasconi Associés Architectes - Thomas Schinko débute enfin le chantier de l'hôtel Mélia, dont la livraison est désormais promise en 2014. Ouvrage posthume, il recèle pour Thomas Schinko, à la tête de l'agence depuis 2009 et Georgina Campos, chef de projet, les obsessions de l'architecte. L'histoire et le futur par delà l'épreuve.

Tours et gratte-ciel | Commerces et hôtels | | Vasconi Associés Architectes - Thomas Schinko

«L'agence travaille sur cet hôtel depuis dix ans. Ce projet tenait à coeur à Claude», assure Thomas Schinko. Et pour cause, l'architecte n'avait jamais construit de tour à La Défense et à l'époque du concours, en 2001, il n'avait réalisé qu'un IGH à Euralille.

«Ce bâtiment se voulait une figure de proue qui se dresse face à Paris. Le parti architectural exprime la volonté de créer un élément qui relie la ville à La Défense», poursuit l'architecte.

Le plan de Claude Vasconi était encore plus audacieux. Le projet s'inscrivait alors dans une vision plus large : un pont et deux tours venaient parfaire la perspective historique. «Claude était parti sur une réelle demande quant à la densification du site. Il avait même à l'époque recherché des investisseurs mais aujourd'hui ce projet n'est plus d'actualité», note Thomas Schinko.

Le jeune architecte a, depuis le décès de Claude Vasconi en décembre 2009, repris les rênes de l'agence. «J'étais son dernier associé. Il m'a demandé s'il resterait quelque chose... Aussi, je tente de continuer sa démarche de bâtisseur et de poursuivre sa méthodologie constructive», assure-t-il.

«J'ai intégré l'agence en 1997. J'étais alors à Berlin où Claude avait des bureaux. Nous étions là-bas, à l'apogée, jusqu'à vingt collaborateurs. Il avait même réalisé son premier bâtiment en Allemagne. Il avait travaillé au début de sa carrière avec Rolf Gutbrod», se souvient-il. Le goût de l'ingénierie déjà.

C'est à la demande des clients de l'agence, parmi eux, Vinci Immobilier, la maîtrise d'ouvrage de l'hôtel Mélia, que l'entité conserve son nom. «Claude était très lié à ses commanditaires. Il leur donnait une large place et les laissait s'exprimer. C'est le client qui, in fine, défie l'architecture».

02(@Vasconi)_B.jpg«L'approche pour l'hôtel de La Défense était sculpturale. Toutefois, nous n'avons pas gagné le projet sur la forme mais sur l'utilisation d'un terrain difficile». En plus d'une emprise stratégique, l'organisation en «espace servi / espace servant» s'avère adaptable au point que différents types de programmes auraient pu s'y inscrire aisément.

Pour preuve, en dix ans, les architectes ont travaillé sur ce projet avec différents hôteliers. « Nous ne pouvions faire évoluer la volumétrie, le permis de construire nous contraignait », indique Georgina Campos, chef de projet. Aujourd'hui, au programme, 369 chambres, un fitness, un bar panoramique, entre autres.

«Chaque hôtelier a un cahier des charges spécifique. L'approche est généralement plus thématique qu'architecturale à proprement parler», dit-elle.

«Après le décès de Claude, nous nous sommes interrogés. Devions-nous sortir ou non ce projet ? Il nous fallait trouver des solutions techniques en regard de contraintes économiques nouvelles et rendre la construction performante. En 2001, lors du concours, nous parlions de la RT 2005...», souligne-t-elle.

«L'architecture n'est pas que le dessin. Elle est aussi une approche conceptuelle qui transperce la réalité». Thomas Schinko se remémore l'approche du fondateur de l'agence. «Nous voulons nous inscrire dans la globalité de l'oeuvre. Il ne s'agit aucunement de formalisme mais d'une aptitude à évoluer avec la technologie», dit-il.

03(@Vasconi)_B.jpgA La Défense, le dessin est signé de Claude Vasconi. «L'identité de son écriture est marquée par des carapaces métalliques, des façades vitrées, une approche high-tech... un high-tech qui n'est jamais démesuré et sans cesse justifié», note Thomas Schinko.

Aussi, l'hôtel Mélia semble résumer, en partie, les obsessions de son auteur. Côté esplanade, plein sud, une façade «cristalline». En opposition, le long du boulevard circulaire, une façade métallique animée par le seul jeu des ascenseurs.

«Concernant la façade en verre, la difficulté tient de la contrainte incendie et du bombage de certains panneaux», indique l'architecte. Rendez-vous dans un mois pour le témoin de façade.

Parallèlement, l'agence mène le chantier d'une éco-cité au Mans et d'un incinérateur à Hong Kong. «C'est un projet phare de la ville, situé au coeur d'un parc écologique. Nous avons gagné ce concours en 2010. Hong Kong, ce n'est pas Claude. Nous ne faisons pas de mélange. Il n'aurait sans doute pas accepté les contraintes qui nous étaient imposées. Toutefois, nous continuons avec sa manière de faire, avec son environnement», témoigne Thomas Schinko.

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Hôtel**** de 369 chambres et suites
Bâtiment : IGH de 20 étages, sur 5 niveaux de services et infrastructures
Adresse : 2-4 Esplanade du Général de Gaulle, Courbevoie
Surface : 24 000m²

Maitre d’ouvrage : Vinci Immobilier
Architecte : Vasconi Associes Architectes - Thomas Schinko
Décorateur : Jean Philippe Nuel (Ocre Bleue)

Dates :
* Lauréat du concours : octobre 2001
* Livraison : 3e trimestre 2014.

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