Rudy Ricciotti, architecte, auteur du nouveau département des Arts de l’Islam au Louvre, s’émeut de la chronique 'L'Equerre d'argent, million dollar mamie' qui pose, entre autres, la question de «comment se débarrasser de Rudy Ricciotti ?». Au «raciste cognitif», réponse d’un «tricard».
Monsieur,
Vous dites «comment se débarrasser de Ricciotti» avec le tapis volant bling-bling des Arts de l'Islam... Cognitif raciste sans recul qui ne résume qu'incompréhension culturelle et politique sur la nature circonstancielle et contextuelle de ce cinquième département du Louvre. Oubliez un peu, cher gaulois, Calvin et pensez plutôt à Montesquieu et le voyage du persan à Paris.
Cependant, vous omettez de dire que je n'étais pas candidat. L'année dernière, le Musée Cocteau était nominé sans mon accord et j'ai écrit au Moniteur pour signaler que je n'étais pas candidat non plus. Je demandai de sortir cette réalisation de la sélection dont je n'avais pas été averti.
Mon statut de tricard n'est pas lié au Moniteur, qui publie régulièrement mes travaux, mais au prédateur Frédéric Lenne, dont l'épaisseur critique traduit l'autisme architectural consécutif au politiquement correct. La tendance est au social et au goupillon, c'est l'air du temps qui dure. Le courage de le dire et de l'écrire a son prix et je ne m'en plains pas. Je pense que Lenne fut le crétin responsable de la perte de prestige du prix. Quant au MuCEM, vos spéculations sur l'année prochaine sont infondées car le MuCEM ne sera pas candidat non plus, cela devrait vous réjouir.
Au demeurant, bravo pour nos jeunes confrères lauréats.
Votre appréciation sur leur condition provinciale est d'une facilité assez méprisante à leur égard. Elle fera réfléchir les confrères provinciaux.
Par contre, je vous dois un éloge, celui d'avoir les couilles d'acter la fraternelle 'French Touch'. Quoi de choquant ? Tout fonctionne comme cela dans ce merdier global qu'est notre métier, non ? Le syndicat des architectes varois, véritable Ku Klux Klan du pastaga, est plus virulent encore. Quand j'étais jeune, c'était le réseau des élèves de Ciriani qui frappait et on morflait sévère.
Avec la rareté de la commande, les années à venir vont être sanglantes. Les architectes chassent en meute pour survivre, comme les loups. Chasser en solitaire est plus périlleux.
L'important est d'être orchidoclaste.
Olé !
Bien à vous,
Rudy Ricciotti
VISION | ARCHI | Europe | 20-12-2012 à 20:31:00
Cher Confrère, Cher Christophe,
Rudy, ton enthousiasme fait plaisir à lire !
Je me permet d’intervenir ici en ma qualité d’architecte passionné d’orchidées collées aux murs ou aux plafonds (elles sont moins faciles à briser comme ça) et de « Loup solitaire » dixit notre ami journaliste qui a écrit à propos de moi dans ces colonnes ceci: http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article
695
« Un loup solitaire est un loup qui, quand il atteint l'âge adulte, est chassé de la meute car les marques de son pelage, pour des raisons génétiques, diffèrent par trop de celui, codé, de la meute. Il doit donc apprendre à survivre seul - une gageure pour un animal grégaire - avec l'espoir de croiser le chemin d'une louve, solitaire pour les mêmes raisons, avec laquelle une nouvelle meute verra le jour. »
Je devais rappeler à tous, comme l’a fait notre ami Christophe il a maintenant bientôt 7 ans, qu’on choisi pas le statut de loup solitaire ; quand on est un animal grégaire, il est toujours imposé par le groupe et on doit composer avec.
Etre un loup solitaire est donc éminemment plus périlleux que de chasser en meute !
Pour des raisons génétiques nous précise Christophe, Il ne peut s’agit d’une posture visant à se démarquer ou à se faire remarquer.
Il n’a jamais été vu non plus de « meutes de loups solitaires » non plus. Dommage.
Dés l’école (d’architecture), j’ai eu à faire face à ces meutes de loups et sauver de leur appétit vorace ces projets ; Nomade®, Greenwall® et bien d’autres, qui allaient faire mon activité de jeune loup pendant toute une décennie plus tard.
Ne crois pas que ces projets auraient été choyés, ni portés à leur terme jusqu’à leur réalisation par ces groupes si affamés qu’ils en deviennent contreproductifs. Ces « bébés technologiques » auraient surement été déchiquetés entre leurs dents acérées au terme de plus âpres combats encore.
Dans mon exercice, les même meutes, grossies de ceux nouveaux (qui ont été élevés sur les même bancs à l’école) m’ont cessé leur travail de sape, échaudées plus encore de l’affront qui leur a été fait (le motif du pelage sans doutes, dirait encore Christophe) et s’emploient à cette chasse « interne » qui n’est pas non plus une spécialité Française pour perdre de vue leur proie véritable dont ils ne saisiront que l’ombre.
Pas étonnant alors que seule l’ombre justement de l’architecture issue de ces meutes soit plus agréable au regard que les édifices eux-mêmes ! Toute cette énergie perdue et qui ne sert pas à élaborer des programmes de recherches transversaux, des matériaux innovants, des textures inédites, des structures avancées ou bien à inventer des registres formels nouveaux et contemporains, ou encore définir l’ergonomie d’aujourd’hui…
Le champ est vaste, il est tellement infini qu’il est donc insécable, nous ne le partagerons pas ainsi.
Enfin, les dangers qui guettent les loups solitaires sont nombreux, si l’architecte est un loup pour l’architecte, le loup solitaire doit faire face à des dangers venus de l’extérieur dont les meutes, protégées par le nombre, ne peuvent avoir idée.
Quand à la fameuse quête de la louve, elle aussi solitaire, je laisse mon ami Christophe à ses interrogations, en tous cas il est sur que deux loups solitaires peuvent s’épauler, cela s’est vu.
Pour autant si les hommes sont comme des loups, ce sont des animaux grégaires certes, mais tous uniques par essence. C’est là le caractère invraisemblable de là peur de la différence, mais l’humanité ne réagi pas la logique ; et je veux croire qu’il y a autant d’architectures que d’architectes. Même dans une meute la diversité existe, immanquablement.
Voyons le positif et espérons que des courants nouveaux, fédérateurs, comme celui du développement durable pourra rénover la pensée architecturale, donc dilater notre marché en le diversifiant vers des applications nouvelles et encore insoupçonnées et qu’enfin, au passage, sera aboli ce système de castes et non de clastes. Deux mots qui n’ont de commun, que le pouvoir de détruire.
Bien à vous deux également,
Jean-François Daures.
archijulien | 17-12-2012 à 14:32:00
@ Nicolas Felix-Faure : tu as fait une erreur de lecture, l'architecte Ricciotti prône la chasse en meute.
C'est une de ses devises...
mario | 16-12-2012 à 21:00:00
Pendant que je lisais cet article et leurs commentaires, j'écoutais Charles Wright (non rien à voir avec Frank Lloyd) et son "Comment (If All Men Are Truly Brothers)"... et j'invite tous les architectes français à en faire autant.
renaud | architecte | marseille | 16-12-2012 à 18:06:00
Qui pourrait douter de ton talent Rudy ?
Mais comment ne pas le lier à ta remarquable capacité a jouer de la provoc....Tu les brises a tout le monde mais c'est ça qui est drôle !
Dans cet univers tellement parisien, que je connais d’ailleurs si peu, de courtisans et de bien pensants tu as cru un moment avoir ta place, je suis ravi d’assister a cette radicale prise de position tout a ton image.
Ton statut d’artiste maudit leur va si bien.
La course au prix ce n’était sans doute pas pour toi.
Toi qui fait encore parti des architectes contextuels maniant parti pris radicaux et poésie avec tant d’énergie comment a tu pu te fourvoyer dans ce piètre poulailler ;
Garde ta colére pour tes projets ...
nicolas felix-faure | architecte | rhone-alpes | 14-12-2012 à 10:48:00
confrère Ricciotti,
Tu prones ici la "chasse en solitaire" contre ceux "chassant en meute" mais un recent concours à Lezignan nous a démontré le contraire..révelant la puissance de ton reseau montpellierain qui t'a permis d'en etre le lauréat contre toute attente des organisateurs de ce jury..alors,fais ta belle architecture,que j'admire..mais ne soit pas trop orchidoclaste!!!
Julien Schick | 13-12-2012 à 12:25:00
No pasaran ! Orchidoclastie pour tous...
armatan | architecte | Marseille | 12-12-2012 à 23:33:00
Je partage entièrement le droit de réponse de mon confrère Rudy RICCIOTTI.
Je ne peux croire un seul instant que l'on puisse mettre en doute l'œuvre , le talent et la générosité des formes à la pointe de la perfection ...il FAUT VRAIMENT..."EN AVOIR" !! pour rayonner dans l'excellence. Tout ceci démontre bien que la pauvreté de l'esprit existe bien......misère !!!
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