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Résultat | Résultats du Grand Prix d'Architecture 2012 (20-12-2012)

Le 21 novembre 2012, l'Académie des beaux-arts a proclamé le palmarès du Grand Prix d'Architecture dont le thème, 'Maison Garder', invitait les participants à réfléchir sur la maison individuelle. Trois prix et deux mentions ont été décernés parmi les 19 finalistes. A noter que Simon Moisière, étudiant lauréat du Grand Prix avait remporté l'année précédente le deuxième Prix... Résultats.

Académie des beaux-arts | France

Thème : la maison individuelle

Le thème de cette année proposait de mettre la maison au centre de la réflexion des candidats, afin de la repenser dans sa composition et conception, en prenant en compte les nouvelles relations entre les individus, la famille et la communauté, mais aussi les nouveaux besoins de la société d’aujourd’hui (modes de vie, préoccupations écologiques, etc.).

Le concours

Créé en 1975, le Grand Prix d’Architecture est entièrement organisé par l'Académie. Le concours est individuel et comporte deux épreuves dont la première est anonyme et à remettre lors de l'inscription.

Il est ouvert à tous les architectes et étudiants en architecture, n’ayant pas dépassé l’âge de 35 ans au 1er janvier de l’année en cours.

Les candidats doivent :

  • > S’ils sont encore étudiants, poursuivre leurs études dans une école d’architecture de l’un des Etats membres de l’Union européenne ou de l’AELE (Suisse, Liechtenstein, Norvège et Islande) depuis le mois d’octobre 2010 ;
  • > S’ils sont architectes, posséder un diplôme d’architecte de l’un des Etats membres de l’Union européenne ou de l’AELE (Suisse, Liechtenstein, Norvège et Islande).

02(@Simon Moisiere)_B.jpgLe palmarès

Pour cette édition 2012, le jury a sélectionné 19 finalistes parmi les 104 dossiers reçus et a attribué les prix suivants :

1. Grand Prix d’Architecture de l’Académie des beaux-arts 2012 et Prix Charles Abella (dotation : 20.000€)
'Transhumance' / Simon Moisière, étudiant en master 2 à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles
La maison, située en Vendée, prend appui sur une ruine qui l'inscrit dans une continuité temporelle. Mais elle n’entretient pas de relation avec le paysage qui ne peut pas l’édifier. La maison se fait donc face, pour mieux se comprendre et s’édifier.

Trois dispositifs coexistent au sein de la maison et permettent une transhumance physique et intellectuelle à l’occupant. Un premier isole l’occupant, face à lui-même. Il prend ainsi du recul, sans communication extérieure. Le second est une cour extérieure, lieu de la décision. Enfin, une cellule à l’étage connectée à Internet est l’endroit où l’occupant peut s'extérioriser.

Le jardin autour de la maison nous renvoie à une certaine forme de biodiversité, à un espace sauvage muré. Contemplé et non pratiqué, il est directement en opposition avec la cour intérieure, espace domestiqué, pratiqué et entretenu.

Cette maison ne cherche pas à se cacher derrière un enduit lisse, à s’étoffer de matériaux inoxydables à l’image du propriétaire et à une condition sociale. Au contraire, revêtue d’un manteau poreux en béton, elle va petit à petit accepter le lichen et entretenir une relation au temps. Elle prône un certain archaïsme pour mieux développer la transhumance intellectuelle et physique de l’occupant.

03(@Raphael Masson).jpg2. Deuxième Prix et Prix André Arfvidson (dotation : 9.000€)
'Biocénose et biotope'
/ Raphaël Masson, architecte diplômé depuis 2010 de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles
'Biocénose et Biotope' est un projet de maison pluri-individuelle implanté dans le Var. L'idée du projet est de repenser la manière d'habiter ensemble et de questionner le caractère unitaire de la famille, qui a évolué avec le temps dans sa composition, dans les relations. 

La base du projet est donc la réalisation d’une entité composée non plus d'une famille mais de plusieurs ou parties, véhiculant ainsi une idée de clan et y faire cohabiter trois familles qui n’en formeraient plus qu’une grande, même sans liens de parenté, tous âges confondus, une sorte de nouvelle forme hybride. Ainsi, il n’y aurait plus qu’une seule construction pour trois familles.

La base de la construction est un parallélépipède à base carrée vide, dans lequel se trouvent cinq volumes anguleux. Son fonctionnement s’apparente à une poupée russe, c'est-à-dire une succession de pièces placées les unes à l’intérieur des autres, modulables à souhait. Le béton a été sélectionné pour l’enveloppe extérieure car il garantit une forte inertie thermique, ce qui offre un grand confort dans cette région chaude. Ce projet est au final un pari car il nécessite de repenser la manière de vivre ensemble.

04(@Ecole-2012)_S.jpg3. Troisième Prix et Prix Paul Arfvidson dit 'Prix spécial du Jury' (dotation 4.000€)
'Garder la maison' / Nicolas Simon
, architecte diplômé depuis 2007 de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville
Ce projet souhaite conserver la spécificité de la maison et la liberté de son occupation. En effet, la maison est le territoire qui concède, à l’individu qui l’occupe, l’exercice de son plus grand pouvoir et la jouissance de sa plus grande liberté. Elle peut être considérée comme l’occasion pour l’individu de configurer un monde.

Plutôt que de se tenir strictement à un programme déterminé, on se concentre sur la diversité des stratégies d’occupation. Il s’agit alors de mettre en évidence le potentiel de l’espace intérieur rendu disponible : l’occupation par l’espace, par l’usage et par l’engagement. Occuper par l’espace, c’est générer des rapports de territorialité. Occuper par l’usage, c’est créer et modifier des situations. Occuper par l’engagement, c’est habiter un lieu et y projeter son identité.

La conception architecturale prend la liberté d’occupation comme principe directeur. Il s’agit alors d’en poser les éléments structurants, de mettre en oeuvre des dispositifs appropriables et de déclencher des formes d’occupation spontanée.

La maison peut être vue comme espace d'expérimentation dans lequel l’habitant cesse d'être un récepteur passif pour devenir un agent. Cette opportunité doit être saisie pour remettre en question l'autorité supposée du concepteur. L’occupation transgressera les intentions d’usages de l’architecture. Dans cette mesure, l’architecture de la maison ne peut que proposer des modes d’occupation, mais faillira tant qu’elle cherchera à les définir. La proposition se concentre alors ici sur l’espace d’expérimentation.

L’espace ainsi défini permet un projet sans autre motivation que la continuité du jeu et de la production. 'Garder la maison', c’est garder intacte la possibilité du jeu autonome dans, avec et par l’espace, sans toutefois présumer que l’individu socialisé s’y décide.

Deux mentions ont été décernées :
1. 'Maison périphérique' / Julie Litnhouvong, étudiante en master 2 à l’Université de Liège (Belgique)
Le site sélectionné pour ce projet se situe dans un contexte de périphérie urbaine à Liège (Belgique), permettant l’accès aisé aux transports, services, équipements et commerces. Il vient s’implanter en traitant l’attache de la résidence avec les mitoyens, afin de créer un lien.

05(@Julie Litnhouvong).jpgLa géométrie du volume est basée sur la résolution des contraintes des abords immédiats et des exigences purement fonctionnelles. 

La résidence se décompose en plateaux qui créent différentes zones permettant d’une part de faire dialoguer les espaces de vie communs - vestibule, salon, cuisine - et d’autre part de répondre aux exigences de souplesse de fonctionnement et d’intimité suivant le type et le nombre d’occupants. Le logement doit répondre aux habitudes de vie et aux besoins des occupants par une géométrie variable.

La réflexion dans le choix des matériaux et des technologies projetés a été menée en termes d’énergie, de transport, de déchets, de nuisances... 

Le bois est ainsi utilisé dans la composition des parois et l’aménagement intérieur. Ressource entièrement renouvelable, il a des qualités esthétiques, techniques, économiques et symboliques. Le bois permet de répondre à la complexité formelle du volume et d’intégrer l’isolation dans l’épaisseur des parois.

2. 'Le ciel dans l’oeuf' / Minh Tâm Ngô Velasco, architecte diplômée depuis 2008 de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville
Ce projet, situé en Seine-et-Marne, a été conçu comme un prototype promouvant une perception alternative de la maison. Le rapport aux espaces, intérieur et extérieur, est rendu immédiat afin qu'habiter reprenne une valeur active.

Partant d'une remise en perspective de l'évolution des formes de l'habitation, ce projet propose une 'maison organique' - l'oeuf - privilégiant les rapports interpersonnels issus de l’idée du campement premier, laissant aux habitants l'initiative d'une médiation renouvelée, voire constante, sur les fonctions intérieures. De plus, le caractère organique impose à chaque habitant un investissement personnel à l'égard de l'environnement collectif proche.

Parallèlement, l'oeuf repose la question du monopole des verticales, des horizontales et des angles droits. Quelles qu'en aient été les nécessités, gestion économique de l'espace ou contraintes structurelles, le projet renoue tant avec les formes curvilignes les plus naturelles qu'avec la permanence du ciel. Comme dans le campement premier, l'extérieur rejoint l'intérieur et les rapports interpersonnels légitimés dans la maison deviennent légitimes à l'extérieur. Le ciel dans l'oeuf devient alors un catalyseur de rapports sociaux sereins, bien au-delà des limites de la maison.

Ce projet constitue ainsi une maison conviviale dans le sens où elle est pleinement destinée à la réappropriation par ses habitants. Plus que la volonté d'une nouvelle forme d'habitation, ce projet souhaite mettre en avant un désir nouveau d'habiter la maison, la société.

06(@Minh Tam Ngo Velasco)_B.jpgLes 14 autres finalistes :

  • > Aymeric Antoine, architecte, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Clermont-Ferrand ;
  • > Hugo Badia Berger, 'Envers et contre tout', étudiant, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Marne la Vallée ;
  • > Adeline Brichard, 'La maison pousse ses murs', architecte, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Val de Seine ;
  • > Thomas Dantec, 'La maison X2', architecte, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Versailles ;
  • > Baptiste Geley, 'Maison à Regarder', architecte, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lille ;
  • > Alice Hallynck, 'Interprétation du Brise-Bise en Macramé : Du rêve d’un modèle au désir de particulier', architecte, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lille ;
  • > Luc Izri, 'Harmonique de l’inflexion', étudiant, Ecole Spéciale d'Architecture ;
  • > François Machado, 'La maison comme occupation d’une oeuvre architecturale', architecte, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris La Villette ;
  • > Emmanuel Manger, 'Sans dessus-dessous', architecte, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Lyon ;
  • > Amélie Pèlegrin, 'Les as de la cambriole', étudiante, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne ;
  • > Noémie Meney, 'L'incubateur', architecte, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Val de Seine ;
  • > Florian Michel, 'Naturellement vôtre', étudiant, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris La Villette ;
  • > Stanimir Paparizov, 'Maison-pont', architecte, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris La Villette ;
  • > Ingrid Petit, 'My house is my castle', étudiante, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Versailles.

Les travaux des lauréats, mentionnés et des 14 autres finalistes sont exposés jusqu'au 6 janvier 2013 à l'académie des beaux-arts (voir à ce sujet notre article 'Le Grand Prix d'Architecture 2012 de l'Académie des beaux-arts s'expose').

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