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Mexique | Frida Escobedo, une renaissance mexicaine (30-01-2013)

Un écho au modernisme mexicain ? Sans aucun doute. L’architecture de Frida Escobedo est un hommage à l’art de David Alfaro Siqueiros, muraliste «révolutionnaire». L’Atelier de l’artiste, 'La Tallera', a été transformé et agrandi par la jeune architecte mexicaine. Felipe Calderón, Président de la République, a visité l'opération, un événement relaté par Silvia Arellano dans le quotidien national Milenio le 20 septembre 2012.

Reconversion | Extension | Restauration | Bâtiments Publics | Culture | Mexique | Frida Escobedo

Contexte
«L’Atelier est une idée que nous avions eu dès 1920, Diego Rivera et moi. Nous souhaitions la création d’un véritable lieu dédié au muralisme afin de mettre à l’épreuve de nouvelles techniques de peintures, de nouveaux matériaux, des aspects géométriques, des perspectives, et cetera», expliquait David Alfaro Siqueiros.
En 1965, le rêve de l’artiste mexicain, mort en1974, devient réalité à Cuernavaca. Le lieu devient le support de créations monumentales et constitue l’une des manifestations les plus spectaculaires du «muralisme», courant artistique issu de la révolution mexicaine. Depuis lors, de nombreuses fresques historicistes voire politiques ont vu le jour avec pour objet le passé et la relecture des grands épisodes de l’histoire mexicaine à la lumière des mouvements sociaux du début du siècle.
Aussi, La Tallera a une place importante dans l’histoire de l’art latino-américain et sa renaissance tient de l’événement.
La restructuration réalisée par Frida Escobedo, jeune architecte mexicaine, comprend la reconversion de l’atelier en salle d’exposition et la transformation de la maison du muraliste en résidences pour artistes. Les extensions réalisées réinterprètent l’architecture moderniste du pays.
Parmi les travaux les plus importants, compte également le déplacement de deux «murales» réalisés par les élèves de David Alfaro Siqueiros afin de créer une porte monumentale ainsi qu’une cour d’entrée face à l’Atelier.
Ce projet a été l’occasion pour Frida Escobedo d’être remarquée. Pour preuve, l’architecte était en lice avec Camilo Restrepo Ochoa - architecte colombien - et Yang Zhao - architecte chinois - (lauréat) pour être la «protégée» de Kazuyo Sejima dans le cadre du prestigieux programme Rolex Mentor and Protégé Arts Initiative.
JPhH

'LA TALLERA', LE PROJET DE SIQUEIROS, ROUVRE
Silvia Arellano | Milenio

CUERNAVACA - Après un investissement de 46 millions de pesos (2,7 millions d’euros, ndlr), le Président Felipe Calderón inaugure la réouverture de 'La Tallera' Proyecto Siqueiros.

Accompagné de José Angel Córdova, secrétaire d’Etat à l’Education Publique et de Consuelo Saizar, directeur de Conaculta, Felipe Calderón a affirmé que, ces six dernières années, le gouvernement fédéral a appuyé et défendu la culture, les a «soutenu sans réserves» et a promis l’accès à l’art et à la connaissance pour une majorité de Mexicains.

02(@RafaelGamo)_B.jpg«Nous laissons un patrimoine culturel enrichi par la réalisation de grands projets, notamment par la création de la Phonothèque nationale, de la cité des livres, du centre de l’image et par la restructuration de sites emblématiques», a-t-il dit.

Selon lui, La Tallera est un espace idéal pour se consacrer à l’art et à la créativité. «Ici, l’artiste a dessiné et c’est important que les Mexicains le sachent ; il a peint et créé le Polyforum».

Le lieu avait été abandonné et a été vandalisé. Les «murales» ont été restaurés comme le studio et la maison de l’artiste. Un centre de documentation et une bibliothèque ont été construits pour conserver toutes les informations concernant David Alfaro Siqueiros. Une cafétéria et une librairie ont été ouvertes.

Felipe Calderón a également indiqué que La Tallera ne préserve pas seulement la mémoire de David Alfaro Siqueiros ; il s’agira d’un espace d’exposition promis à des oeuvres d’artistes contemporains, à commencer par le maître lui-même, Siqueiros, avec une excellente exposition ouverte au public.

03(@RafaelGamo)_S.jpg«La Tallera confirmera la vocation touristique et artistique de Cuernavaca, un lieu privilégié pour son climat mais aussi pour son art», a-t-il ajouté.

Le chef de l’exécutif a félicité les anciens secrétaires d’Etat à l’Education, Josefina Vázquez Mota et Alonso Lujambio pour leur soutien à la restauration de ce projet.

D’autre part, le gouverneur de Morelos, Marco Antonio Adame qui, dans dix jours, achèvera son mandat, a précisé que les projets de restauration et le sauvetage d’espaces publics et culturels «sont un sceau indélébile».

La Tallera sera comme un centre pionnier en étant à la fois musée, atelier, lieu de résidences artistiques, site de conservation. De même, l’Atelier sera un lieu de rencontre pour la production et la critique d’art.

La Tallera est un espace pertinent au sein du patrimoine national en plus de constituer une destination touristique et culturelle notable en étant l’unique centre spécialisé en art moderne et contemporain dans l’Etat de Morelos.

En 2009, l’Institut National des Beaux Arts et de Littérature a commencé la rénovation de La Tallera en lançant un concours public d’architecture. La proposition innovante de l’architecte Frida Escobedo a été sélectionnée pour avoir souligné le caractère public, monumental et politique du muralisme mexicain. Sa proposition d’un modèle d’institution donnant priorité au système d’atelier a été jugée idéale pour la production artistique.

Frida Escobedo a récupéré dans l’espace d’exposition et dans les caves le système de poulies qu’utilisait David Alfaro Siqueiros, maintenant ainsi intact le caractère industriel créé par le muraliste. Par ailleurs, l’architecte a fait usage de matériaux bruts, propres à l’Etat de Morelos.

En accord avec l’architecture mexicaine moderne des années cinquante, Frida Escobedo a imaginé une jalousie enveloppant comme un corps le squelette de l’édifice, permettant ainsi l’entrée harmonieuse de la lumière et de l’air.

04(@RafaelGamo)_S.jpgDiverses restaurations ont été réalisées sur des murs extérieurs peints par David Alfaro Siqueiros en 1965, incluant un nettoyage mécanique général, la consolidation de l’estrade, la réintégration de la surface picturale et l’application d’une couche protectrice compatible avec les matériaux utilisés par l'artiste. En plus de favoriser la conservation des fresques, cette couche permet de retrouver la valeur esthétique de ces oeuvres.

La salle poly-angulaire, réalisée en 1972, a également été restaurée. Les espaces instables à cause de l’humidité ont été renforcés.

Une fois les panneaux remontés, chaque section a retrouvé la place et la perspective proposée par le muraliste.

La Tallera rouvrira ses portes avec des expositions qui re-contextualisent la figure du muraliste afin de donner plus de substance à de nouvelles interprétations de la vie et de l’oeuvre de David Alfaro Siqueiros.

L’espace d’exposition débute avec une projection intitulée '¿Quién era Siqueiros (1896-1932)?' (Qui était Siqueiros (1896-1932) ? ndlr), conçue par Irene Herner, spécialiste de David Alfaro Siquieiros.

Plus tard, le centre de documentation, situé au deuxième niveau de l’édifice, offrira au visiteur la possibilité d’interagir par l’intermédiaire d’un écran tactile qui le conduira vers d’autres thématiques : la musique, le voyage, l’histoire politique.

05(@RafaelGamo)_B.jpgL’exposition principale s’intitule quant à elle 'La Tallera : Fábrica en movimiento' [...] il s’agit d’une analyse critique du processus de production de la fresque 'La marcha de la humanidad en la Tierra y hacia el Cosmos' (La marche de l’humanité de la Terre au Cosmos, ndlr), réalisée à La Tallera.

La muséographie de l’exposition a été réalisée par Marco Barrera et l’architecte Isaac Broid, lesquels ont pris pour principe l’idée de «poly-angularité» et ont développé une structure de bois dans laquelle le public pourra apprécier l’exposition depuis de multiples perspectives.

La Tallera permettra ainsi à l’Etat de Morelos de se positionner dans les circuits internationaux de l’art en plus de faire partie d’un plus vaste système de recherches et d’investissements culturels.

Silvia Arellano | Milenio | Mexique
20-09-2012
Adapté par : Jean-Philippe Hugron

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