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Visite | Ecole maternelle à La Ciotat : le bon sens de Pirollet architectes (06-02-2013)

Livrée début 2013 par l’agence Pirollet architectes, la nouvelle école maternelle du quartier des Séveriers à La Ciotat (13) est un bel exemple d’architecture orientée. C’est-à-dire non seulement soucieuse d’un cap et d’un contexte mais également de ses usagers. Enfants et enseignants y bénéficient, outre d’une cour de récréation commune, de patios dédiés selon les différentes sections.

Education | Bouches-du-Rhône | Pirollet architectes

«Nous sommes dans une architecture du sud». Sylvain Pirollet, associé de l’agence Pirollet architectes avec son oncle Philippe Pirollet, annonce d’emblée la couleur lors de la visite en compagnie du Courrier de l’Architecte, fin janvier 2013, de la nouvelle école maternelle du quartier Séveriers.

Le jeune architecte se défend de tout régionalisme. «Le sud, c’est une orientation - c'est-à-dire des bâtiments orientés est-ouest - et c’est la pinède».

Aux Séveriers en tout cas, «il n’y avait ici rien d’autre que des pins». Issu d’un appel d’offres organisé en 2009 par la Ville de La Ciotat dans le but d’offrir une extension à l’école élémentaire et maternelle du quartier, le projet de Pirollet architectes étend ses 1.200 mètres carrés SHON sur un seul niveau. «Nous avions un vaste terrain à disposition, alors hors de question de faire un monobloc».

Certes, il a fallu, «à contre-coeur», couper quelques arbres, mais les architectes tenaient «à faire rentrer le bâtiment dans la nature».

Composée d’une galerie vitrée distribuant trois modules dédiés aux petite, moyenne et grande sections, l’école se glisse ainsi en peigne, «en touches de piano», selon le mélomane Sylvain Pirollet, entre les arbres. Intégration douce au contexte.

Le parti pris est invisible depuis la rue, où un mur en pierre longe le bâtiment en suivant la courbe de la parcelle. «Un hommage aux murets en pierre du quartier», selon l’architecte. Derrière l’«énigmatique clôture ciotadenne» se déploie une architecture de béton ponctuée de menuiseries noires. Evocation en mode contemporain.

02(@Jean-BaptisteReol).jpgAu droit de ce mur, l’agence Pirollet a transformé le trottoir en parvis en l’élargissant et en préférant des bancs de béton aux canoniques barrières en fer. Confort urbain... Trêve d’énumérations, Pirollet architectes n’a pas laissé grand'chose au hasard.

Le mur préservant les enfants des regards est ponctué d’étroites ouvertures laissant entrevoir trois patios. Si, pour l’instant, la végétation plantée au pied des pierres en est à sa mise en terre, «il faut imaginer que, bientôt, elle aura recouvert ces trois portes».

Pour accéder à l’école, la cour d’accès compose une première séquence offerte aux parents accompagnant leurs enfants. A l’intérieur, la salle de motricité, ouverte sur le hall, forme un vaste espace d’entrée.

Direction le sud, où s’étend la galerie de circulation. Parée de baies vitrées à l’ouest, elle est prolongée par la cour de récréation collective. Ici, les architectes ont choisi de prolonger les toits de chacune des 'touches de piano' pour créer des auvents préservant cette «colonne vertébrale» du soleil.

«Nous sommes en Méditerranée», répète Sylvain Pirollet.

03(@Jean-BaptisteReol)_S.jpgDistribuant, à l’est, les trois salles de classe, l’espace de circulation en pente douce se poursuit à l’extérieur pour desservir le restaurant. Bref, une distribution des plus efficaces, ainsi que le confirme une enseignante.

Habituée des programmes de logements sociaux, l’agence Pirollet s’est «fait plaisir» avec ce programme «moins standardisé». De fait, la générosité se donne à voir dans les trois patios accessibles depuis chaque salle de classe. «Ils sont dédiés aux activités propres à chaque section», précise Sylvain Pirollet.

Certes, ici et là, des détails pourraient contrarier les puristes - tels certains raccords entre les dalles des faux plafonds - mais l’essentiel est ailleurs, dans le soin apporté au confort des usagers... jusque dans la vue offerte aux habitants des Séveriers depuis les hauteurs du quartier.

04(@Jean-BaptisteReol)_B.jpg«L’enjeu n’était pas de s’imposer mais de s’intégrer», insiste Sylvain Pirollet. Avec ses toitures végétalisées, «des vraies toitures-jardin avec soixante-dix centimètres de terre plantés de lavande, de thym et de romarin», le projet répond à l’enjeu sans langue de bois aucune. 

C’est d’ailleurs cet aspect du projet qui a convaincu les élus, a priori plus fervents de toits en tuile. Sans compter que le parti pris préserve l’inertie thermique.

Vue depuis là-haut, l’école maternelle des Séveriers paraît bien plus vaste que ses quelques 1.200 mètres carrés. 

«Notre développé de façade est impensable du point de vue de l’expert HQE mais nous étions farouchement opposés à la boîte frigo. D’ailleurs, notre projet est finalement bien plus respectueux en matière de développement durable que bien des projets compacts», soutient Sylvain Pirollet.

Aux Séveriers, une école maternelle pétrie de bon sens.

Emmanuelle Borne

05(@Jean-BaptisteReol)_S.jpgFiche technique

Lieu : La Ciotat (13), France
Maître d’ouvrage : Ville de La Ciotat
Architectes : Pirollet architectes 
BET : Auxitec Ingénierie
SHON : 1.200m²
Appel d’offres : 2009
Livraison : 2013
Budget : 2.355.000 euros HT

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